Après le refus de l'Inpi, les couteliers de Laguiole ne vont " rien lâcher "

  • Honoré Durand est président du syndicat des couteliers de Laguiole.
    Honoré Durand est président du syndicat des couteliers de Laguiole. Centre Presse -
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Après la décision de l'Inpi (Institut national de la propriété industrielle), le syndicat des couteliers et son président vont se tourner vers la justice.

En tant que président du syndicat des couteliers de Laguiole, c’est lui qui a reçu la décision du refus de l'Inpi (Institut national de la propriété industrielle) d'accorder au couteau du Nord-Aveyron une Indication géographique. Honoré Durand, également coutelier dans la commune du Nord-Aveyron, accuse le coup. Mais il reste déterminé à faire reconnaître la lame à l’abeille.

Quelle est votre réaction à la décision de l’Inpi de refuser l’Indication géographique au couteau de Laguiole ?

C’est une grosse déception, mais ce n’est pas une surprise. On s’y attendait un petit peu parce que l’Inpi joue contre nous depuis le début.

Comment analysez-vous cette décision ?

Je pense que l’Inpi n’a pas compris notre demande. Cette décision va à l’encontre de l’esprit de la loi. Le but des indications géographiques est de donner de la clarté au consommateur et de répondre à un objectif de transparence sur l’origine de la fabrication du produit. Là, je pense que l’Inpi va à l’inverse de l’information pour le consommateur.

Quels sont les arguments avancés ?

Il y en a deux. L’Inpi estime que notre zone n’est pas la bonne, et qu’elle doit être étendue à Thiers. Cela me laisse sans voix. La deuxième raison, c’est qu’ils trouvent que nous ne sommes pas représentatifs de la coutellerie sur la zone que nous avions définie, ce qui est assez incroyable. Le syndicat, au travers des entreprises adhérentes, représente 220 salariés sur 250, ce qui fait environ 95 % de la masse salariale et 95 % du chiffre d’affaires. Estimer que ce n’est pas représentatif, ça interroge. D’autant plus que dans d’autres dossiers d’IG, ils n’ont pas du tout attaché d’importance à ça. Car on ne peut pas obliger des gens à adhérer à une démarche d’indication géographique s’ils ne le souhaitent pas. On a prouvé à l’Inpi qu’on avait sollicité nos collègues à de multiples reprises, mais on ne va pas les obliger à venir.

Qu’envisagez-vous pour la suite ?

On a des recours possibles. L’Inpi vaut première instance d’un tribunal. Du coup, on va aller voir la deuxième instance, qui est la cour d’appel spécialisée d’Aix-en-Provence. On ne va rien lâcher. On s’est entendu autour d’un projet commun, avec un cahier des charges très contraignant pour nous. Mais très clair pour le consommateur. 

Il va y avoir une décision sur l’autre demande, portée par Thiers, qui englobe le territoire de Laguiole. Qu’en attendez-vous ?

Je ne peux pas me prononcer à la place de l’Inpi, mais si elle venait à passer, cela voudrait dire qu’on fabrique nos couteaux à Laguiole ici, manufacturés, dans un coin reculé, avec pas mal de contraintes liées au territoire ou à Thiers, une zone industrielle a la même valeur pour le client. Alors pourquoi continuer à s’embêter pour fabriquer des couteaux ici ?

A lire aussi : Aveyron : les couteliers de Laguiole voient leur demande d’indication géographique rejetée

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