Covid-19 : "Il faut prévoir a minima un rappel de vaccin pour les plus fragiles", avance Alain Fischer

  • Le professeur Alain Fischer est le "Monsieur vaccin" du gouvernement.
    Le professeur Alain Fischer est le "Monsieur vaccin" du gouvernement. Repro Centre Presse -
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Le regard du président du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale en France. Interview.

Quel bilan faites-vous de la vaccination en France ?

Le constat, c’est que la très grande majorité des adultes français ont reçu une primo-vaccination. Un peu plus de 145 millions de doses de vaccins ont été injectées en France depuis le début de la pandémie : c’est un chiffre qui parle.
La campagne dite de la “quatrième dose” pour les plus de 60 ans est-elle globalement bien suivie en France ?
Ça marche pas mal en Ehpad., mais il est certain que l’on aimerait qu’elle soit mieux suivie… Il est clair que la couverture vaccinale de ce second rappel n’est pas au même niveau que celle du premier rappel. Il faut cependant tenir compte d’un paramètre supplémentaire qui complique l’analyse : dans la période récente, beaucoup de personnes ont été contaminées par le virus. Celles-ci n’ont pas besoin, pour l’heure, de passer par un autre rappel vaccinal supplémentaire.

Qui sont aujourd’hui les personnes qui ne sont pas vaccinées ?

Près de 11 % des personnes âgées de plus de 80 ans ne sont pas vaccinées. Pour certaines, ce sont des personnes isolées, que l’on a du mal à contacter. Il y a des personnes qui sont en situation sociale défavorisée, en situation précaire. Il reste finalement un noyau dur d’opposants à la vaccination, pas si nombreux.

En vue d’une possible reprise épidémique à l’automne, faudra-t-il prendre les devants ?

Dans un avis que le Conseil d’orientation stratégique de la vaccination a rendu il y a un mois, nous évoquions plusieurs scénarios : une reprise épidémiologique à l’automne est en effet l’un des scénarios envisagés. Il paraîtrait en effet raisonnable de proposer un rappel vaccinal aux personnes fragiles au sens large - les plus de 60 ans ou immunodéprimées - d’ici quelques mois, de façon concomitante avec une vaccination contre la grippe. Il faut anticiper et prévoir, a minima, un rappel pour les plus fragiles.

Peut-on s’attendre à l’ouverture d’une seconde dose de rappel vaccinal à tous les adultes qui le souhaiteraient ?

Ça se discute, parce que le besoin d’une dose de rappel supplémentaire pour les adultes en bonne santé est moins évident. Il est clair qu’il faudra recommander ce rappel supplémentaire uniquement aux personnes fragiles : c’est en tout cas l’hypothèse la plus plausible. Si une nouvelle vague épidémique frappe le pays, selon la sévérité du virus, on pourrait alors être amenés à organiser une campagne vaccinale plus large, et l’ouvrir au reste de la population à l’automne, qui plus est avec des vaccins qui auront très probablement évolué. On aura sans doute la possibilité d’utiliser des vaccins protéiques. Le laboratoire Pfizer est également en train de développer un vaccin, qui utilise la technologie à ARN messager et qui serait efficace contre plusieurs variants. C’est une affaire de quelques semaines avant que celui-ci ne puisse être utilisé.

Propos recueillis par Robin Serradeil
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