Handicap : l'accueil pour tous en voie de démocratisation dans l'Aveyron

  • « La possibilité de faire scolariser ou accueillir les enfants handicapés est rentrée dans les mœurs, les familles ont compris que c’était leur droit », se réjouit le responsable du Pôle ressources.
    « La possibilité de faire scolariser ou accueillir les enfants handicapés est rentrée dans les mœurs, les familles ont compris que c’était leur droit », se réjouit le responsable du Pôle ressources. Repro CPA
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« Être inclusif : de quoi parle-t-on ? Où en sommes-nous ? ». Autour de ces questions et à l’occasion des 10 ans d’existence du Plan action handicap dans l’Aveyron, près de 200 personnes concernées par l’accueil d’enfants handicapés étaient réunies récemment à Luc-la-Primaube.

Tout le monde est là pour œuvrer dans le même sens », se félicitait en préambule de la rencontre Lionel Charbonnier, responsable du Pôle ressources accueil inclusif. Depuis 10 ans aujourd’hui, sous l’égide de la Caisse d’allocations familiale, un Plan Action Handicap est en place dans l’Aveyron. Sa vocation est de favoriser l’accueil et la participation des enfants ayant des besoins spécifiques (avec reconnaissance d’un handicap ou non) dans les structures d’accueil du jeune enfant (crèche, multi-accueil, halte-garderie, RAM), chez les assistantes maternelles, les accueils de loisirs extra et périscolaires et les accueils de jeunes.
Récemment, à Luc-la-Primaube, politiques, collectivités, gestionnaires de structure, écoles, associations, secteur médico-social, associations de parents et, bien entendu, familles concernées, soit près de 200 personnes, étaient réunies à la salle Saint-Exupéry de Luc-la-Primaube pour une journée d’échanges, entre conférences et tables rondes.
Localement, c’est l’association Familles rurales qui a la charge d’animer le dispositif qui, d’un budget de 74 000 € à son lancement en 2012, est passé à 175 000 € cette année. Mais, en matière d’accueil pour tous, le budget est loin d’être la seule chose qui a évolué ces dix dernières années. « Désormais, les familles d’enfants handicapés se sentent légitimes dans les demandes d’accueil de leur enfant, ce qui n’a pas toujours été le cas, dans l’Aveyron comme ailleurs. Les familles vont vers les crèches, les centres de loisirs, écoles… Il y a une dizaine d’années, elles se sentaient bloquées par rapport au regard porté sur le handicap », résume Lionel Charbonnier.

Difficulté du parcours

« En 2012, l’accueil se faisait au cas par cas, rien n’était formalisé et les familles se heurtaient à beaucoup de refus. Beaucoup n’osaient pas franchir le pas et trouver un accueil, de la crèche jusqu’au lycée, pour leur enfant en situation de handicap. De leur côté, les professionnels de l’accueil étaient démunis, sans accompagnement et non légitimes », poursuit le responsable.
Depuis, les milieux d’accueil spécialisés et ordinaires se sont rapprochés. Et il y a une bien meilleure compréhension de la difficulté du parcours des familles. « Cette possibilité de faire scolariser ou accueillir les enfants est rentrée dans les mœurs, les familles ont compris que c’était leur droit, et les différentes structures se montrent davantage volontaires pour accueillir », se réjouit Lionel Charbonnier.

Lourdeurs administratives

Des efforts restent cependant à accomplir, selon le responsable du pôle ressource, qui appelle de ses vœux une « meilleure considération de la part de l’ensemble des collectivités » vis-à-vis du dispositif et des familles. « Il serait souhaitable qu’elles acceptent de mieux accompagner les structures d’accueil, notamment le midi, mais aussi que les différents services coopèrent davantage ».
Autre écueil d’importance, systématiquement mis en avant par les familles : les lourdeurs administratives, avec des dossiers terriblement fastidieux à remplir, chaque année, pour permettre l’accueil de leur enfant et ce quelle que soit la structure. Une marge de progression semble attendue sur ce point. Aujourd’hui encore et malgré les progrès enregistrés ces dernières années, près de 80 % des mères d’un enfant handicapé sont contraintes d’arrêter de travailler, alors qu’une personne sur sept, en France, est en situation de handicap.
 

Xavier Buisson
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