Onet-le-Château : l'école de la deuxième chance pousse les jeunes "à devenir acteurs de leurs choix"

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  • L’école peut accueillir une soixantaine d’élèves.
    L’école peut accueillir une soixantaine d’élèves. José A. Torres
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Ouverte il y a cinq ans, l’école de la deuxième chance, installée à Onet-le-Château, enregistre près de 80 % de "sorties positives". Une réussite pour la structure dirigée par Sylvie Puel.

Voilà cinq ans que l’École de la deuxième chance a ouvert en Aveyron, sur la commune d’Onet-le-Château. Depuis son ouverture, la structure a trouvé sa place dans l’offre d’insertion proposée sur le territoire. Rencontre avec Sylvie Puel, responsable de la structure, antenne de l’école de Toulouse.

Comment avez-vous été amenée à travailler à l’école de la deuxième chance ?

J’ai été travailleur social une grande partie de ma carrière : conseillère en économie sociale, employée dans la protection de l’enfance puis au sein d’une Maison d’enfants à caractère social (MECS). J’y ai d’ailleurs créé un service interne avec un accompagnement en journée pour les jeunes qui ne pouvaient pas intégrer de dispositifs de droit commun afin de maintenir et développer leur niveau ; cela ressemblait déjà à ce que l’on propose au sein de l’École de la deuxième chance.

Quelles sont ses missions précises ?

Il s’agit d’un dispositif national voire international initié par la commission européenne et, à l’époque, par Edith Cresson, tiré du livre blanc paru en 1995 intitulé "Enseigner et apprendre, vers la société cognitive". Ce document pointait du doigt le fait que notre société laisse une partie de la jeunesse sur le bord de la route. Le projet était de créer un dispositif qui leur permette de trouver leur place. La première école a vu le jour à Marseille en 1997, celle de Toulouse, la cinquième en France, a ouvert en 2004 et j’ai été recrutée en 2017 pour installer et mettre en œuvre l’antenne aveyronnaise à d’Onet-le-Château.

À quel type de public s’adresse-t-elle ?

À des personnes âgées de 16 à 30 ans, sans diplôme et sans qualification, et éloigné de la possibilité d’intégrer un emploi ou une formation qualifiante. Nous avons ceux que l’on appelle les décrocheurs, mais aussi des gens qui manquent de notions, savoirs théoriques ou savoir-être, pour pouvoir intégrer le monde de l’entreprise. Les écoles de la deuxième chance œuvrent dans le champ de l’insertion en proposant un accompagnement individuel global pour la construction d’un projet professionnel. L’objectif final est de se former, se qualifier et trouver un métier pérenne. Nous visons l’insertion durable.

Comment intègre-t-on cette école ?

Nos prescripteurs sont nombreux : la Mission locale, Pôle emploi, mais aussi les assistantes sociales, les éducateurs ou même les établissements scolaires. Mais il n’y a pas d’obligation d’être adressé par ces structures pour entrer à l’École de la deuxième chance. Nous avons voulu un dispositif ouvert et accessible, c’est pourquoi les candidatures spontanées sont également possibles. Nous avons la capacité d’accueillir 60 personnes, mais nous sommes souvent entre 40 et 50. Ici, il n’y a pas de rentrée scolaire. En moyenne, le parcours dure neuf mois et les entrées et sorties se font en permanence, tout au long de l’année. Nos élèves ont le statut de stagiaire de l’insertion professionnelle et, à ce titre, bénéficient d’une rémunération.

Concrètement, quel parcours suivent les élèves ?

Les jeunes qui arrivent chez nous ont souvent besoin de se poser pour réfléchir à ce qu’ils veulent faire. Nous les poussons à devenir acteurs de leurs choix et donc de leur avenir. Il y a une remise à niveau sur les savoirs fondamentaux, notamment en français et en mathématiques, mais également du multimédia, incontournable aujourd’hui, de la communication professionnelle, de la méthodologie, des techniques de recherche d’emploi, des visites d’entreprises, des enquêtes métiers, etc. Nos élèves passent 40 % de leur temps en entreprise pour voir la réalité des métiers, s’assurer que celui qu’ils ont choisi leur correspond et voir ce qu’il leur faut mettre en œuvre pour y accéder.

Comment se compose l’équipe pédagogique ?

Nous avons quatre formateurs qui sont également coachs. En effet, chaque jeune a un référent qui le suit et est garant de la construction de son projet professionnel. Un important travail est mené sur l’image de soi et la confiance en soi. Les jeunes font également du sport, de la sophrologie…

Comment fonctionnez-vous ?

Nos principaux financeurs sont l’Europe via le Fonds social européen (FSE), l’État et la Région. Le budget est complété par une subvention du Département et les locaux sont mis à notre disposition par Rodez Agglomération. Nous sommes éligibles à la taxe d’apprentissage ce qui nous permet de monter des projets.

Après cinq ans d’existence, quel bilan tirez-vous ?

En 2021, nous avons enregistré 78 % de sorties positives c’est-à-dire une entrée en formation diplômante ou un emploi de plus de six mois. Nous avons mené une enquête auprès de nos premiers élèves : 80 % de ceux de 2018 occupent un emploi en 2021, 91 % de ceux de 2019. Nous les avons rendus autonomes et capables d’utiliser leur apprentissage tout au long de la vie. Notre objectif de sécuriser la suite de leur parcours, de les insérer durablement est atteint. Par ailleurs, 94 % des élèves passés par l’École de la deuxième chance d’Onet se disent satisfaits du parcours suivi et de l’accompagnement reçu.

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Propos recueillis par Anaïs Arnal
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