Sud-Aveyron : à la découverte de Sorgues

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  • La résurgence de la Sorgues a fait l’objet du culte de l’eau à la période gallo-romaine.
    La résurgence de la Sorgues a fait l’objet du culte de l’eau à la période gallo-romaine. JMC
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L’historien Jean Poujol met en lumière Sorgues, le nom de la résurgence de la rivière, du château et du petit village.

Dans ses recherches sur les étapes de l’occupation humaine de la vallée de la Sorgues, Jean Poujol, historien et archéologue, a déjà publié plusieurs monographies de villages : Saint-Caprazy, Versols-et-Lapeyre, Saint-Affrique, Vendeloves et Savignac. Dans la collection Carnet d’histoire et d’archéologie de la Société archéologique du Rougier et des avant-causses (Sarac), il vient d’éditer "Sorgues en Aveyron (résurgence, château, hameau)" (47 pages, 12 €). Jean Poujol dédie cette monographie à la mémoire d’Aimé Poughon décédé il y a peu : "C’est un ancien cadre de l’école EDF qui a fait partie des fondateurs de la Sarac. Il était passionné par tout ce qui est archéologie et histoire. Il est venu fouiller sur mes chantiers."

Dans son nouvel opus, Jean Poujol met Sorgues à l’honneur : "Sorgues a une particularité. C’est le nom de la résurgence de la rivière qui naît au pied du plateau du Guillaumard. C’est le nom du château, et donc de la seigneurie du lieu. Et c’est également le nom du petit village qui s’étale entre la résurgence et le château." Le site a été occupé primitivement entre 3 000 ans et 2 500 ans avant Jésus-Christ.

Les deux grottes aériennes, qui surplombent la résurgence, ont livré la sépulture d’une vingtaine d’individus qui y ont été enterrés à ces époques. "La résurgence par elle-même a fait l’objet du culte de l’eau à la période gallo-romaine, du Ier siècle avant Jésus-Christ au IIIe siècle après, explique l’historien. On y a recueilli plus d’un millier de monnaies, des offrandes faites à la déesse de l’eau. Cela prouve qu’il y avait déjà du monde à cette époque-là sur le secteur. Le même culte a été observé à la source de Fondamente, actuellement canalisée en fontaine, et à celle de Saint-Rome-de-Berlières." Quant au château et au village de Sorgues, ils sont attestés au XIe siècle après Jésus-Christ. On y trouve une famille de Sorgues en 1182. Au XIIIe siècle, la maison de Saint-Maurice-de-Sorgues rachète la seigneurie et en fait une baronnie. "Car le vieux chemin qui reliait l’évêché de Vabres à celui de Lodève longeait la vallée de la Sorgues et passait à Sorgues même, où on payait le péage, indique l’archéologue. Puis, on montait à Canals pour rejoindre aux Infruts, sur le Larzac, le grand chemin de Millau à Lodève." La baronnie de Sorgues passe ensuite à la Maison du Pont de Camarès. On est au XIVe siècle. Puis, plusieurs familles achètent le château au fil des siècles. Aujourd’hui, il est à vendre.

Sorgues et Canals sont intimement liés dans la seigneurie de Sorgues. Le premier village percevait les dîmes et le champard, autrement dit, des taxes sur les terres et les récoltes. La résurgence a fait fonctionner le moulin du seigneur de Sorgues et les paysans étaient obligés de venir y faire moudre leurs graines.

Au XIXe siècle, la résurgence de la Sorgues a été rachetée par un industriel qui voulait faire de l’électricité. "Il a dénaturé le site, a fait faillite et a laissé le tout en l’état, précise Jean Poujol. Avant d’arriver au château, se trouve en contrebas de la route une pisciculture en activité."

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