Elections législatives en Aveyron : le vent de fronde n’a pas vraiment renversé la table

  • Le souffle nouveau perceptible au premier tour n’a pas dévoilé de grandes surprises ce dimanche.
    Le souffle nouveau perceptible au premier tour n’a pas dévoilé de grandes surprises ce dimanche. José A.Torres
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L’Aveyron garde deux députés pour la majorité présidentielle. L’union de la gauche reprend en main la deuxième circonscription. Presque sans surprise.
 

Dans cette France qui s’annonce, ce dimanche soir, difficile à gouverner, l’Aveyron a apporté son tribut en consacrant la partition dominante au niveau national : choisir entre Macron et Mélenchon, entre deux conceptions opposées du projet économique et social à proposer aux Français.

La personnalité des candidats a finalement été moins déterminante que la vision de la société qu’ils promettent par leur engagement : Laurent Alexandre (2e circonscription, Nupes) et Jean-François Rousset (3e circonscription, Ensemble !) ne sont pas des ténors en politique, ils portent juste en eux la dualité du moment sur fond d’avenir du pays tout entier.

La carte locale aux mains du seul sortant

Seul sortant des trois circonscriptions, Stéphane Mazars (Ensemble !) garde assez confortablement (à 63,83 %) son siège sur Rodez et le Nord Aveyron, dont on remarque, à chaque appel aux urnes, une réelle stabilité dans l’expression. La prime au sortant, assortie sans nul doute d’un travail de député remarqué et peut-être aussi d’un adversaire qui réalisait là son galop d’essai, (sans vraiment démériter au final), ne pouvait constituer une surprise, tant l’avance était affirmée pour Stéphane Mazars au premier tour.

Cela étant, à considérer cette élection dans son entier, on ne devrait retenir que la "raclée" subie par la droite traditionnelle et les trois candidats des Républicains, non qualifiés pour le second tour. Le 19 juin avait lézardé un socle traditionnel bien ancré en Aveyron, département bercé par des années de dualité entre la gauche socialiste et la droite gaulliste.

Légitimisme aveyronnais

La nouvelle donne, pimentée par la tentation de la radicalité, celle qui pointe en Aveyron un peu plus à chaque scrutin, n’a fait que confirmer le légitimisme dominant des Aveyronnais, volontiers macronistes au fil des élections depuis cinq ans, campés dans leurs convictions face au vent de fronde perceptible au niveau national. Une fronde orchestrée entre une union de la gauche exaltée à faire tomber Macron et sa politique, et une montée du Rassemblement national qui n’aura jamais eu autant de sièges sur les bancs de l’opposition à l’Assemblée.

La gauche encore à l’ouest

Bien sûr, Laurent Alexandre, maire La France Insoumise d’Aubin, remet la deuxième circonscription dans les mains de la gauche, celle qui a souvent été votée (PRG, PS) au cours des 70 dernières années.

A y regarder de près pourtant, la victoire incontestable de Laurent Alexandre n’est pas aussi franche qu’espérée par son électorat : 600 voix le séparent de Samuel Deguara (Ensemble !). Moins à l’étroit est Jean-François Rousset (Ensemble !) sur la troisième circonscription qui tient son concurrent de la Nupes (Michel Rhin) en respect de 2 600 suffrages.

Des suffrages que l’on cherchera, comme à chaque second tour dans le sacro-saint report des voix.

L’électorat de droite en arbitre ?

S’il est convenu que les formations de gauche (Lutte ouvrière, quelques divers gauche, PRG et écologistes) se sont rangées derrière la Nupes, les formations de droite n’en ont pas forcément fait de même avec les candidats Ensemble !, leur credo restant partagé entre le refus de cautionner la politique du président et la volonté de faire obstacle à l’émergence d’un gouvernement aux mains de Jean-Luc Mélenchon.

Restait pour eux l’abstention, que les Aveyronnais affectionnent peu.

Une participation qui se perd un peu au second tour

Le contexte 2022 aura eu raison de la mobilisation des indécis, s’il y en avait encore : 53,21 % de participation ce dimanche soir, à mettre en face des 55,32 % du premier tour.

Ceux qui ne sont pas allés voter n’ont pas voulu choisir entre la carpe et le lapin, plus encore qu’ils ont été freinés par le vent violent qui soufflait ce dimanche et rendait les portes des bureaux de vote plus dures encore à ouvrir.

Un vent qui n’aura pas vraiment renversé la table mais plutôt donné un nouveau souffle, bien dans l’air du temps, à l’expression des Aveyronnais.

Christophe Cathala
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