Covid-19 : pourquoi Omicron ne nous protège plus d'Omicron

  • Une infection à Omicron n'offre que peu d'immunité à une autre infection à Omicron.
    Une infection à Omicron n'offre que peu d'immunité à une autre infection à Omicron. Archives CP - Repro
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Les sous-variants d'Omicron BA.4 et surtout BA.5 sont responsables d'une 7e vague en France. Une étude britannique révèle une nouvelle raison à ce fait. Le comment du pourquoi.
 

Un taux d'incidence qui grimpe semble-t-il irrémédiablement vers les 1 000 cas pour 100 000 habitants en Europe et en France (dépassés même à Paris, dans les Hauts-de-Seine et en Martinique, selon Covidtracker), et voilà que naît sur tout le continent une septième vague au seuil de cet été 2022.

Pourtant, près de 81 % de la population française a reçu au moins une dose de vaccin, et la campagne de vaccination pour une 2e dose de rappel fait que ces vaccinations amorcent une hausse depuis une semaine. Ces vaccinations, plus les guérisons "immunisatrices" après infection, devraient nous conférer une immunité collective contre le coronavirus.

Il n'en est rien. La faute aux sous-variants d'Omicron, BA.5 notamment, dont la progression dans les cas de contamination a grimpé de 41 %, la semaine du 13 au 19 juin, relève Sciences et Avenir.

Qu'a ce sous-variant (ainsi que BA.4, à un degré moindre) que les autres variants du coronavirus n'ont pas ?

Des "agents furtifs passant sous les radars"

D'abord, un important "échappement immunitaire", c'est-à-dire une fâcheuse tendance à pouvoir contourner les protections immunitaires induites par les vaccins et/ou les précédentes infections. Selon Samuel Alizon, directeur de recherche au CNRS, "les personnes qui ont contracté une infection par Omicron BA.1 en décembre sont moins bien protégées qu'elles ne l'étaient en début d'année". Quant à la vaccination, dont on sait que l'efficacité diminue au bout de quelques mois, même problème : "Même si elle demeure très robuste contre les formes sévères, elle diminue un peu contre les infections moins sévères".

Depuis BA.1, les sous-variants d'Omicron bénéficient en outre d'une forte contagiosité qui, associée à cet échappement immunitaire, deviennent comme "des agents furtifs passant en dessous des radars des défenses immunitaires; c'est une vraie complexité de la bande d'Omicron", disait ainsi Gilles Pialoux, chef de service à l'hôpital Tenon de Paris. Autrement dit, les derniers sous-variants d'Omicron ont une forte capacité à réinfecter des personnes pourtant vaccinées ou déjà infectées.

Omicron ne protège pas d'Omicron

Mais ces capacités de contagiosité ou d'échappement immunitaire n'expliquent pas complètement les raisons d'une septième vague en Europe. Selon une étude britannique qui portait sur des personnels de santé triplement infectés et contaminés par l'un ou l'autre variant du coronavirus, Omicron et ses sous-variants seraient "indulgents" envers eux-mêmes, alors que cette famille représente aujourd'hui la presque totalité des cas d'infection. D'après Rosemary Boyton, co-auteure de cette étude de l'Imperial College, une infection par Omicron ou un de ses sous-variants "stimule mal l'immunité contre lui-même, voire pas du tout dans certains cas. Ceci, ainsi que le déclin immunitaire après la vaccination, peuvent expliquer l'augmentation massive que nous constatons à nouveau dans les infections, beaucoup de personnes étant réinfectées à de courts intervalles", a-t-elle déclaré à l'AFP.
Si ce type d'infection par Omicron est efficace "contre la souche initiale du coronavirus et ses premiers variants", souligne le magazine scientifique, en revanche, elle offre donc une protection faible face à une autre contamination par Omicron.

Vers des infections à répétition ?

Avec une contagiosité importante, une capacité à contourner les barrières immunitaires, même renforcées par une vaccination (qui heureusement reste efficace contre les formes sévères) ou des infections précédentes, mais aussi avec cette faculté qu'ont Omicron et ses sous-variants de, en quelque sorte, "s'épargner eux-mêmes", voilà qui suffit pour expliquer l'arrivée de cette 7e vague à l'orée de l'été. A quoi on peut ajouter un relâchement dans les gestes barrières durant ces derniers mois.

Pour autant, la dangerosité d'Omicron et des ses sous-variants BA.4 et BA.5 est bien moindre que celle du variant Delta et même des variants précédents. C'est pourquoi, pour l'instant, n'est préconisé qu'une 2e dose de rappel vaccinal qu'aux "plus de 60 ans et aux personnes fragiles, dont le système et la mémoire immunitaire sont moins robustes", disait ce dimanche 26 juin au JDD le président du conseil d'orientation de la stratégie vaccinale Alain Fischer.

Mais avec cette particularité qu'a la famille Omicron à ne pas ou peu nous protéger d'elle-même, va-t-on être condamnés à subir des infections à répétition ?

 

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