Covid-19 : pourquoi certains malades développent des formes graves ?

  • Une anomalie de l’immunité en cause ?
    Une anomalie de l’immunité en cause ?
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Une défaillance du système immunitaire pourrait bien être à l’origine de près de 20% des formes sévères de Covid-19 déclarées chez les patients vaccinés. Explications.

Malgré la vaccination contre la Covid-19, le risque de contracter cette maladie n’est pas nul. Et si l’exposition aux complications est diminuée par l’immunisation, elle n’est pas de zéro non plus, même si ces cas restent "très rares", soulignent des chercheurs de l’Inserm et de l’AP-HP*.

Mais alors, comment expliquer la survenue de formes sévères chez les patients ayant bénéficié de leur schéma complet ? "Comment expliquer que certains patients infectés par le SARS-CoV-2 ne présentent aucun symptôme alors que d’autres développent une pneumopathie pouvant aller jusqu’au décès ?", prolongent les scientifiques.

Vérifier l’efficacité du vaccin

Pour répondre à cette question, le Pr Jean-Laurent Casanova et le Dr Laurent Abel ont suivi 42 patients âgés de 20 à 80 ans ayant contracté une forme sévère de Covid-19, "malgré un schéma vaccinal complet par vaccin à ARNm".

Premier point : vérifier la production d’anticorps spécifiques de la Covid-19 après la vaccination pour s’assurer de l’efficacité de cette immunisation. "L’idée était ainsi d’écarter les formes sévères ayant pu se développer suite à un échec de la vaccination, afin d’isoler et identifier d’autres facteurs." Dans un second temps, les chercheurs sont partis à la recherche d’auto-anticorps**, connus pour attaquer les cellules de l’organisme, et allant donc à l’encontre de leur fonction de défense.

Le vaccin protège bien des risques de décès

Résultat : "environ 20 % des cas de pneumopathies graves suite à une infection par le SARS-CoV-2 s’expliquent par des anomalies génétiques (5 % des cas) et immunologiques (14 % des cas) qui fragilisent la réponse immunitaire." Et "chez 24% de ces patients atteints de formes sévères de Covid-19, des auto-anticorps ont [justement] été retrouvés". Raison pour laquelle des complications ont pu survenir.

Point intéressant : aucun des patients de l’étude n’est décédé, malgré la complication et la présence d’auto-anticorps. "Or, dans la population non-vaccinée, 20 % des personnes qui décèdent présentent des auto-anticorps. On peut donc supposer que la vaccination a eu un effet même si elle n’est pas parvenue à empêcher le développement de la maladie", concluent les scientifiques. À terme, cette découverte pourrait aider les soignants à mieux prévenir le risque de complications.

À noter : L’implication des gènes dans la survenue de décembre 2021.

*Équipes de l’Inserm, d’Université Paris Cité et de l’AP-HP au laboratoire de génétique humaine des maladies infectieuses, dans ses deux branches : à l’Institut Imagine, situé à l’Hôpital Necker-Enfants malades AP-HP et à l’Université Rockefeller de New-York
**Anti-interférons de type 1
Centre Presse Aveyron
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