INFOGRAPHIE. Remaniement sans surprise au gouvernement : découvrez les visages des ministres

  • Malgré 21 hommes et 20 femmes dans le gouvernement Borne 2, la parité reste de façade.
    Malgré 21 hommes et 20 femmes dans le gouvernement Borne 2, la parité reste de façade. MaxPPP -
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Le nouveau gouvernement a été annoncé ce lundi, avant le discours de politique générale, mercredi, d’Elisabeth Borne qui ne se soumettra pas au vote de confiance.

On connaît désormais les 41 ministres du gouvernement Borne 2. Il respecte l’équilibre des alliés de la majorité présidentielle mais ne permet pas à Emmanuel Macron d’agrandir son cercle d’influence.

Un équilibre sans star ni prise de guerre

Le remaniement du gouvernement Borne 2 n’a enregistré aucun nom retentissant. Même pas celui de Yannick Jadot, qui a circulé la semaine passée à la Transition écologique. À droite, point de Catherine Vautrin (pressentie pour être Première ministre avant la nomination d’Élizabeth Borne), ni de Jean Rottner, de Jean-François Copé… Hormis Caroline Cayeux, pas de prise à droite et un peu plus de personnalités de gauche font leur apparition parmi les douze nouvelles figures (Olivier Klein, Jean-Christophe Combe, Laurence Boone…). De quoi rééquilibrer les différentes forces politiques en présence. Et mieux soigner les partenaires de La République en Marche : Horizons d’Édouard Philippe (avec Christophe Béchu et Agnès Firmin Le Bodo) et le Modem qui passe de deux à quatre ministères avec l’entrée de Jean-Noël Barrot, de Geneviève Darrieussecq et de Sarah El Haïry.

Les battues remplacées

Les trois ministres battues aux élections législatives ont été remplacées. Christophe Béchu, maire d’Angers, numéro 2 d’Horizons est promu à la Transition écologique à la place d’Amélie de Montchalin. Brigitte Bourguignon est remplacée à la Santé par François Braun, président de Samu-Urgences de France, artisan de la “mission flash” très critiquée sur les services d’urgence. Enfin Justine Benin, secrétaire d’État à la Mer, du Modem, est remplacée par Hervé Berville, député LREM des Côtes-d’Armor.

Ces ministres confortés

Le sommet du gouvernement est conforté. En dépit de sa mauvaise gestion de l’affaire du Stade de France, Gérald Darmanin élargit son ministère de l’Intérieur en prenant les Outre-mer. L’ex-ministre de la Santé Olivier Véran devient porte-parole du gouvernement en remplacement d’Olivia Grégoire nommée à Bercy. Visée par deux plaintes pour viol dans ses fonctions passées de gynécologue, Chrysoula Zacharopoulou reste chargée du Développement, de la Francophonie et des Partenariats internationaux.

Ces retours remarqués

Figure médiatique du premier mandat Macron, Marlène Schiappa fait son grand retour au sein de l’exécutif. L’ancienne ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, est désormais en charge de l’Économie sociale et solidaire et de la vie associative.
Ancien ministre de la Culture puis du Commerce extérieur, Franck Riester, le président d’Agir devient secrétaire d’État chargé des Relations avec le Parlement. Geneviève Darrieussecq avait fait la totalité du mandat précédent. Elle devient secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées. Sarah El Haïry, redevient secrétaire d’État en charge de la Jeunesse et du Service national universel.

Des mutations inattendues

Clément Beaune quitte les Affaires européennes pour les Transports. Laurence Boone assumera ses fonctions passées au grade de secrétaire d’État. Cette économiste succéda à Emmanuel Macron au poste de conseillère économique du président socialiste François Hollande de 2014 à 2016, année durant laquelle elle a rejoint le groupe Axa. L’ancienne maire LR de Bayeux Caroline Cayeux, qui avait quitté Les Républicains en 2018 et signé fin 2021 une tribune appelant à un second mandat d’Emmanuel Macron, fait son entrée aux Collectivités locales.

Une parité en trompe-l’œil

Certes, on comptera in fine 21 hommes et 20 femmes dans le gouvernement Borne 2. Certes on a une Première ministre et l’Assemblée nationale est présidée par Yaël Braun-Pivet. Pour autant, cette parité reste de façade. Il faut en effet neuf femmes nommées à des postes de secrétaire d’État et un seul homme pour parvenir à cette parité de façade. Concernant les ministères de plein exercice, les postes clé : on compte 11 hommes et seulement 6 femmes et 9 hommes et 6 femmes pour les ministères délégués.

Le cas Damien Abad a été réglé

Élisabeth Borne n’a pas tardé à justifier l’éviction de Damien Abad, son ministre des solidarités non reconduit, qualifié en privé de “boulet” depuis que des accusations de viols et d’agressions sexuelles ont surgi contre lui.

"Hors du gouvernement, Damien Abad pourra se défendre et la justice pourra faire son travail sereinement", a réagi la Première ministre auprès de Elle.fr. Elle a surtout lâché que des témoignages doivent être pris en compte dans cette affaire…

Borne a donc eu la peau du transfuge LR, un temps considéré comme une prise de guerre côté Macronie, mais qui n’aura ramené aucun député dans son sillage et terni l’image du gouvernement.

Lors de sa passation de pouvoir avec Jean-Christophe Combe, l’ancien président du groupe LR à l’assemblée, n’a pas caché son amertume : "Face à ces calomnies ignobles, je me défendrai sans relâche jusqu’à ce que la justice confirme mon innocence", dit celui qui affronte trois témoignages à charge dont un vient de faire l’objet d’une ouverture d’enquête par le parquet de Paris.
Yan. Phi.

Yannick Povillon