Devant l'Assemblée ce mercredi : comment Elisabeth Borne a peaufiné son discours

  • L’heure du discours de politique générale pour Élisabeth Borne.
    L’heure du discours de politique générale pour Élisabeth Borne. MAXPPP
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La prise de parole de la Première ministre, ce mercredi, à l’Assemblée, sera déterminante pour la suite du quinquennat.

Nicolas Sarkozy avait pour habitude de mettre en garde ses plumes en ces termes : "Ne me faites pas un quatre-quarts, ce genre de discours dont on a plein la bouche mais que l’on n’arrive pas à avaler." Élisabeth Borne, saura-t-elle éviter le quatre-quarts ? Son allocution ce mardi est en cours de préparation depuis la semaine dernière.

La première ministre doit y exposer les grandes lignes du quinquennat mais surtout expliquer comment elle entend trouver des majorités au sein d’une Assemblée écartelée.

Exercice de haute voltige

Un discours de politique générale est toujours un exercice de haute voltige. Il se doit d’être à la fois exhaustif, précis sans être trop techno, convainquant vis-à-vis des députés comme de tous les Français… L’exercice obéit toujours à la même gymnastique : une trame est dessinée par une première plume. Puis chaque conseiller habille ce canevas d’une partie de texte qui concerne sa spécialité.

Ce sont des textes très techno. La plume du Premier ministre doit les digérer afin de les mettre en forme et donner un souffle au texte. "S’ensuit un combat terrible entre celui qui tient la plume et des conseillers qui ont peur de ne pas retrouver leurs petits", se souvient l’ancien conseiller.

Or, le travail de la plume consiste à défendre le style de l’orateur, car seuls des mots qu’il connaît bien et manie bien seront entendus par les Français. Et attention si trop de monde retravaille le texte, il risque de devenir un robinet d’eau tiède. "Ces longues rédactions sont des moments de grande tension, de grande fatigue nerveuse", avoue un rédacteur.

Motion de censure

Et c’est encore plus vrai ce mardi car Élisabeth Borne, à l’issue de son discours, va devoir affronter une motion de censure déposée par LFI visant à renverser le gouvernement. Certes, celle-ci a peu de chance d’obtenir la majorité absolue car ni le RN ni les LR n’entendent la voter, mais le nombre de suffrages qu’elle va réunir pèsera sur la suite. L’ensemble de la Nupes suivra-t-elle les consignes de vote ? La majorité saura ainsi si elle peut compter sur quelques dissidences à gauche pour voter certains textes.

En revanche, la Première ministre a décidé de ne pas solliciter le vote de confiance des députés. La Première ministre n’était, en effet, pas assurée d’avoir la majorité absolue des votes exprimés.

Une fois cette épreuve passée, les choses sérieuses vont enfin pouvoir commencer avec l’étude du texte sur le pouvoir d’achat et celui sur les mesures sanitaires qui promet de faire polémique.

Christelle Bertrand