Aveyron : trois ans de prison ferme pour avoir convoyé près de 60 kilos de drogue

Abonnés
  • L'affaire était jugée ce jeudi 21 juillet devant le tribunal judiciaire de Rodez.
    L'affaire était jugée ce jeudi 21 juillet devant le tribunal judiciaire de Rodez. Centre Presse - José A. Torres
Publié le

Le quinquagénaire avait été arrêté par les douaniers millavois le 17 juillet dernier alors qu'il roulait à bord d'un utilitaire qui contenait de l'herbe et de la résine de cannabis. 

Les affaires de saisies de drogue par les douaniers millavois finissent par se suivre et se ressembler. Plusieurs dizaines de kilos de résine ou d'herbe de cannabis - près de 60 kg en l'occurrence -, un individu interpellé qui ignorait le contenu de sa cargaison chargée en Espagne pour rejoindre les Pays-Bas et aucune explication avancée si ce n'est l'appât du gain. 

Seule la nationalité du prévenu, un quinquagénaire d'origine chinoise, résidant en Espagne depuis plus de 20 ans, tranchait quelque peu par rapport aux individus interpellés et jugés à Rodez pour ce genre d'affaire.

Les faits sont simples. Le 17 juillet dernier, les douaniers millavois l'ont arrêté alors qu'il roulait seul à bord d'un véhicule utilitaire, direction les Pays-Bas. À son bord, deux congélateurs à l'intérieur desquels les douaniers vont retrouver trois sacs. Les enquêteurs vont découvrir 49,75 kg d'herbe de cannabis et neuf kilos de résine de cannabis. L'homme interpellé possédait également près de 2 000 euros en espèces.

Le prévenu a tout de même livré quelques détails de son histoire aux enquêteurs. Dont certains que l'on retrouve dans d'autres récits de transporteurs de drogue : une rencontre dans un bar avec un inconnu, une proposition alléchante pour transporter une cargaison. L'homme d'origine chinoise a assuré avoir des difficultés pour subvenir aux besoins de sa femme et ses deux enfants qui vivent à Madrid. 

Mais très rapidement, durant le trajet vers la France, celui-ci confie s'être rendu compte que sa cargaison n'était peut-être pas si légale que cela. Il devait suivre un véhicule qui lui ouvrait la route, emprunter un itinéraire qui passait par de petites routes départementales, etc. "J'ai alors cru que c'était des frigos de contrefaçons. Mais jamais je n'ai pensé à de la drogue", a-t-il expliqué par l'intermédiaire d'un interprète."J'ai eu peur, je ne savais pas comment renoncer. C'était impossible. Je craignais des représailles", a-t-il rajouté. 

Appât

Le procureur de la République, Bernard Salvador, a décrit "un individu assez naïf". Avant "d'émettre une hypothèse" selon laquelle "il n'aurait été qu'un appât. Pour les gros trafiquants 60 kg de drogue, ce n'est rien. La valeur marchande de ce trafic est d'ailleurs modeste, environ 300 000 €. Alors, pendant que des moyens importants ont été déployés pour l'arrêter, une autre cargaison pouvait passer ailleurs. Ce n'est pas invraisemblable". Et le magistrat de requérir 30 à 36 mois de prison, assortis d'un mandat de dépôt.

De son côté, l'avocat du prévenu, Me Bastien Auzuech, estime que le bénéfice de ce trafic est "particulièrement faible, environ 1 000 €. De plus, il reconnaît les infractions. Il semblait pris à la gorge financièrement, il était pris dans un engrenage". En revanche, son conseil a demandé aux juges de ne pas prononcer un mandat de dépôt et ce, pour plusieurs raisons. La première est qu'il n'a "rien à faire en France, selon l'avocat. Il ne parle absolument pas la langue et il est très difficile de trouver un interprète. Ici, il serait en réelle souffrance. Et puis, il a d'importants problèmes de santé, un suivi médical est nécessaire". 

Après avoir délibéré, le tribunal a condamné le prévenu à 3 ans de prison ferme et à une amende douanière de 16 000 €. Le mandat de dépôt n'a pas été prononcé. 

 

Cet article est réservé aux abonnés
Abonnez-vous pour en profiter
à partir de 1€/mois, sans engagement
  • Tous les articles en illimité sur le site et l'application
  • Le journal en version numérique dès 23h15 la veille
  • Publicités limitées
Voir les commentaires
Réagir
Vous avez droit à 3 commentaires par jour. Pour contribuer en illimité, abonnez vous. S'abonner

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?