Le droit du travail en Europe n’a pas de secret pour la Ruthénoise Marie Lagarrigue

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  • Installée dans la capitale de la Belgique depuis près d’un quart de siècle,  là où elle travaille à la commission européenne et où sont nés ses trois enfants, la Ruthénoise de 47 ans Marie Lagarrigue  n’a certes pas oublié ses racines aveyronnaises mais elle ne cache pas qu’elle est "bruxelloise". 	DR Installée dans la capitale de la Belgique depuis près d’un quart de siècle,  là où elle travaille à la commission européenne et où sont nés ses trois enfants, la Ruthénoise de 47 ans Marie Lagarrigue  n’a certes pas oublié ses racines aveyronnaises mais elle ne cache pas qu’elle est "bruxelloise". 	DR
    Installée dans la capitale de la Belgique depuis près d’un quart de siècle, là où elle travaille à la commission européenne et où sont nés ses trois enfants, la Ruthénoise de 47 ans Marie Lagarrigue n’a certes pas oublié ses racines aveyronnaises mais elle ne cache pas qu’elle est "bruxelloise". DR
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Née à Rodez en 1975 et ayant grandi à La Primaube, elle est installée à Bruxelles depuis 1998, où elle travaille à la commission européenne aux côtés de quinze juristes.

Réflexion, mise en œuvre de la législation européenne sur le droit du travail, surveillance de son application. Oui, c’est un métier. C’est d’ailleurs celui de Marie Lagarrigue. Sa carte de visite est trop petite pour recevoir cette appellation complète mais voilà bel et bien les grandes lignes de son quotidien. Elle s’en amuse et, dans un grand éclat de rire, la quadragénaire force le trait : "Je travaille avec quinze juristes et je passe mes journées devant mon ordinateur". Dans son bureau de la commission européenne à Bruxelles où elle est fonctionnaire. Elle a posé ses valises (et ses dossiers) dans la capitale de la Belgique en 1998 et n’en est plus jamais repartie.

Née à Rodez, en 1975, d’un père ruthénois et d’une mère qui a certes vu le jour à Sèvres mais avec des racines ayant puisé leurs forces à Decazeville et aussi à Sauveterre-de-Rouergue, Marie Lagarrigue a grandi à La Primaube. Familiarisée "très tôt à la politique" par ses parents enseignants et "défenseurs du service public", elle a dessiné "assez jeune" le parcours professionnel qui l’intéressait. "C’était assez clair, confirme l’intéressée. La justice était ainsi mon objectif, notamment la police à un moment donné. Puis, j’ai découvert, adolescente, la fonction publique et j’ai alors identifié sciences po".

Un bac C en poche, décroché au lycée Foch à Rodez, elle a intégré Saint-Sernin à Toulouse pour une prépa hypokhâgne. L’expérience a été de courte durée : "C’était très dur et je n’étais pas assez motivée". Elle a pris la direction de Rennes pour l’Institut d’études politiques et a passé quatre ans en Bretagne. Entre les 2e et 3e années, elle a saisi une opportunité, "en particulier pour apprendre l’anglais", avec un stage à La Haye aux Pays-Bas. Il n’a finalement pas répondu à ses espoirs : "C’était un peu ennuyeux, pas très excitant". Et d’ajouter : "Je me suis alors dit, soit je m’accroche à mon rêve, soit je fais autre chose".

Dans le cadre de son mémoire, Marie Lagarrigue a étudié l’action de l’Union européenne au niveau de la politique de la ville, avec des entretiens à Bruxelles. Elle a eu "un coup de foudre" : "C’est vrai que c’était génial ce lieu, très ouvert". Elle avait "une idée fixe" : "Rejoindre la fonction piblique européenne". Pour ce faire, elle est entrée au collège d’Europe à Bruges. Avant de prendre ensuite ses quartiers à Bruxelles, en 1998. Elle dit "nonante huit" !

Après un stage à la commission européenne, elle n’y a pas tout de suite hérité d’un bureau : "C’était un peu compliqué de trouver un boulot". Avant de (re)pousser la porte de cette grande maison, comme fonctionnaire spécialisée en droit du travail, elle a fréquenté le Parlement avec un contrat de dix-huit mois, en tant qu’assistante parlementaire du député européen socialiste Gilles Savary, professeur d’université à l’IEP de Bordeaux, originaire de la Haute-Vienne, qui est resté en poste de juillet 1999 à juillet 2009. "Je n’ai plus de ses nouvelles", glisse-t-elle.

Des colis d’aligot par La Poste !

"Il me tardait de sortir de là !". Marie Lagarrigue n’a pas oublié que, adolescente, elle n’avait donc qu’une envie : "Quitter l’Aveyron pour aller me nourrir ailleurs, pour aller goûter d’autres cultures, d’autres modes de vie". Et elle avoue encore volontiers aujourd’hui : "Je n’ai pas de nostalgie". Elle n’a pas pour autant coupé le cordon avec la terre qui l’a vu naître : "Il y a toujours ma maman. Je venais plus souvent quand le train de nuit roulait à plein régime. C’était pratique. Disons que, maintenant, c’est une fois par an". Et le vol assuré par RyanAir entre Charleroi et Rodez ? "Je ne suis pas une grande cliente de l’avion", lance-t-elle. De toute façon, son discours est (très) explicite : "Quand on me demande d’où je suis, je dis que je suis bruxelloise. C’est mon territoire, mon quotidien depuis plus de vingt ans, une ville que j’aime. J’ai trois enfants âgés de 17, 15 et 5 ans, qui sont nés à Bruxelles, et les deux aînés sont à moitié belges !".

Elle conclut sur le sujet : "Je ne suis ni pressée, ni impatiente, de rentrer en France. Je crois même que je ne serais pas malheureuse de finir mes jours ici. Et, si je retourne vivre dans l’Hexagone, ce sera dans une maison en haut d’une montagne ou au Pays basque". Le décor est planté. Ce qui ne l’empêche pas de faire le plein de saucisse et de veau d’Aveyron lors de ses rares séjours au pays. Elle a juste réduit sa consommation d’aligot car sa mère a arrêté de lui envoyer les colis par La Poste !

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Rui DOS SANTOS
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