Aveyron : comment les pompiers s'organisent-ils avec les restrictions d'eau liées à la sécheresse ?

  • Autant que possible, les pompiers essaient eux aussi de limiter l'usage de l'eau.
    Autant que possible, les pompiers essaient eux aussi de limiter l'usage de l'eau. Pexels
Publié le , mis à jour

Alors que 91 départements sur 96 sont placés en état d'alerte sécheresse, la plupart d'entre eux sont également concernés par des restrictions d'eau. Un casse-tête pour les pompiers, en pleine lutte contre des feux dans tout le pays.

Alors que le risque d’incendie reste très élevé en France, la sécheresse peut-elle entraver le travail des pompiers ? Si ces derniers ne sont évidemment pas concernés par les restrictions d’usage de l’eau, ils essaient eux aussi d’en limiter son usage.

"En temps normal, on se branche sur des poteaux d’incendies, sur le réseau d’eau potable. En ce moment on évite de le faire et on priorise les ‘aspirations’ : notre camion aspire l’eau directement dans une rivière", explique Florian Souyris, directeur du Service départemental d’incendies et de secours (Sdis) de l’Aveyron. Sur certains types de feux, pour éviter le gaspillage inutile, "on fait aussi le choix de laisser brûler tout en surveillant, pour éviter d’utiliser une quantité astronomique d’eau. On l’avait fait en 2003, on le refait cette année", raconte encore le pompier.

"Moi, je ne sais pas éteindre un feu sans eau"

D’autant qu’avec des cours d’eau à sec, aller s’approvisionner pour lutter contre un incendie peut se révéler lointain. "On fait la balance bénéfice/risque et on prend la moins mauvaise décision, détaille Florian Souyris. Et si le feu progresse, on n’hésite pas à prélever l’eau potable à proximité pour perdre le moins de temps possible dans le combat contre le feu. Mais clairement, la sécheresse est une contrainte qui gène notre lutte."
Quant à choisir entre préserver l’eau potable de la population et éteindre les feux, la question ne se pose pas : "Est-ce qu’il vaut mieux sauver des maisons même si derrière il faut reconstituer le réseau ou tout laisser brûler pour que les gens puissent boire ? La réponse est toute trouvée. Moi, je ne sais pas éteindre un feu sans eau." Et si cette quête de l’eau se répète quasiment chaque été à la fin du mois d’août, cette année, les pompiers y sont confrontés "dès à présent", déplore Florian Souyris.

Margaux Munoz
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