Aveyron : une virée cycliste sur les rails du Larzac

  • Voilà un vélorail qui ne risque pas de dérailler. Imaginés et améliorés saison après saison par l’expertise de Jean-Paul Austruy et de son équipe, presque tous les vélorails de France sont construits dans l’atelier de Sainte-Eulalie-de-Cernon, l’un des derniers fabricants. Cette année, une centaine d’engins ont été construits sur place.
    Voilà un vélorail qui ne risque pas de dérailler. Imaginés et améliorés saison après saison par l’expertise de Jean-Paul Austruy et de son équipe, presque tous les vélorails de France sont construits dans l’atelier de Sainte-Eulalie-de-Cernon, l’un des derniers fabricants. Cette année, une centaine d’engins ont été construits sur place.
  • Trois parcours sont proposés : papillon (aller-retour en vélorail,4 km de montée et retour en émotion), orchidées (descente en vélorailet retour en train touristique, 8 km), le grand voyage (aller-retouren vélorail sur papillons ou aller-retour de Sainte-Eulalie à La Bastide-Pradines en train touristique).
    Trois parcours sont proposés : papillon (aller-retour en vélorail,4 km de montée et retour en émotion), orchidées (descente en vélorailet retour en train touristique, 8 km), le grand voyage (aller-retouren vélorail sur papillons ou aller-retour de Sainte-Eulalie à La Bastide-Pradines en train touristique).
  • Une virée sur les rails du Larzac
    Une virée sur les rails du Larzac
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Ce voyage, au départ de la gare de Sainte-Eulalie-de-Cernon, fait parcourir en pédalant et/ou en train touristique, une voie ferrée inédite.

Attention, départ immédiat en gare de Sainte-Eulalie-de-Cernon. Dernières recommandations et consignes de sécurité avant d’embarquer sur un vélorail pour une balade insolite et bucolique au cœur du Larzac… à la seule force des mollets !

Créé il y a maintenant 21 ans, le vélorail du Larzac est une invitation au dépaysement à la découverte d’une voie ferrée en toute liberté. Ses engins hybrides, mélange entre bicyclette et locomotive, empruntent 17 kilomètres de voies ferrées aujourd’hui désaffectées. Et auxquels Jean-Paul Austruy, mécanicien de formation, a redonné vie en 2001. C’est en sautant à l’élastique qu’il est devenu le chef de gare de Sainte-Eulalie-de-Cernon, la plus fréquentée du Sud-Aveyron.

40 000 voyageurs par an

"Cette voie ferrée, abandonnée une première fois en 1954, a été reconditionnée par l’État à l’époque du projet d’extension du camp du Larzac. Mais François Mitterrand, élu en 1981, y met un coup d’arrêt. Le chemin de fer est à nouveau en proie à la végétation", rappelle Marie-Aude, sa compagne. Jusqu’en 1999, où la ligne entre Tournemire et L’Hospitalet-du-Larzac trouve une utilité pacifique avec le soutien de l’armée, le dernier acquéreur qui approvisionnait le camp militaire.

Sur ces 17 km, Jean-Paul Austruy, qui a un véritable coup de cœur pour le site, fait le pari fou de monter un vélorail, couplé aujourd’hui au train touristique. Il y en a alors seulement deux en France. Ils sont soixante aujourd’hui. Tout démarre en 2001 avec "le petit parcours baptisé les papillons, avec 4 km aller-retour". 5 000 personnes donnent les premiers coups de pédale en un an.

Vingt ans plus tard, le succès du Millavois ne se dément pas. Les voyageurs, 40 000 par an, sont toujours plus nombreux à venir se muscler gentiment "sur ce patrimoine majestueux" que Jean-Paul et Marie-Aude, ancienne institutrice, mettent du cœur à l’ouvrage à préserver.

En 2017, un record à 50 000 visiteurs est même atteint. Assurément, le visiteur ne sera pas déçu. Au programme, la découverte de parcours ponctués d’ouvrages d’art, pouvant emprunter au total douze tunnels et six viaducs…

Et la communion avec la nature dans un territoire classé au patrimoine de l’Unesco, et des paysages aussi époustouflants les uns que les autres s’ouvrant majestueusement sur la vallée du Cernon, véritable joyau naturel. S’il vous faut fournir quelques légers efforts en montant, la récompense n’en est que plus belle. "En descente, avec un vent favorable, on atteint la vitesse phénoménale de 35 km/h", sourit Marie-Aude. Avec, en été, quinze départs par jour sur les orchidées et sept sur les papillons, les vacanciers aventuriers ont de quoi se mettre sous la semelle. Un travail de longue haleine pour Jean-Paul qui a trouvé sa voie.

Sur ses 17 km de rails, il faut aussi entretenir les gares abandonnées auxquelles ce touche-à-tout a redonné un second souffle : Sainte-Eulalie-de-Cernon, Lapanouse-de-Cernon et La-Bastide-Pradines. Un chantier qui demande "de la patience, de la persévérance, de la passion, du savoir-faire et des investissements".

Locomotive à vapeur

En filigrane, Jean-Paul poursuit toujours son rêve d’arriver à faire rouler une locomotive à vapeur. "Imaginez un peu dans ce décor…" En couple, en famille ou entre amis, jusqu’à cinq personnes peuvent enfourcher les engins du vélorail du Larzac, constitué également en SARL. Avec une flotte d’une cinquantaine de vélorails, la plateforme, très prisée touristiquement, dispose également d’une autre corde à son arc, un atelier de fabrication. Car, au cœur de l’hiver, quand le train est rentré en gare, Rando-Rail produit ses propres vélorails depuis 2010 et les commercialise auprès des exploitants, dans l’Hexagone et à l’étranger. Et le carnet de commandes est plein. "Jean-Paul rivalise d’imagination et améliore sans cesse les vélorails." Toujours pour plus de confort et de sécurité. Depuis vingt ans, les rails offrent une virée au grand air dans un écrin de nature et d’histoire. "La voie ferrée en liberté", Jean-Paul et Marie-Aude en ont d’ailleurs fait leur leitmotiv.

texte et photos j.f.
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