Originaire de Salles-la-Source, Pierre Pradié, un collectionneur d’art qui laboure le causse sabots aux pieds !

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  • Propriétaire du Manoir de La Garde, à Cadayrac, sur la commune de Salles-la-Source, depuis vingt ans, l’avocat pénaliste Pierre Pradié est un collectionneur d’art. Il a accroché aux cimaises de cette superbe bâtisse certaines de ses œuvres.	Rui Dos Santos
    Propriétaire du Manoir de La Garde, à Cadayrac, sur la commune de Salles-la-Source, depuis vingt ans, l’avocat pénaliste Pierre Pradié est un collectionneur d’art. Il a accroché aux cimaises de cette superbe bâtisse certaines de ses œuvres. Rui Dos Santos
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Avocat pénaliste à Paris, âgé de 67 ans, il est propriétaire du Manoir de La Garde, à Cadayrac, cultivant aussi sa passion de l’agriculture.

"Amelia, ça me va très bien mais je suis également un fidèle client de la SNCF, en particulier de la ligne Paris-Rodez". S’il utilise donc régulièrement les services de la compagnie aérienne créée par l’Aveyronnais Alain Regourd entre la capitale et l’Aveyron, Pierre Pradié emprunte aussi le rail et il est même un des seuls voyageurs à descendre à la gare de Saint-Christophe. Chaque trajet doit réveiller des souvenirs, ceux du temps où il rentrait au pays avec "Le train des petits Rouergats". "Mes parents avaient, en effet, la bonne idée de m’envoyer chez mes grands-parents paternels. Je me rappelle très bien, comme si c’était hier, de ces moments de joie, de communion avec la nature".

Avocat pénaliste à Paris, Pierre Pradié est un collectionneur d’art, qui présente les œuvres de 26 artistes (Stéphane Belzère, Céline Berger, Vincent Bioulès, Michel Cure, Eugène Viala, Pierre Moignard, Bernard Dufour...), à La Menuiserie à Rodez, jusqu’au 21 août. "Je vis avec les tableaux et certains de leurs auteurs sont devenus des amis, explique l’intéressé. J’ai "semé" au bureau, à la maison à Paris et, bien sûr, en Aveyron. Mais, je n’ai pas envie de les garder que pour moi. Je souhaite que les œuvres soient à la lumière et offertes au regard. Je peux me "séparer" sans souci de ma collection car elle est dans mon espace mental !".

S’il a commencé à acheter en 1992, Pierre Pradié a été éveillé à l’art contemporain par son beau-frère, le mari de sa sœur Bénédicte. Conservateur général du patrimoine français, spécialiste de la peinture moderne et contemporaine, Didier Ottinger a été, notamment, conservateur du musée des Sables-d’Olonne, de 1988 à 1996. C’est d’ailleurs sur ses recommandations que les rênes de cet établissement culturel ont ensuite été confiées à un certain Benoît Decron, devenu, depuis, directeur des musées du Grand Rodez, dont Soulages. Le collectionneur en profite pour mettre l’accent sur "le véritable appétit pour l’art des Aveyronnais" : "Leur regard est affûté... Comme un Liadou !".

"Un lien très fort avec la terre"

Il ne peut pas s’empêcher le clin d’œil à ce couteau des vignerons du Vallon remis au goût du jour voilà quelques années par Nicolas Julvé. Car c’est sur ce territoire qu’il pose ses valises dès qu’il tourne le dos à la capitale. Et plus précisément au Manoir de La Garde à Cadayrac, sur la commune de Salles-la-Source, dont il est propriétaire depuis deux décennies et qui a nécessité douze ans de travaux.

"J’ai aimé ma vie parisienne, mais, ici, c’est plus important", reconnaît ainsi celui qui est né en 1954 à Roubaix. Son père travaillait dans l’industrie de la laine mais, alors qu’il devait partir en Australie, son cœur l’a retenu en France. Mais le fiston n’a vécu que six ans dans le Nord, avant de suivre ses parents pour une installation dans l’Essonne. "Enfant et adolescent, toutes mes vacances scolaires avaient pour cadre les terres paternelles", se souvient-il. Il avoue d’ailleurs "un lien fort" avec ce sol aveyronnais : "J’ai des sabots aux pieds. Je suis officiellement agriculteur et j’ai pris beaucoup de plaisir à entrer dans ce monde. Je dois tenir cet attachement de mon grand-père qui possédait 600 brebis et 50 vaches, et qui avait introduit la charrue à disque. Une révolution !".

Si des ancêtres (des laboureurs, des vignerons) vivaient, sous l’Ancien régime, à Solsac, d’autres étaient notaire ou bien marchands à Marcillac. Mais, en parcourant son arbre généalogique, Pierre Pradié a été marqué par cet aïeul qui, au début du 19e siècle, a été philosophe, avocat et député de la première circonscription, présent aux côtés de Lamartine pour libérer l’Hôtel de ville. Avant d’être un des pères du Sénat. "Sa devise était "Tout est possible" et elle me plaît bien", assure-t-il. Il a dû y penser souvent durant les douze années de restauration du Manoir de la Garde, une magnifique bâtisse de 500 m2 habitables, au cœur d’un parc de dix hectares.

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