Expo à Rodez : des œuvres de Hans Silvester volées et vandalisées

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  • Alors qu'une des photos de l'exposition a disparu, d'autres ont été défigurées par des crayonnages.
    Alors qu'une des photos de l'exposition a disparu, d'autres ont été défigurées par des crayonnages. - Ouirni Salima
  • Une des photos (deuxième plan) a été volée.
    Une des photos (deuxième plan) a été volée. - Ouirni Salima
  • C'est cette photo qui a disparu.
    C'est cette photo qui a disparu. - Ouirni Salima
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L'exposition de plusieurs photos de Hans Silvester, sur le sujet de l'ethnie Suri (Ethiopie), gardienne de vaches a été vandalisée ce week-end. Une des photos exposée a été arrachée de son support et a disparu. Le photographe de renommée mondiale et l'association Photot'Aubrac qui a organisé l'exposition sont sous le choc. C'est la première fois que des personnes mal intentionnées s'en prennent à cette expo qui tourne depuis 3 ans. 

Hans Silverster, photographe, connu dans le monde entier n'en revient pas. Ses photos exposées place de la Cité, depuis le 1er juillet, dont certaines font partie du livre Pastorale africaine, ont été vandalisées, tandis que l'une d'entre elles a été volée. Il ne reste plus que le support en bois, au lieu de la photo d'un jeune garçon, appartenant à l'ethnie Suri (Ethiopie du Sud) posant avec une vache. Pour réaliser cette exposition, Hans Silverster a fait 39 voyages en Ethiopie afin de ramener cette harmonie ancestrale entre les bergers et les animaux. Celui qui a travaillé pour le magazine Géo, qui a écrit de nombreux livres, dont Les enfants fleurs, ou qui a exposé à Paris, en Provence, Lyon, sur l'Aubrac ne comprend pas qu'on s'en prenne à ses œuvres.  

"C'est très malheureux d'en arriver là en France. C'est un  non-respect pour le travail de l'artiste", souligne Hans Silvester. Il ne comprend d'autant moins ce vandalisme qu'il apporte un regard empreint d'humanité, tout en défendant les traditions et les valeurs de ces ethnies menacées par l'occidentalisation. "Il y  a des enfants qui vivent nus et c'est une réalité. Des enfants habillés vivent dans la misère aussi. Je suis prêt à discuter avec tout le monde car je connais bien mon sujet", lance l'auteur. 

Le photographe se sent d'autant plus démuni qu'aucune enquête n'a été ouverte, pour l'instant. L'association, à l'origine de cette exposition en collaboration avec Rodez Agglo se réserve le droit d'ester en justice. "C'est désolant de s'en prendre à ce travail de témoignage qui défend aussi les intérêts de ces peuples. C'est aussi une remise en cause de la liberté d'expression artistique, très inquiétante pour notre démocratie", s'insurge pour sa part Lucien Labourey, vice-président de l'association Phot'Aubrac, qui a travaillé étroitement avec Hans Silvester sur cet événement. 

Le festival Phot'Aubrac compte saisir la justice

Si l'on ne connaît pas l'identité des vandales, on sait pour l'instant, qu'un (mystérieux) administré ruthénois a écrit à la Ligue des droits de l'Homme pour protester contre "la nudité représentée. Elle  témoigne certes d'un mode de vie inscrit dans un contexte socioculturel. Toutefois, une fois extraite de son cadre de vie quotidienne, celle-ci fait systématiquement l'objet d'une atteinte à la liberté et à la dignité du peuple concerné (...).  Il y aurait atteinte au droit à l'image des enfants". Questionné,  le président de la section locale, Jacky Burzala, se désolidarise du courrier. "Nous avons transmis l'interrogation de cette personne, au photographe,  pour avoir des précisions sur le droit à l'image dans ce contexte. Nous avons aussi saisi notre service juridique à Paris pour répondre à cette question". Il nous a été répondu que " la nudité des enfants photographiés n’est pas susceptible de revêtir une qualification pénale", dans ce contexte  confirme le président de la section ruthénoise. 

Est-ce à dire que cette question posée par un administré aurait  un lien avec le vol de l'une des photos exposées ? Pas sûr du tout. Seule une enquête policière pourrait apporter éventuellement des réponses. Le festival Phot'Aubrac compte bien ester en justice prochainement. "Cette exposition a tourné partout, sans aucun dommage. C'est un truc de malade ce qui se passe à Rodez. Les bénévoles et le festival sont très affectés par ce vandalisme", estime Nathalie Jurot, qui s'exprime au nom du festival. 

Le préjudice est estimé à 4000 €, selon les premières constatations de l'association Phot'Aubrac. 

 

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Les commentaires (2)
Anonyme11542 Il y a 1 mois Le 10/08/2022 à 12:12

Quelle honte pour les voleurs ! Si des sanctions réelles avec peines et amendes ces actes de malveillances se réduiraient ! Et des caméras mises en place par la mairie !

Occitanix12 Il y a 1 mois Le 10/08/2022 à 11:31

Hans, cette exposition est très belle. Je suis de tout cœur avec vous. J'espère que celui qui a vandalisé votre travail sera puni. Au sujet du droit à l'image des enfants, c'est du n'importe quoi ! Vous avez un grand respect pour ces gens qui vous ont accueillis.
J'ai une proposition à vous faire :
Pouvez-vous photographier des vaches aubrac et salers dans leurs habitats, les buronniers, etc. et montrer les clichés à l'ethnie Suri ?
Merci beaucoup