Découvrez les contes et légendes en Bastides et gorges de l’Aveyron

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Depuis que l’homme s’est installé entre Causse et Ségala, le long de la rivière Aveyron, il ne cesse de l’enrichir de contes et de légendes. Transmis de génération en génération, peut-être aurez-vous la chance d’en entendre à l’occasion d’un séjour en Bastides et gorges de l’Aveyron. En voici trois que les anciens contaient souvent, le soir, au coin du feu…

Débutons à Villeneuve-d’Aveyron, une charmante bourgade médiévale édifiée aux XIe et XIIIe siècles autour d’un prieuré bénédictin et d’une place de marché bordée d’arcades. Étape importante sur le chemin vers Saint-Jacques-de-Compostelle, entre Conques et Toulouse, la cité abrite en son église du Saint-Sépulcre une fresque du XIVe siècle narrant la miraculeuse histoire du "pendu dépendu".

"En 1030, une famille d’Allemands prend la route vers Saint-Jacques-de-Compostelle. En arrivant à Santo Domingo de la Calzada, ils font halte dans une auberge pour passer la nuit. La fille du propriétaire trouve le jeune homme à son goût et lui fait des avances que ce dernier refuse. Vexée, elle attend la nuit pour glisser la plus belle coupe d’argent de son père dans la besace du garçon. Le lendemain, l’aubergiste crie "au vol !", fait ouvrir les sacs et le jeune homme est accusé et condamné à la pendaison. Les parents, éplorés, décident de suivre leur cheminement jusqu’en Galice. Au retour, ils repassent au pied du gibet où, premier miracle, leur fils les interpelle : "Ne vous inquiétez pas, saint Jacques sait que je suis innocent. Il me soutient par les pieds et me nourrit spirituellement." Les parents s’empressent de rencontrer le juge pour qu’il revienne sur sa sentence. Attablé avec son épouse, ce dernier se moque d’eux : "Si votre fils est encore en vie, les deux volailles que nous venons de rôtir vont se mettre à danser sur la table." Second miracle, la poule et le coq se dressent et dansent sous les yeux ébahis de tout le monde. Le juge fait alors dépendre le garçon et fait pendre la fille de l’aubergiste."

Ce récit avait pour but de mettre en garde les pèlerins sur le peu de scrupules qu’avaient de nombreux aubergistes. Ces derniers en profitaient certaines fois pour voler leurs hôtes ou pour les accuser de larcins.

La mystérieuse chèvre blanche

Poursuivons à Villefranche-de-Rouergue. Fondée par le frère du roi de France, Alphonse de Poitiers, c’est l’une des plus belles bastides du Sud-Ouest de la France. Son plan quadrillé organisé autour de la place Notre-Dame lui procure un charme sans égal. Parmi les sites emblématiques de la cité médiévale, la chartreuse Saint-Sauveur, la chapelle des Pénitents noirs et le site du Calvaire. C’est là, sur les hauteurs de la ville, que nous attend l’histoire d’une mystérieuse chèvre blanche !

Nombre de Villefranchois ne la connaissent pas ou font semblant de ne pas s’en souvenir. Aujourd’hui encore, son évocation fait trembler les plus anciens.

"Le jour de Pâques 1628, la peste entra dans Villefranche-de-Rouergue. Plus de 8 000 personnes moururent en quelques mois, dans des conditions affreuses. Le 15 août, jour de l’Assomption, l’épidémie cessa. Les orphelins étaient nombreux et personne ne savait réellement ce qui devait être fait pour assurer leur survie. Un vicaire de la paroisse eut l’idée de les conduire sur la colline de Saint-Jean-d’Aigremont, au pied de la chapelle, où se trouvait un troupeau de chèvres, qui les allaita et leur sauva la vie. Tard le soir, les voyageurs rencontraient parfois, au pied de la croix, une petite chèvre blanche qui bêlait doucement mais avec tristesse. Dès qu’ils tentaient de l’approcher, elle disparaissait dans la nature. Dans la contrée, on disait que cette chevrette était l’âme en peine d’un petit pestiféré qui n’avait pu être sauvé. On disait également qu’il ne fallait pas s’attarder près d’elle, sûrement porteuse de quelques maléfices. Depuis longtemps, dit-on, personne ne l’a revue, sans doute parce que Dieu a eu pitié de cette âme et l’a reçue en son Paradis."

Jusqu’au début du XXe siècle, il était de tradition de menacer les enfants désobéissants d’être amenés au Calvaire afin de les inciter à être sages.

"Le Najac" de Régis… Najac

Partons maintenant en direction de Najac, "Un des Plus beaux villages de France" édifié le long d’une arête rocheuse sur un méandre de la rivière Aveyron. Dominé par son impressionnante forteresse royale et son église Saint-Jean-l’évangéliste, la cité abritait autrefois une corporation de couteliers assez conséquente. Au lendemain de la croisade contre les Albigeois, Peyrot Vidal eut une idée tout à fait ingénieuse pour faire perdurer son activité.

"Au début du XIIIe siècle, Peyrot Vidal gagnait sa vie comme troubadour en voyageant sur les chemins d’Occitanie. Fort habile de ses mains, ce dernier travaillait aussi comme forgeron de lames quand il se trouvait dans la cité rouergate. Proche des dissidents albigeois, il fut contraint de fuir en Catalogne pour échapper aux troupes du roi de France et promit d’abjurer son art. L’interdiction étant faite aux défenseurs du catharisme de porter des lames aiguës, il décida de forger un couteau qui ne tranche pas et qui ne tue pas. Il conçut alors un couteau pliant dont la lame présente une extrémité arrondie. Ne se plantant pas, ce "couteau de Paix" pouvait être porté par tous. En souvenir de son lieu de création, il nomma ce couteau "Le Najac"."

Cette histoire permet de faire perdurer l’art de la coutellerie rouergate. N’hésitez pas à rendre visite à Régis Najac dans son atelier, rue du Bourguet. Vous pourrez le voir œuvrer avec différents matériaux tels que le bois, l’ivoire et-ou encore la bouse de vache séchée !

Bon à savoir

- Fête de la Saint-Barthélémy et de la fouace à Najac : du 20 au 22 août.- Visites commentées, traditionnelles, thématiques et nocturnes de Villefranche-de-Rouergue, de Villeneuve-d’Aveyron et de Najac, jusqu’en septembre.Contact office de tourisme Ouest Aveyron au 05 36 16 20 00 ou sur le site internet bastides-gorges-aveyron
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