Incendie du Sud-Aveyron : la vallée du Tarn de nouveau en proie aux flammes

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  • Des colonnes de renfort étaient déjà sur place pour les opérations de noyage. Comme les marins pompiers de Marseille, elles ont rapidement été mobilisées lorsque l’incendie a repris.
    Des colonnes de renfort étaient déjà sur place pour les opérations de noyage. Comme les marins pompiers de Marseille, elles ont rapidement été mobilisées lorsque l’incendie a repris. Photo Maxime Cohen - Midi Libre
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Alors qu’il était proche de l’extinction, l’incendie de Mostuéjouls est reparti samedi. D’importants moyens ont de nouveau été mobilisés sur place pour lutter contre les flammes. 1 000 personnes ont été évacuées.

La petite cité tranquille de la vallée du Tarn a retrouvé une ambiance apocalyptique, hier. Cinq jours après le début de l’incendie sur le causse de Sauveterre, les pompiers pensaient pourtant tenir le bon bout, mais le feu est reparti à Mostuéjouls.

Dans la matinée, le ton était plutôt détendu en lisière de forêt. L’heure est à la constatation et au noyage des quelques derniers foyers, avec l’espoir pour tous les pompiers, de retrouver leur lit très prochainement. "Nous sommes en phase de stabilité, explique le capitaine Sébastien Rouquette, à la manœuvre ce samedi. Le feu est toujours actif sur le flanc gauche. À droite et à l’avant, il est vraiment stabilisé." En matinée, des foyers sont aperçus, rapidement traités par les 200 soldats du feu encore sur le terrain. Tous sont plutôt optimistes quant à une extinction définitive. "Le feu est en voie d’être circonscrit et prochainement éteint", communique même la préfecture de l’Aveyron, en début d’après-midi.

C’était juste avant qu’une colonne de fumée, plus épaisse que les autres, ne ressorte des paysages lunaires, proche de la route du Massegros, au-dessus de Mostuéjouls. Et qu’elle ne donne raison à la prudence du capitaine de l’État-Major. Elle apparaît non loin des équipages en place pour de la surveillance. "Malgré cinq GIFF (groupe d’intervention de feu de forêt, NDLR) prépositionnés, le feu a sauté 500 m plus bas", détaille le colonel Souyris, du Sdis de l’Aveyron. Ce qui représente environ 80 personnes prêtes à défendre la forêt. "La reprise s’est faite dans le dos du dispositif, dans un endroit complètement inaccessible."

Les renforts aériens de retour sur place

Des colonnes avaient fait la route depuis Arles, pour l’incendie de Pied-de-Borne en Lozère. "Nous sommes arrivés après six heures de route, sur les coups de trois heures du matin", avoue l’un d’entre eux. Sans moyen aérien sur place, les pompiers ne peuvent que constater l’étendue des dégâts dans les pentes les plus raides. Là où avec toute la volonté du monde, il est impossible de dérouler le moindre mètre de tuyau.

Rapidement, l’incendie prend d’importantes proportions et un nouveau mur de fumée se forme, visible dans toute la vallée. Il est alimenté par un vent qui ne cesse d’augmenter et qui le pousse en remontant le cours du Tarn. Eole, encore et toujours, n’aide pas les pompiers. Un hélicoptère arrive rapidement sur place. Il enchaîne les allers-retours dans le Tarn pour s’alimenter et arroser les flancs du causse. Il est rejoint par un Dash, ces longs avions blancs armés de retardant. Lui aussi effectue des rotations. Les deux engins volants sont suppléés d’une flotte de trois avions bombardiers d’eau. Le feu avance tout de même, sans concession.

1000 évacués

Les fumées noires gagnent le ravin où d’un côté se trouve le village de Mostuéjouls et de l’autre Commayras. Les deux lieux de villégiatures sont une nouvelle fois évacués par les forces de l’ordre dans l’après-midi. En soirée, ce sont La Muse, Combaurie, le Mas-de-Lafon qui sont vidés de leurs habitants. Soit un total de 1 000 personnes. La préfecture demande aussi l’appui d’une colonne au sol. Les renforts affluent, mais le feu gagne du terrain sur les terrains escarpés. À 18 h, 70 hectares supplémentaires sont déjà brûlés. "La situation est inquiétante", reconnaît le colonel Souyris. Dans la tête de tous les pompiers sur place, c’est le retour à la case départ. Les scènes sont les mêmes que lundi soir, au début de l’incendie, dans des zones encore plus escarpées. Ils notent "des sautes de feu très importantes sur le flanc gauche du premier feu ont en effet généré un second sinistre, plus important que le premier, dans l’axe des gorges du Tarn". Les nuages, témoins d’une part d’un rafraîchissement de l’air, mais surtout, d’une pluie attendue ne sont pas arrivés en début de soirée, lorsque la tombée de la nuit a sonné la fin du ballet aérien. Quatre colonnes ont renforcé les trois présentes sur site. 560 pompiers étaient en action hier soir. Le dernier bilan établi au poste de commandement faisait état d’un total de 820 hectares ravagés par les flammes depuis lundi soir.

Pour faciliter le travail des pompiers la préfecture de l’Aveyron a annoncé une nouvelle fermeture de la D907 et de la D640 "jusqu’à nouvel ordre". Il s’agit de la route de la vallée du Tarn.

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COHEN Maxime
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