Workation, tracances, vacail... On ne manque plus d'imagination pour désigner la pratique du télétravail

  • Pour un ou deux jours, le travail sur les lieux de vacances intéresserait 24% des Français, selon une étude.
    Pour un ou deux jours, le travail sur les lieux de vacances intéresserait 24% des Français, selon une étude. demaerre / Getty Images
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(ETX Daily Up) - Contraction des mots "travail" et "vacances", cette pratique popularisée par les télétravailleurs provoque railleries et détournements sur les réseaux sociaux. Sur Twitter, les internautes laissent libre cours à leur imagination pour trouver de nouvelles définitions aux "tracances", un néologisme profondément antinomique.

Voilà un concept dont on parle depuis la montée en puissance du télétravail et le développement d’un mode de vie hybride : le workation. Un néologisme antinomique anglais, contraction de "work" (travail) et "vacation" (vacances), qui a suscité ce week-end railleries, mèmes et autres galéjades sur le réseau social Twitter. A la suite d’un reportage de France Info TV sur les "tracances", version française de ce néologisme, le sujet est monté en tendances sur le réseau social.



Les railleurs ont proposé à leur tour une exploration de ces termes, que le media Spotters, décryptant les tendances sur les réseaux sociaux, appelle "copypasta". On y trouve la contraction de travail et hôpital ("trapital"), celle du travail et du sexe ("trexe"), ou encore la contraction de burn-out et de travail ("burnail"). On pourrait de notre côté ajouter, avec de l'imagination, celle des vacances au travail ("vacail") ou encore du bureau en vacances ("buvac").




Critique d'une pratique antinomique

S'il est courant de voir apparaître des termes parodiques sur les réseaux sociaux, c’est aussi là une critique d’une pratique qui dit tout et son contraire. Laélia Véron, maitresse de conférences en stylistique et langue françaises, suggère d'ailleurs d'autres définitions de "tracances" qui "correspondraient mieux à la pratique".



Albert Moukheiber, docteur en neurosciences et psychologue, soulignait la contradiction du workation dans une interview accordée à ETX Studio : "Soit on travaille, soit on est en vacances, mais on ne peut pas faire les deux." Dans cette interview, le spécialiste proposait à son tour le néologisme "vacawork" pour pointer cette pratique anormale. "Est-ce que je peux inviter des amis à boire une bière au bureau ?" s’interrogeait-il.

Cette pratique de travail sur les lieux de vacances, concernerait environ 24% des Français selon une étude réalisée par le cabinet Génie des Lieux. Et sur LinkedIn, le réseau social professionnel, les entrepreneurs et indépendants en racontent les bienfaits.

Mais s'il est probable que cela convienne à certains travailleurs, peut-être est-il temps de s’interroger sur le bien fondé de ce terme et les conséquences du décloisonnement entre les temps de travail et de repos ?

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