L'Aveyron se souvient, 80 ans après, de la rafle de 185 juifs réfugiés dans le département

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  • Simon Massbaum, président de l'AMDJA (Association pour la mémoire des déportés juifs de l’Aveyron)
    Simon Massbaum, président de l'AMDJA (Association pour la mémoire des déportés juifs de l’Aveyron) -
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Les rafles se sont déroulés les 26 et 27  août 1942 dans 28 villes et villages du département. Sur les 185 personnes arrêtées, 148 ont été déportés vers le camp de la mort d'Auschwitz-Birkenau.

Le 26 août 1942, entre 5 et 7 heures du matin, partout dans les 43 départements de la zone libre et donc en Aveyron, gendarmes et policiers vont rafler des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants avec pour seul motif qu'ils étaient de confession juive.

Ce vendredi, 80 ans plus tard, sera commémoré ce tragique événement au cours duquel 185 juifs ont été raflés et internés au camp de Rivesaltes (Pyrénées-Orientales) et 148 d'entre eux déportés (47 hommes, 61 femmes et 40 enfants) vers le camp de la mort Auschwitz-Birkenau. Le plus jeune, René Herzaft est âgé de seulement 2 ans. Seuls 8 hommes en reviendront. Aucun enfant, ni aucune femme.

"Cette rafle a été prévue dès le mois de juin 1942, entre les autorités françaises et allemandes, explique Simon Massbaum, président de l'AMDJA (Association pour la mémoire des déportés juifs de l’Aveyron). Ils élaborent un programme visant à arrêter 40 000 juifs de la zone occupée dont 15 000 de la région parisienne." Le 16 juin, il est convenu que, dans un premier temps, 10 000 juifs apatrides de la zone non occupée soient livrés à l'occupant par les autorités françaises. Au début des négociations, les nazis avaient envisagé de rafler 100 000 juifs. Seules des difficultés d'organisation les ont empêchés de mettre leur tragique entreprise en place. "De nombreux juifs sont arrivés en Aveyron depuis la Belgique, après avoir fui la guerre et la répression. Ils avaient été répartis dans plusieurs villes et villages du département et ils vivaient sous la surveillance des autorités locales", poursuit Simon Massbaum.

Circulaire

Un mois plus tard, le 16 juillet se déroule à Paris et dans la région parisienne la rafle dite du "Vel d'Hiv". Les opérations sont lancées avant l'aube à 4 heures du matin pour s'achever le 17 juillet à 13 heures. 13 152 personnes (3 118 hommes, 5 919 femmes et 4 115 enfants) en seront victimes. En Aveyron, la rafle s'organise également. Le préfet de l'époque, Charles Marion adresse une circulaire aux responsables des brigades de gendarmerie et de commissariats. "Mais la hiérarchie n'informera de cette opération les policiers et les gendarmes que la veille, à 22 heures, pour éviter tout risque de fuite", raconte Simon Massbaum. Toutefois, certains parviendront à informer des familles avant que la rafle n'intervienne, leur sauvant ainsi la vie.

D'autres, travaillant dans différentes administrations ont pu mettre au courant certains juifs qui ont pu se mettre à l'abri. 73 personnes seront absentes lors des arrestations. Ceux qui ont été pris par les autorités, vont être regroupés dans les commissariats de Millau et de Villefranche-de-Rouergue, dans des salles des fêtes comme celle de Saint-Affrique ou dans une gare (Valady ou Capdenac). Neuf autocars vont converger vers Brusque, avant de rejoindre le camp de Rivesaltes. Les véhicules sont arrivés à destination vers 23 heures.

Anecdotes

La suite, dramatique, était déjà écrite. Mais au-delà des chiffres, cette tragédie a charrié avec elle son lot d'anecdotes qui sont à la mesure de l'évènement. " Plusieurs enfants ont été raflés alors qu'ils se trouvaient dans des centres de vacances. Ou encore, à Millau, une petite fille qui se prénommait Annette a été arrachée des bras de la famille chez qui elle se trouvait, sous la menace d'une arme. Elle a dû être livrée de force", évoque Simon Massbaum. Les autorités avaient ordre de mener ces opérations rapidement pour éviter "les rassemblements, l'agitation". A l'échelle de la région, la rafle menée dans la nuit du 26 au 27 août, contre les juifs apatrides et étrangers a conduit à 6 584 arrestations, bien loin des 10 000 promises aux Allemands par Vichy. 

En cette datte anniversaire, le souvenir de ces innocents déportés ressurgit. Durant toute la durée du conflit, en Aveyron, 391 juifs vont être déportés, 92 % seront exterminés.

 

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