Aveyron : la ferme Grimal relaxée de mauvais traitements sur ses agneaux

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  • Hélène Thouy défendait les intérêts de l'association L214 dans l'affaire.
    Hélène Thouy défendait les intérêts de l'association L214 dans l'affaire. Centre Presse - José A. Torres
Publié le , mis à jour

Le délibéré est tombé ce mercredi matin dans le procès de la ferme aux 100 000 agneaux de Rullac-Saint-Cirq.

Après plus de huit heures de débats et un procès souvent passionnant, en juin dernier, le tribunal de Rodez a rendu sa décision dans l'affaire Grimal, du nom de la plus grande ferme d'agneaux du département située sur la commune de Rullac-Saint-Cirq. Celle-ci avait été visée par une vidéo de l'association L214, lors du confinement de 2020. On y voyait plusieurs des animaux destinés au marché de la grande distribution en bien mauvaise posture. Mais finalement, l'enquête qui s'en était suivie n'avait pas véritablement décelé de mauvais traitements. Raymond et Johan, père et fils à la tête de la SARL, ont été relaxés sur ce point précis. L'asso L214, représentée lors du procès par Hélène Thouy, avocate et présidente du Parti animaliste, a été déboutée de toutes ses demandes. Sans surprise. Car en juin dernier, l'accusation s'était davantage penchée sur l'administration excessive d'antibiotiques aux animaux. 

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Condamnés pour une automédication excessive

 "On a prescrit des médicaments à tour de bras et il n'y a eu aucun contrôle. Le temps, c'est de l'argent pour ces messieurs. Et donc, on se doit d'être opérationnel comme ils disent et on peut faire n'importe quoi", avait souligné le procureur Bernard Salvador, avant de requérir une peine amende pour les exploitants. Le tribunal a suivi ces réquisitions : les Grimal devront s'acquitter de 5.000€ chacun. "La surmédication n'est qu'une conséquence de ces élevages intensifs. Il y a un véritable danger pour la santé publique... Et que représente une peine amende pour ces gens qui se versent chaque année des dividendes de l'ordre de six chiffres ?", avaient réagi, en juin dernier, les membres de l'association L214. "Vous êtes scandaleux ! Nous sommes des travailleurs nous ! On se lève le matin jusqu'au soir pour nos agneaux !", avait pour sa part lancé Raymond Grimal, 79 ans, aux services d'enquête au terme du procès. Aucune des parties n'était présente, ce mercredi matin, lors du délibéré.

Les vétérinaires également condamnés

Ils avaient été qualifiés d'un peu légers. Dans l'affaire des antibiotiques distribués "à tour de bras" au cheptel de la SARL Grimal, leurs vétérinaires, installés à Villefranche-de-Panat, étaient également poursuivis. Ils ont été condamnés ce mercredi à 10.000€. La justice ainsi que leur ordre national reprochaient à ces deux médecins expérimentés de ne pas avoir été assez regardants sur les commandes "excessives" de la famille Grimal. En 2019, 279 flacons de Draxxin furent achetés pour un peu plus de 100 000€. "Une quantité hors de raison", avait souligné un enquêteur à la barre, expliquant que le troupeau bénéficiait déjà d'aliments médicamenteux. Selon ses calculs, seuls 15 flacons auraient été nécessaires !

"Quand M. Grimal commandait 50 flacons, je savais qu'il en avait besoin. On a affaire à un professionnel. Les quantités peuvent paraître excessives, mais tous les chiffres sont excessifs dans ce genre d'élevage", s'était défendu l'un des vétérinaires. "La race Lacaune est extrêmement fragile", avaient appuyé les éleveurs. 

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