Canicules, records de températures, pluies : la Muretaine Margot Bador, climatologue de l'extrême

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  • À 34 ans, Margot Bador  est chargée de recherche  au CNRS à Toulouse, spécialisée dans les phénomènes météorologiques  extrêmes.
    À 34 ans, Margot Bador est chargée de recherche au CNRS à Toulouse, spécialisée dans les phénomènes météorologiques extrêmes. L'Aveyronnais - Emmanuel Pons
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Arrivée en Aveyron dès son plus jeune âge, la climatologue Margot Bador habite aujourd’hui près de Toulouse, ville où elle est chercheuse au CNRS, au sein du pôle météo de Basso Cambo.

"Mes parents ont flashé sur l’Aveyron." La petite Margot Bador n’a pas encore 10 ans. La famille est alors installée à Oullins, dans la métropole lyonnaise. Elle ne sait pas encore que tous viendront bientôt habiter dans une grande maison à la campagne, sur la commune de Muret-le-Château. "Ils avaient envie d’espace et ont été séduits par les paysages du causse Comtal."

Elle connaît déjà un peu le sud de la France puisque sa mère est originaire de Montpellier et que ses grands-parents sont installés à Béziers. Son père, lui, est Lyonnais.

Rodez, Toulouse, Sydney…

À Rodez, elle entre au collège Fabre puis au lycée Foch où elle décroche un bac S en 2006 avant de poursuivre ses études en prépa à Toulouse. Elle intègre l’Enseeiht (École nationale supérieure d’électrotechnique, d’électronique, d’informatique, d’hydraulique et des télécommunications) plus connue sous le nom d’N7. C’est dans l’hydraulique et la mécanique qu’elle se spécialise. "J’aimais les maths, la physique et ce qui touchait à l’eau, précise-t-elle. Et je savais que je voulais faire de la recherche." Deux années d’N7 où elle rencontre David, son futur compagnon avant quelques mois à Paris dans un labo de recherche d’océanographie, pour notamment étudier les cyclones. Puis un master sur le climat à l’école de la météo à Toulouse qui amène Margot à valider son master 2. Et un stage en Nouvelle-Calédonie autour des processus atmosphériques et océaniques.

Avec toutes ces expériences et ces connaissances emmagasinées, la jeune chercheuse prépare sa thèse sur les "canicules futures et les records de températures".

Mais Margot a toujours soif d’apprendre et se lance dans deux post-doctorats – sur le thème des précipitations extrêmes, type épisode cévenol – qu’elle va préparer en Australie – donnant des cours à l’université de New South Wales – où elle restera cinq années avec son compagnon, lui-même ingénieur hydraulique. C’est d’ailleurs à Sydney que naîtront leurs deux enfants, Émile et Lison, bien loin de l’Aveyron.

Chercheuse au CNRS

La jeune scientifique anticipe aussi son retour à Toulouse en préparant le concours d’entrée au Centre de national de recherche scientifique (CNRS). Concours qu’elle obtient en 2021, faisant valoir sa spécialisation sur les phénomènes extrêmes. Plus précisément, il s’agit "d’étudier les événements extrêmes de précipitations en Europe et de déterminer l’impact du changement climatique", explique-t-elle. Un sujet pour le moins d’actualité…

Désormais chargée de recherche, basée au pôle de Basso Cambo à Toulouse, elle s’attache désormais à faire une projection du climat actuel dans 80 ans, grâce au super calculateur de Météo France, pour ainsi tenter d’établir quelles seront les précipitations et les températures moyennes en 2100. À savoir demain puisqu’un enfant né aujourd’hui connaîtra la fin du siècle.

Le travail de Margot ne se limite pas à la seule recherche. Comme tous les scientifiques, elle publie des articles dans des revues spécialisées, monte des appels à projets pour trouver des financements et anime des conférences à travers le monde, la plupart du temps en visioconférence. Elle accompagne aussi des jeunes thésards et prend même du temps pour évaluer le travail de ses collègues à l’international.

La jeune maman entend aussi transmettre aux jeunes générations. Elle est ainsi intervenue auprès des écoliers de Cambon à Rodez. "Je veux leur dire que même quand on vient de l’Aveyron, qui est un peu loin de tout, on peut faire une belle carrière." Elle souhaite aussi sensibiliser les filles et favoriser leur accès aux études scientifiques, en pointant notamment les inégalités qui subsistent entre hommes et femmes.

Parce qu’avant d’être une brillante chercheuse, Margot Bador a d’abord été une jeune fille…

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A Toulouse, Emmanuel Pons
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