Agriculture : les 789 taurillons toujours bloqués au port de Sète vont être abattus à Rodez

  • L'abattoir d'Arsac a été réquisitionné par l'Etat.
    L'abattoir d'Arsac a été réquisitionné par l'Etat. Centre Presse Aveyron - José A. Torres
Publié le , mis à jour

L'abattoir d'Arsac, aux portes de Rodez, a été réquisitionné pour réaliser l'abattage de ces taurillons qui ont été refusés par les services vétérinaires algériens. 

Ce que l'on sait

  • Le 2 septembre à Sète, 780 taurillons d'origine française avaient embarqué sur un navire bétailler à destination de l'Algérie.*
  •  Après six jours de traversée, ils accostent au port d'Alger, où il vont se retrouver bloqués dans le navire, plus de deux semaines durant, à cause de ce que le ministère français de l'Agriculture appelle une "difficulté d'interprétation" administrative
  • Raison invoquée par le ministère pour cette euthanasie de près de 800 taurillons : les taurillons ont été "affouragés avec du foin algérien",  alors qu'une autre maladie bovine, la fièvre aphteuse, est présente en Algérie.

Abattus à Rodez, équarris à Agen, dans le Lot-et-Garonne : voilà l'avenir des 789 taurillons partis de Sète au début du mois de septembre pour l'Algérie d'où ils ont été refoulés. Une histoire qui fait grand bruit, tant du côté de certains paysans que d'associations de défense des animaux. Une histoire dans laquelle le département de l'Aveyron se retrouve mouillé bien malgré lui.

L'abattoir d'Arsac réquisitionné

Car l'Etat français a choisi l'abattoir d'Arsac, aux portes de Rodez, et géré par la coopérative agricole Unicor, pour réaliser l'abattage de ces 780 taurillons. Un bétail que les autorités sanitaires algériennes ont refusé de voir descendre du bateau pour des motifs réglementaires autour de la vaccination contre l'IBR (rhinotrachéite infectieuse bovine).

Reste que ces mêmes bêtes, entretemps, ayant été affouragées avec du foin algérien, les cas de fièvre aphteuse, virus présent en Algérie, sont redoutés. Résultat : le principe de précaution prédomine pour le gouvernement français qui a décidé  l'abattage de tout le troupeau. Et a donc réquisitionné l'abattoir aveyronnais.

Je me demande s'il n'y avait pas la possibilité de prendre une autre décision que celle-là

Du côté de la chambre d'agriculture de l'Aveyron, tout ne précisant que ce bétail n'est pas issu du territoire aveyronnais, on mesure les mots pour commenter cette décision. "Je ne connais pas le niveau de dangerosité du risque de retour de la fièvre aphteuse dans ce cas-là. Le monde agricole a fait beaucoup d'effort pour éradiquer de nombreux virus dont la fièvre aphteuse sur notre territoire, il faut donc être prudent", confie Jacques Molières, président de la chambre d'agriculture de l'Aveyron. "Mais je me demande s'il n'y avait pas la possibilité de prendre une autre décision que celle-là..."  

Unicor a également réagi par voie de communiqué, en "déplorant cette situation tant du point de vue de la bientraitance animale que du respect du travail des éleveurs Français". Le groupe se dit prêt à répondre à l'ordre de réquisition et "tient à souligner qu'aucun des 800 taurillons présents sur ce bateau ne sont issus de fermes d'adhérents de la coopérative".

Des voix s'élèvent 

"Cette décision n'est toutefois pas sans conséquence pour la chaîne d'abattage qui va devoir réquisitionner du monde ce week-end et assurer un nettoyage important". Les bêtes devraient être abattues durant le week-end,  puis transportées au Passage d'Agen, dans le Lot-et-Garonne, à l'usine Atemax pour l'équarrissage.

Pour l'heure, les taurillons sont toujours bloqués à Sète. Et de nombreuses voix s'élèvent face à ce qui est déjà considéré comme un nouveau fiasco dans le transport maritime d'animaux. 

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