Ski : depuis Laguiole, le président de la fédération française évoque d'éventuels JO d'hiver en France en 2034 !

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  • Fabien Saguez (52 ans), élu en juin dernier, était à Laguiole vendredi et samedi.
    Fabien Saguez (52 ans), élu en juin dernier, était à Laguiole vendredi et samedi. CPA - José A. Torres
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Le président de la fédération française de ski, Fabien Saguez, était de passage à Laguiole ce week-end, invité au rassemblement national des élus régionaux sur la formation des moniteurs fédéraux. Évoquant pour Centre Presse les JO, les incidences du dérèglement climatique ou encore l’évolution du tissu associatif.

Le bénévolat et sa reconnaissance sont au menu de ce week-end de séminaire réunissant des élus de la FFS. Un enjeu majeur pour vous ?

C’est clair : il y a une crise du bénévolat dans la société. Celle du covid ne nous a pas aidés sur l’individualisation des pratiques. On a été arrêté durant quasiment deux ans, particulièrement en ski où on n’a pas pu accéder aux stations lors de la première année. Mine de rien, ça a déclenché des comportements sur lesquels il faut que l’on se batte, qu’on prouve à tout le monde que l’attractivité d’un club est vraiment importante. Et qu’on peut apporter une valeur ajoutée dans l’accès à la pratique.

Justement, en termes de licences, y a-t-il un vrai trou ?

L’érosion est vraie dans toutes les disciplines. Chez nous, depuis deux ans, il y a une stabilité (environ 90 000 licenciés, NDLR). Mais on reste attentif car on pense que l’érosion peut être encore plus importante. Donc on a l’absolue nécessité de réviser notre modèle d’accueil de l’ensemble des membres et des licenciés, notamment en stations. Pour ça, l’offre tarifaire est très importante. Mais la multi-activité aussi. C’est-à-dire l’activité à l’année. Certains clubs sont capables d’accompagner sur le volet sport-santé par exemple. C’est une voie à poursuivre.

Pour revenir à votre présence à Laguiole, ça montre l’importance de ce qu’il se joue ici ?

C’est la vie de la fédération. Dans le cœur du réacteur de la fédération, il y a la compétition, ceux qui vont viser l’équipe de France, les médailles olympiques. Et puis le corps du tissu associatif qui se fait à travers les moniteurs fédéraux. Cette composante-là donne l’énergie à la fédération. Donc oui, c’est indispensable pour moi.

Il y a donc la base, mais aussi l’élite. Que vous connaissez parfaitement puisque vous avez occupé durant 16 ans et jusqu’à l’hiver dernier le poste de DTN à la FFS. C’est une saison importante à ce niveau avec les Mondiaux à Courchevel en février, alors que vous attaquez votre mandat. Comment cela se présente ?

Bien, car il y a beaucoup de dossiers que je connaissais déjà très bien. Un début de mandat, c’est aussi synonyme de changement de posture. Il y a la partie technique, que je maîtrise très bien, mais de laquelle il va falloir que je me détache pour aller dans la partie politique, au sens noble du terme. Sur les championnats du monde de ski alpin, il y a deux enjeux majeurs. D’abord de résultat, car il faut faire des médailles, qu’on réussisse nos Mondiaux à la maison.

Ça veut dire quoi d’ailleurs réussir ces Mondiaux ?

Je ne donnerai pas un nombre de médailles (rires), car il faudra venir le 10 octobre à Paris lors de la présentation officielle des équipes pour cela. Mais réussir, c’est avoir des athlètes conquérants. Et évidemment réaliser quelques médailles dont au moins un titre. Et la deuxième chose, c’est le rayonnement de la France à travers un événement comme celui-là. L’impact va se chiffrer en centaines de millions de téléspectateurs. C’est capital pour nous. En plus, on démarrera là toute une série d’événements internationaux qui amèneront jusqu’aux JO de Paris. Donc, on a l’obligation d’être bon.

Est-ce que ces Mondiaux ne peuvent pas être une sorte de répétition pour quelque chose d’encore plus grand : retrouver les Jeux d’hiver en France ? Portez-vous ce projet ? Vous semble-t-il réalisable ?

De toute façon, à terme, il sera réalisable, c’est sûr. La France a cette capacité-là. On l’a déjà fait trois fois : en 1924 à Chamonix, en 1968 à Grenoble et en 1992 à Albertville… Donc la période va arriver. Après, il faut aussi être honnête : avec les Jeux de Paris en 2024, on n’aura pas les Jeux en 2030. En 2026, ce sera Milan ; en 2030, ce serait vraisemblablement en Amérique du Nord. Donc, pour moi, la visée est à 2034. La FFS porte évidemment le fait de faire des Jeux à la maison. Ceux de Milan seront importants aussi pour la construction d’une candidature future. Il y a des idées qui sont en train de naître, en région Paca, il y a des choses qui sont en route.

Rhône-Alpes aussi semblait intéressé. Mais vous confirmez que ce serait plus au sud ?

Non. Loin de moi l’idée de me positionner. Là, on est dans la pure politique, ce n’est largement pas de mon niveau. Mais ce que je dis quand je croise des élus, c’est que toutes les initiatives vont être bonnes. Car qui dit candidature, dit structuration de nos territoires pour nos disciplines. On porte le fait de retrouver l’olympisme d’hiver en France dans les douze prochaines années.

De manière plus générale, un élément revient aussi quand on évoque les sports d’hiver : le dérèglement climatique.

Il y a plusieurs enjeux à ce niveau. En ce moment, on fait l’objet d’une campagne de destruction massive. La montagne serait les maux de l’ensemble de l’environnement. On nous explique que dans nos montagnes, on n’est pas vertueux. Il y a un vrai "ski-bashing". Mais je suis désolé, j’habite en montagne (à Chamonix), je suis un enfant de la montagne, j’ai toujours entendu qu’il fallait faire attention à l’utilisation de l’eau, à nos déplacements, à ce que l’on mangeait et ce que nous donne la nature. Il faut qu’on libère notre parole. On est totalement concerné par le bilan carbone. Un exemple : sur les calendriers internationaux, je ne cesse de me battre sur le fait qu’on arrive à être plus intelligent. Même si on est sur des disciplines à rayonnement mondial, qu’il faut aller en Asie, en Amérique, on peut peut-être ne s’y rendre qu’une fois par an ou une année sur deux. Avoir aussi plus de cohérence en Europe en termes de distance.

Quand vous évoquez le "ski-bashing", vous pensez au sujet des enneigeurs artificiels ?

Exactement. Des enneigeurs et de l’utilisation de l’eau. On est sur des territoires qui génèrent une activité économique. De là à ce qu’on nous dise qu’il faut arrêter notre activité… Mais aujourd’hui, c’est 400 000 emplois, des milliards de chiffre d’affaires restitués dans l’économie de nos territoires. Évidemment, pour faire vivre ces territoires, il faut de la neige, naturelle et avec enneigeurs. Cet été, j’ai sillonné la montagne et j’ai vu des agriculteurs qui m’ont dit : "Merci d’avoir créé des retenues collinaires", pour nourrir leurs vaches. Quand il pleut en montagne, cette eau est restituée au domaine public, quoi qu’il arrive. Car quand on produit de la neige, on ne met rien de spécial dedans.

Avec le manque de neige, comme c’est le cas ici à Laguiole où la pratique des activités d’hiver est rendue de plus en plus délicate, comment voyez-vous l’avenir ?

Globalement, l’approche quatre-saisons est la bonne dans les régions de moyenne montagne. J’ai pris le temps de traverser le plateau pour venir ici, des territoires pareils pour la pratique du vélo, du VTT, de la marche... C’est idéal, on peut donner du bonheur aux gens.

 

À Laguiole pour préparer l’avenir des ski clubs

Une trentaine d’élus de la FFS issus des 17 comités que compte l’Hexagone s’est rassemblée de vendredi à dimanche à Laguiole pour plancher notamment sur la formation des cadres et moniteurs fédéraux, maillons essentiels de la pratique. Un lieu de rendez-vous à l’initiative du comité Cévennes-Languedoc (dont fait partie l’Aveyron et fort de 1 700 licenciés) du président Christophe Bruneaux De La Salle.
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Aurélien Parayre
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