Marc Censi, ancien maire du Piton : "Rodez doit beaucoup à Pierre Soulages"

  • Une belle amitié unissait les deux hommes.
    Une belle amitié unissait les deux hommes. Centre Presse Aveyron - José A. Torres
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Maire de 1983 à 2008, Marc Censi s'était lié d'amitié avec le maître de l'outrenoir. 

Sa première rencontre avec Pierre Soulages, Marc Censi s'en souvient comme si c'était hier. "Et il ne s'était pas passé grand-chose" rigole celui qui fut maire de Rodez de 1983 à 2008. "C'était en 1976, une cérémonie avait été organisée pour la remise du prix Rembrandt. Il y a eu quelques mots d'échanges, mais j'étais très intimidé". 

Je suis arrivé dans son atelier à 9 h et je n'en suis reparti que le soir...

Quelques années plus tard, Marc Censi, élu, lance une réflexion sur la politique culturelle de la ville. "On évoque la cathédrale, Denys-Puech, Fenaille... et on lance la tentative de rencontrer Pierre Soulages. De l'arrimer d'une manière ou une autre à Rodez."  Quelque temps plus tard, Pierre Soulages l'accueille dans son atelier à Paris. "J'y suis arrivé à 9 h, je n'en suis reparti que le soir... mais à ce moment-là, nous n'avons même pas évoqué l'idée de faire un musée. D'autant qu'il venait de s'engager avec Sète"

Quand Pierre Encrevé a refusé les voix du FN...

Pour Marc Censi, et le biographe de Pierre Soulages, Pierre Encrevé le lui avait soufflé à l'oreille, une bascule s'est opérée en 1998 quand, alors qu'il présidait la Région Midi-Pyrénées, il a refusé les voix du Front National qui lui auraient permis de garder la présidence de la Région. "Il a vu l'information à la télé, et a dit à Colette : je fais une donation à Rodez. Pierre Soulages me l'a raconté quelques années plus tard. Comme quoi, à quelque chose malheur est bon", sourit l'ancien édile.

Sa première donation de 250 oeuvres en 2005 reste la plus importante

Car cette donation, la première, de 250 œuvres, en 2005,  reste la plus importante. Et reste celle qui a ouvert la voie à la construction  du musée. "Mais Pierre Soulages s'inquiétait de la possibilité de la ville à supporter une telle charge" se souvient Marc Censi, qui pourrait écrire un livre sur toutes ces années d'amitié avec Pierre Soulages. Et qui ont finalement vu le maître de l'outrenoir revenir vers cette ville de Rodez qu'il avait quittée  à ses 18 ans. "Rodez lui doit une grande reconnaissance. Rodez est devenue une ville qui a le musée Soulages. Les tour-opérateurs ignoraient Rodez avant cela". 

"J'ai une grande peine pour Colette"

Quelques instants après avoir appris la mort de Pierre Soulages, Marc Censi avait surtout  une pensée pour Colette, l'épouse du peintre. "J'ai une grande peine pour Colette. Parce qu'il faut parler du couple. Pierre Soulages n'en serait pas arrivé à ce qu'il était sans la présence de Colette. Quand il parlait il cherchait toujours l'assentiment de Colette".  Au printemps dernier, il était allé à leur rencontre à Sète. "Je dois le dire, j'avais eu pressentiment... je l'avais trouvé fatigué. J'ai eu Colette au téléphone il y a quelques minutes, c'est très dur. Mais 80 ans de vie commune, rendez-vous compte..."  

"Un homme exceptionnel"

Marc Censi était naturellement très ému, mercredi 26 octobre, en apprenant la mort de Pierre Soulages. "Tout le monde connaît le peintre et son œuvre, et j'ai pour ma part  eu la chance de rencontrer un homme exceptionnel. Un homme d'une grande réflexion sur tous les sujets. Un homme toujours intéressant à écouter.  Il a toujours cherché la lumière, j'espère qu'il la trouvera".

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