La Balaiterie dépoussière l’artisanat du balai de paille

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    La Balaiterie dépoussière l’artisanat du balai de paille
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Après s’être formés au métier auprès de l’un des derniers balaitiers français, Arnaud et Marie-Laure Gabriel ont installé leur atelier de fabrication de balais en Normandie. Habillé de couleurs vives, ce dernier devient objet de design.  

Au cœur du pays de Caux, l’atelier d’Arnaud et de Marie-Laure Gabriel redonne des couleurs aux balais de paille. Il fallait oser se lancer dans la formation, la fabrication et la vente d’un produit artisanal en perte de vitesse. Mais le couple n’a pas longtemps hésité avant de racheter une ancienne machine à fabriquer des balais de paille sur internet et de demander à leur vendeur de les former au métier, chez lui dans le Gard. Un an plus tard, à force d’essai et de créativité, leur pari porte ses fruits.

Relancer et rajeunir un artisanat d’antan

Après dix années à gérer une agence indépendante de location de matériel BTP, le couple d’entrepreneurs décide de vendre et de recommencer à zéro. Au hasard de leurs recherches internet pendant le confinement, ils s’intéressent aux machines d’un ancien balaitier. Il ne leur en a pas fallu beaucoup plus pour se lancer dans l’aventure du balai de sorgho. Le balaitier à la retraite les met tout de même en garde : il ne vendait plus que deux balais par semaine à la fin de sa carrière.

Mais Arnaud et Marie-Laure Gabriel restent optimistes. Ils souhaitent non seulement relancer un artisanat d’antan, mais surtout le rajeunir . "Je fais aujourd’hui un métier exaltant, à la fois manuel et créatif. Et puis, la paille ça sent bon et c’est agréable à travailler.", raconte Arnaud Gabriel. A la fois cultivateur de la matière première, teinturier et producteur des articles, le couple se passionne pour sa nouvelle activité. Mais ce qui l’ anime, c’est avant tout la possibilité de travailler un produit local, de A à Z, depuis son domicile.

"On ne souhaite pas massifier notre production, on fait avant tout de l’artisanat"

Balais, balayettes ou encore tapettes à mouches en paille et aux manches colorés se dessinent dans la tête de Marie-Laure. Ces pièces, plus objets de décoration qu’ustensiles de ménage, prennent vie entre les mains d’Arnaud. Le succès est rapidement au rendez-vous en France, mais également à l’international grâce à la visibilité de leur site internet. Etats-Unis, Norvège, Finlande, Canada : les concept-stores et boutiques de décoration du monde entier les sollicitent. Mais le couple campe sur ses positions malgré la demande grandissante. "On ne souhaite pas massifier notre production, on fait avant tout de l’artisanat".

Il faut dire que le métier de balaitier prend du temps. Le sorgho est semé puis fauché avant que le travail manuel ne prenne le relais. Les bottes sont mises à sécher puis désinfectées au souffre avant d’être coupées et teintées dans l’atelier de la maison. Il faut plus de deux heures à l'artisan pour fabriquer un balai. "Comme autrefois, j’ai formé de petites mains qui travaillent à l’article de chez eux, payées à la pièce réalisée.", ajoute l’artisan.

BPI France
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