Le Saint-Affricain René Poujol, un "catholique en liberté" qui ne sort jamais sans son crayon de pèlerin

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  • Ancien directeur de la rédaction de l’hebdomadaire "Le Pèlerin", le journaliste natif de Saint-Affrique René Poujol a lancé son blog, baptisé Cath’lib, en 2009  et sorti un nouveau livre, intitulé "Catholique en liberté", en 2019. Il en a parlé mardi, à Rodez, à l’occasion d’une conférence proposée par l’Université du temps libre (UTL), dans la chapelle de Saint-Joseph.	Rui Dos Santos Ancien directeur de la rédaction de l’hebdomadaire "Le Pèlerin", le journaliste natif de Saint-Affrique René Poujol a lancé son blog, baptisé Cath’lib, en 2009  et sorti un nouveau livre, intitulé "Catholique en liberté", en 2019. Il en a parlé mardi, à Rodez, à l’occasion d’une conférence proposée par l’Université du temps libre (UTL), dans la chapelle de Saint-Joseph.	Rui Dos Santos
    Ancien directeur de la rédaction de l’hebdomadaire "Le Pèlerin", le journaliste natif de Saint-Affrique René Poujol a lancé son blog, baptisé Cath’lib, en 2009 et sorti un nouveau livre, intitulé "Catholique en liberté", en 2019. Il en a parlé mardi, à Rodez, à l’occasion d’une conférence proposée par l’Université du temps libre (UTL), dans la chapelle de Saint-Joseph. Rui Dos Santos L'Aveyronnais - Rui Dos Santos
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Né à Saint-Affrique en 1948, ce journaliste et écrivain a signé une belle carrière. Il a également lancé en 2009, quelques mois avant de faire valoir ses droits à la retraite, un blog, baptisé Cath'lib.

Il est né le 4 mai 1948, à Saint-Affrique. Et le 4 mai, dans la ville aux sept collines, est synonyme de grande foire. Un jour très festif, quasiment férié. Cette naissance a fait le bonheur du frère et de la sœur aînés, à un bémol près. Comme il n’y a jamais école à cette date-là, ils étaient impatients d’aller à la fête foraine. Mais, avant de profiter des manèges et autres friandises, ils ont dû passer par la maternité (privée) pour faire connaissance avec le petit dernier.

René Poujol aime ainsi raconter des histoires. Des anecdotes parfois mais aussi des choses plus sérieuses. Son blog, lancé en 2009 et baptisé Cath’lib, fourmille d’exemples : "Je me souviens d’avoir eu 20 ans en mai 1968. Cela me dispense de vous dire mon âge. Je suis un "immigré de l’intérieur", exilé à Paris depuis un demi-siècle, mais natif des confins du Languedoc et du Rouergue méridional. Quelque part entre le viaduc de Millau, l’abbaye de Sylvanès et les caves de Roquefort".

Il parle également volontiers de son regard sur le travail de Pierre Soulages : "Je n’ai pas trop vibré jusqu’à ce que je découvre les outrenoirs. J’ai été ébloui lors de l’exposition parisienne au centre Pompidou, à Beaubourg, pour les 90 ans de l’artiste, en 2009. Une véritable révélation ! Je viens chaque année au musée Soulages à Rodez et j’ai une belle passion pour les vitraux de Conques, pour les traditions monastiques".

Intarissable, il fait aussi allusion à son abonnement à La Vie, le journal dont il se dit "le plus proche" : "Je l’ai fait par internet et, quand j’ai rempli, un peu vite, le formulaire, je n’ai pas voulu mettre "retraité" à la ligne métier. J’ai souhaité écrire journaliste et blogueur, qui est devenu... blagueur ! Cela me fait sourire chaque fois que je vais à la boîte aux lettres". Toujours au niveau des clins d’œil, René Poujol aborde cette carrière en politique qu’il n’a pas embrassée : "C’est vrai que j’aurais adoré être élu député de la 3e circonscription ou maire de Saint-Affrique. Pour mon côté bavard, beau parleur, aimant faire des effets de manche, avec le sens de l’intérêt général. Mais, j’étais trop tendre !".

Un grand défenseur du scoutisme

Fils de "terres sauvages faites d’immensités semi-désertiques et d’avens profonds", René Poujol est issu d’une famille catholique, élevé chez "les bons pères". à la question de savoir pourquoi il est toujours catho à plus de 70 ans, la réponse est à l’image du personnage : "Je n’ai jamais trouvé à ce jour de raison suffisante pour cesser d’être croyant".

Après une scolarité saint-affricaine, dans le privé (Saint-Jean-Baptiste pour le primaire, Saint-Gabriel pour le secondaire), après s’être engagé dans le scoutisme, "pour faire du sport, être dans la nature", après avoir participé à la création du Cosmo-club au lycée, avec des voyages en Suisse, en Italie, en Allemagne..., après un brillant parcours dans les centres aérés de la paroisse (moniteur, puis directeur), avec des séjours pour plus de 200 gamins à Saint-Félix-de-Sorgues ("Ce sont les meilleurs étés de ma vie"), René Poujol a commencé par du droit à Toulouse, avant de monter à la capitale pour découvrir le journalisme à l’Efap, une école polyvalente. Il est ainsi arrivé à Paris en 1972 et n’a jamais (re)mis le cap au sud. Il célèbre ainsi un demi-siècle de fidélité.

Très proche de l’abbaye de Sylvanès

Tandis qu’il a mis le pied à l’étrier en tant qu’attaché de presse de l’ORTF, pour la dernière année d’existence de l’office de radiodiffusion-télévision française, présidé par Jacqueline Baudrier, étant au contact des réalisateurs, des producteurs, et présent sur les plateaux du journal, il a ensuite été recruté par Bayard afin de s’occuper, pour "Notre temps", magazine ciblant les seniors, des rubriques "législation sociale et retraites".

Il est ainsi resté fidèle au groupe de presse catholique mais a rejoint, en 1977, la rédaction de l’hebdomadaire "Le Pèlerin", dont il a assuré la direction de 1999 à 2009. Il n’a pas oublié certains chiffres : "50 journalistes, 230 000 exemplaires par semaine et quelques centaines d’éditoriaux qui disaient la position du magazine, plus que la mienne propre, sur l’actualité et les grands débats de société". "Je m’y suis épanoui, dans cette entreprise qui m’a fait confiance, qui m’a donné les moyens, qui m’a couvert, se réjouit-il. Je n’ai jamais été un "massacreur" mais librement critique".

Ce ton, René Poujol l’a d’ailleurs gardé sur son blog, Cath’lib, créé en 2009, sur lequel il se qualifie de "journaliste, citoyen, catho en liberté", mais également dans ses livres, dont le dernier, "Catholique en liberté", est sorti en 2019. S’il est "ravi de vivre à Paris", le Saint-Affricain n’a pas coupé les ponts avec l’Aveyron, où il a gardé la maison familiale. Il est attaché à l’abbaye de Sylvanès, ayant écrit plusieurs ouvrages avec le père André Gouzes : "Il m’a appris à respirer la liberté !".

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