Le chiffre du jour : nous serons huit milliards d'êtres humains sur Terre ce 15 novembre !

  • On franchit un cap symbolique ce mardi 15 novembre.
    On franchit un cap symbolique ce mardi 15 novembre. Illustration Pixabay - Gerd Altmann
Publié le , mis à jour

La population mondiale devrait franchir un nouveau cap ce mardi 15 novembre, ce qui pose de nombreuses questions.

"Nous attendons la naissance du huit milliardième habitant de la planète Terre, salue le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres. C’est l’occasion de célébrer notre diversité, de reconnaître notre humanité commune et de nous émerveiller des progrès en matière de santé qui ont permis d’allonger la durée de vie". Mais c’est aussi "un rappel de notre responsabilité partagée de prendre soin de notre planète, et un moment pour réfléchir aux domaines dans lesquels nous ne respectons pas encore nos engagements les uns envers les autres", ajoute-t-il, tempérant quelque peu son enthousiasme.  Ce chiffre masque, en effet, de nombreuses disparités et enjeux.

1. La population a doublé en cinquante ans

Nous n’avons jamais été aussi nombreux à cohabiter ainsi sur la planète bleue et ce n’est pas fini. Selon les dernières projections de l’ONU, la population mondiale devrait atteindre environ 8,5 milliards en 2030 et 9,7 milliards en 2050, avant de connaître un pic d’environ 10,4 milliards dans les années 2080 et de se stabiliser ensuite à ce niveau jusqu’en 2100. Mais, dans les faits, la démographie augmente à son rythme le plus lent depuis 1950, ralentie désormais par une baisse de la fécondité dans de nombreux pays, et, surtout, elle évolue à deux vitesses. "La population de l’Afrique subsaharienne devrait presque doubler d’ici 2050, alors que celle de l’Europe et de l’Amérique du Nord n’augmentera que de 0,4 %", résume l’Institut national d’études démographiques (Ined).

2. Où auront lieu les plus fortes augmentations ?

Les plus fortes augmentations de population devraient avoir lieu d’ici à 2050 en République démocratique du Congo, en Égypte, en Éthiopie, au Nigéria, au Pakistan, aux Philippines et en Tanzanie, selon l’Ined, mais aussi en Inde qui devrait devenir le pays le plus peuplé du monde devant la Chine en 2023.

3. Pauvreté, santé, écologie, à quoi s'attendre ?

La poussée démographique pose déjà de nombreux défis en Afrique, particulièrement impactée. Une augmentation rapide de la population rend, notamment, plus difficile l’éradication de la pauvreté et la lutte contre la malnutrition. Les services publics doivent également suivre.

"Les pays doivent investir dans le développement de leur capital humain, en garantissant l’accès aux soins de santé et à une éducation de qualité à tout âge et en favorisant les possibilités d’emploi productif et de travail décent", prévient déjà le Département des affaires économiques et sociale (Desa) de l’ONU. Un enjeu essentiel face à la crise migratoire et alors qu’on meurt toujours sept ans avant en moyenne dans les pays défavorisés, au moment où l’espérance de vie continue de croître au niveau mondial (elle devrait atteindre 77,2 ans en 2050).

L’augmentation de population ne sera pas non plus sans impact sur le réchauffement climatique. "L’accroissement de la population est un facteur important de pression sur l’environnement, mais ce n’est pas le seul, nuance toutefois le démographe Jacques Véron, cité par 20 Minutes. Si on regarde les émissions (de gaz à effet de serre, NDLR) par habitant, les États-Unis devancent nettement la Chine. Autrement dit, il ne faut pas tenir la population comme responsable de tout ce qui va mal, mais ajouter dans l’équation les effets "modes de vie" et "technologie", tout aussi déterminants".

4. Quelles perspectives économiques ?

L’évolution démographique ouvre, par ailleurs, de nouvelles perspectives économiques. La part de la population en âge de travailler (entre 25 et 64 ans) augmente dans les pays en voie de développement, offrant l’opportunité d’accélérer la croissance s’ils parviennent à faire de cette jeunesse une chance. Alors que la population mondiale vieillit, elle, globalement, ce qui pose d’autres questions sur le partage de l’activité, l’efficience des systèmes de santé et de solidarité, avec le délicat sujet du financement des retraites, sur lequel planche le gouvernement français.
S’agissant de la population sur Terre, la question n’est donc pas tant aujourd’hui “combien”, mais “comment”.

Centre Presse Aveyron
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