Bijouterie et gravure à la main : l'Aveyronnaise Charlène Bert tient une enseigne historique à Toulouse

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  • Charlène Bert a repris une enseigne historique de la rue de la Colombette à Toulouse.
    Charlène Bert a repris une enseigne historique de la rue de la Colombette à Toulouse. L'Aveyronnais - Emmanuel Pons
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Passionnée depuis toujours par la bijouterie et spécialisée dans la gravure à la main, Charlène Bert a repris, à 25 ans, une enseigne historique de la rue de la Colombette à Toulouse. Une affaire qu’elle fait prospérer et un savoir-faire qu’elle souhaite transmettre pour ne pas que son métier disparaisse.

Très tôt, Charlène Bert a su qu’elle voulait travailler dans la bijouterie et qu’il faudrait pour cela qu’elle quitte Saint-Rémy, son village d’origine, dans le Villefranchois.

Née en 1993 à Rodez, elle est scolarisée à Villeneuve-d’Aveyron, puis au collège Francis-Carco de Villefranche-de-Rouergue et enfin au lycée Raymond-Savignac dans la même ville.

"À 12-13 ans, déjà, j’étais intéressée par la bijouterie. Mais mes parents m’ont tout de même poussée à faire une seconde générale. Une année de lycée que j’ai trouvée terriblement longue", se souvient la jeune femme.

"Ma mère pleurait sur le quai"

Du haut de ses 16 ans, elle décide alors de quitter son village pour partir suivre les cours de l’école de bijouterie de Saumur (IBS) dans le Maine-et-Loire, à plus de 400 km de chez elle, et y préparer un CAP en alternance pendant deux ans.

Un besoin de s’ouvrir au monde et un éloignement choisi et assumé : "Je prenais le train toute seule depuis Cahors pour neuf heures de voyage, se souvient-elle. Ma mère pleurait sur le quai. C’est ce qui a forgé mon caractère. J’étais vraiment déterminée !"

Elle passe alors une semaine par mois à Saumur, logée dans un foyer, et trois semaines en apprentissage chez Emmanuel Bouquié, bijoutier rue de la République à Villefranche-de-Rouergue. Et obtient son CAP Art et technique de la bijouterie joaillerie en 2011 avant d’enchaîner avec une mention complémentaire obtenue l’année suivante alors qu’elle est, cette fois-ci, apprentie chez M. Truel à Decazeville.

Trois diplômes en quatre ans

Chez ce même artisan, aujourd’hui retraité, elle décroche en 2013 un nouveau CAP Art et technique de la bijouterie, option sertissage. Trois diplômes en 4 ans ! Mais la jeune Aveyronnaise a toujours soif d’apprendre et fait une rencontre qui va marquer sa vie et déterminer la suite de sa carrière.

"Cette année-là, j’ai voulu me spécialiser en gravure chez M. Gaillard, à Toulouse, en alternance avec les cours au lycée professionnel des métiers d’art (SEPR) de Lyon." Et c’est un nouveau CAP – Métier de la gravure, option gravure d’ornementation – décroché en 2015 à la prestigieuse école Boulle de Paris. "On était neuf à l’examen et seulement cinq ont été diplômés sur toute la France", se rappelle-t-elle.

Une rencontre décisive

Elle est embauchée en suivant chez Pierre Gaillard, un graveur qui a pignon sur rue dans le quartier Saint-Aubin. Elle lui succède en 2018 – elle n’a que 25 ans – quand ce dernier prend sa retraite en juin 2018. "Une vraie belle rencontre !", insiste Charlène Bert. Elle conserve d’ailleurs le nom de la boutique : "Ça ne me dérange pas du tout qu’il y ait toujours Gaillard sur la vitrine. D’ailleurs, il arrive que les clients m’appellent Madame Gaillard. Ça me fait rire !"

Charlène Bert s’épanouit à Toulouse : "Ma vie, elle est ici !", assure-t-elle.
Charlène Bert s’épanouit à Toulouse : "Ma vie, elle est ici !", assure-t-elle. L'Aveyronnais - Emmanuel Pons

"Il est pour moi comme un second papa qui transmet son savoir-faire à sa fille, souligne-t-elle. Même s’il m’a cédé son entreprise, il est toujours présent et bienveillant. Il est même resté un an pour la passation."

Pourtant, l’histoire n’était pas écrite. "Les apprentis, je n’en veux pas, ça se passe mal", disait alors M. Gaillard quand la jeune Charlène s’est présentée à lui. "Papa, réfléchis, t’as 60 ans, essaye une dernière fois", a alors insisté sa fille Justine qui travaillait avec lui.

Transmettre sa passion

"Je pense que sans Justine, je ne serais pas là", avoue la jeune Aveyronnaise.

"Avec Monsieur Gaillard, on a une réelle complicité même si je le vouvoie toujours. D’ailleurs, je l’appelle encore patron", sourit-elle. Aujourd’hui, à presque 30 ans, Charlène Bert dit être "très fière de son parcours" Elle envisage désormais de rénover la boutique dans cette rue de la Colombette qu’elle apprécie – "le quartier est super" –, de relooker le site internet et surtout de continuer à transmettre à ses apprentis et à faire connaître la gravure à la main "parce que c’est un métier qui disparaît, remplacé par la gravure laser…. Je suis peut-être l’une des dernières à Toulouse à graver à la main sur les bijoux", insiste-t-elle. Et ses clients qui pour certains viennent de Bordeaux, Montpellier ou même de plus loin ne s’y trompent pas

Et comme la jeune Aveyronnaise a toujours soif d’apprendre et d’approfondir son art, elle a le projet de se présenter au concours du Meilleur ouvrier de France (MOF) afin d’acquérir une renommée nationale voire internationale et toucher ainsi une clientèle plus large. "Un vrai challenge !", s’enthousiasme-t-elle.

Gaillard Gravure 64, rue de la Colombette à Toulouse. Tél. : 05 61 63 99 62
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