Le triste sort que connaissent des dizaines de milliers de bovins français exportés vers l'Espagne

  • Entassés dans les centres d'engraissement, certains bovins ne tiennent pas le choc.
    Entassés dans les centres d'engraissement, certains bovins ne tiennent pas le choc. Reproduction Centre Presse Aveyron - Welfarm
Publié le , mis à jour

Une enquête de l'association Welfarm révèle ce mercredi 23 novembre qu'en 2021, 471 000 bovins ont été exportés depuis la France et l'Occitanie vers l'Espagne à des fins d'engraissement avant d'être exportés hors union européenne... quand ils ne meurent pas avant.
 

En partenariat avec deux autres ONG, Animal Welfare Foundation (AWF) et Animals International, l'association Welfarm est aller enquêter dans des centres d'engraissement pour bovins (ou "feedlots") de la région de Murcie (Sud de l'Espagne). En 2021, ce sont 471 000 bovins français qui ont ainsi pris la direction de l'Espagne pour la reproduction, l’engraissement et la boucherie. Sur ce chiffre, 85 200 broutards et 34 000 jeunes bovins mâles et femelles étaient destinés à l’engraissement. Ils sont censés ensuite prendre la direction de pays tiers, hors Union européenne, principalement l'Afrique du Nord et le Moyen Orient, à bord de cargos "hors d'âge", note l'association.

Surpeuplés

Mais beaucoup ne passeront pas l'étape des "feedlots". L'enquête de Welfarm, en trois volets et disponible sur la plateforme de streaming payant Vakita, révèle dans quelles conditions déplorables ces bovins sont engraissés.  "Les parcs d’engraissement espagnols représentent un danger sanitaire, raconte Adrienne Bonnet, une des responsables de Welfarm. Ils sont surpeuplés, les normes d’hygiène y sont médiocres, la nourriture ne correspond pas aux besoins des animaux. Beaucoup sont malades quand ils ne sont pas abandonnés morts sur place."

Des bovins venus d'Occitanie

L'ONG a retrouvé ainsi les cadavres de plusieurs animaux morts laissés dans un coin dans un de ces centres d'engraissement de la région de Murcie. Grâce aux données figurant sur leur boucle d’identification, elle a constaté que bon nombre de ces bovins morts provenaient des Pyrénées-Orientales, du Tarn, de l’Aude et de Corrèze. Ils ont ainsi été envoyés en Espagne vers l’âge de 8 mois.

Le deuxième volet de l'enquête de Welfarm s'arrête sur les conditions d'embarquement de ces bovins sur les "cargos-poubelles", depuis les ports de Carthagène ou de Tarragone. "43 des 78 navires exportant des animaux de France ou d’Espagne figurent sur la liste noire du Memorandum de Paris1. Les navires bétaillers sont les plus anciens et les plus dangereux du monde", commente Iris Baumgärtner, responsable de projet et vice-présidente d'AWF. Ces animaux partent vers l'Afrique du Nord ou le Moyen Orient, pays qui n'ont pas ou peu de législation concernant la protection et le bien-être des animaux, note Welfarm

L'affaire des taurillons abattus à Rodez

Le dernier volet présente le résultat de l'enquête à des éleveurs qui ont envoyé leurs animaux en Espagne.

La France exporte chaque année 1,5 million de bovins. L'association Welfarm et d'autres ONG souhaite mettre fin à l'exportation d'animaux vivants pour les remplacer par des carcasses. Elle avait révélé en septembre dernier l'affaire des 789 taurillons français, bloqués durant des jours sur un cargo devant le port d'Alger pour un imbroglio administratif, qui ont dû revenir en France pour être abattus à Rodez.

(1) Le Mémorandum de Paris est un accord international signé en 1982 par 27 nations maritimes, qui vise à améliorer la sécurité maritime par un meilleur contrôle des navires dans les ports. 
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Les commentaires (3)
Altair12 Il y a 2 mois Le 26/11/2022 à 20:24

"sans arrêt". Pardon.

Altair12 Il y a 2 mois Le 26/11/2022 à 08:50

Nos députés pérorent et s'agitent sans à l'assemblée nationale sur de vains sujets qu'attendent-ils pour résoudre les vrais problèmes qui ne manquent pas ? ? ?

Brubru Il y a 2 mois Le 26/11/2022 à 11:35

Les parlementaires sont simplement à l'image d'une grande partie des Français qui préfèrent fermer les yeux sur le traitement infligé aux animaux d'élevage. L'important pour beaucoup, c'est leur assiette et leur morceau de viande...