Rodez. Climat, sécheresse, aides... Le monde agricole de l'Aveyron au cœur d'une conjoncture difficile

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  • Une invitation à "prendre en compte les attentes sociétales"
    Une invitation à "prendre en compte les attentes sociétales"
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Xavier Buisson

Aides et soutiens en matière d’installation, de transmission, enjeux environnementaux… Invité de la session de la chambre d’agriculture ce lundi 28 novembre, le vice-président de la Région en charge de l’agriculture a pu échanger avec les représentants du monde agricole aveyronnais autour des problématiques actuelles alors que bouleversements climatiques et énergétiques rebattent les cartes pour toute une profession.

La situation n’est pas rose pour l’agriculture aveyronnaise, du fait d’un contexte économique inédit qui impacte lourdement les finances. Du côté des exploitants, les difficultés d’aujourd’hui ne font pas oublier celles qui s’annoncent pour demain, avec des inquiétudes, notamment, par rapport au renouvellement des générations et aux conséquences du dérèglement climatique.

Ce lundi à la Maison de l’agriculture, à Rodez, la session budgétaire de la chambre d’agriculture a été l’occasion de mettre ces sujets de préoccupation sur la table, en présence de Vincent Labarthe, vice-président de la Région en charge de l’agriculture et de l’enseignement agricole.

Gagner "quelques surfaces irrigables supplémentaires"

"Il faut trouver les chemins pour construire la résilience de notre agriculture, prendre en compte les attentes sociétales", a déclaré Vincent Labarthe. Notamment la "question climatique", avec une première annonce de la Région : un appel à projets, en 2023, pour la création de "petites retenues" afin de retrouver des capacités d’irrigation. "On essaye de gagner quelques surfaces irrigables supplémentaires, mais ce n’est pas gagné", a expliqué le vice-président. Une initiative saluée par le président de la chambre aveyronnaise Jacques Molières, qui a affirmé qu’il allait "se mettre au boulot là-dessus".

Concernant le réchauffement climatique Vincent Labarthe a invité chacun à "se poser des questions" par rapport à ses pratiques, annonçant le lancement de "Contrats d’agriculture durable". Leur but : "Analyser la situation dans les exploitations, se projeter pour trouver des solutions" avec à la clé 1 500 € par exploitation.

Nouvelle aide à l’installation

Autre sujet de préoccupation du monde agricole aveyronnais : l’installation et la transmission, évoqué lui aussi à travers les questions posées en amont au représentant de la Région. Pour soutenir la relève, la Région a là aussi une proposition : la mise en place d’une dotation "nouveaux agriculteurs", destinées aux 40-52 ans et qui avoisinerait 7 000 €. Une nouvelle mesure accolée à l’ancienne, la Dotation jeune agriculteur (DJA), d’un montant de près de 30 000 €.

Entre fin de la dépendance aux protéines, au bio en grande difficulté, soutien aux très présentes Cuma (Coopérative d’utilisation du matériel agricole), les échanges ont été nourris au long de la matinée, au cours de laquelle quatre motions autour de la méthanisation, de la sécheresse et de la ressource en eau, quatre motions ont été soumises au vote de l’assemblée.

Les (mauvais) chiffres de la conjoncture aveyronnaise

Cette réunion de la chambre d’agriculture a été l’occasion d’un premier bilan de l’activité agricole départementale pour les premiers mois de 2022. Au chapitre des mauvaises nouvelles, une sécheresse "historique" cet été, "tant pas son intensité que par sa durée". Le déficit des précipitations a été supérieur à 60 % pour plus des deux tiers du département avec des conséquences soulignées par la chambre : fort déficit des récoltes de fourrage, tension sur les stocks pour l’hiver et difficulté d’abreuvement des animaux.

Le prix des engrais et amendements poursuit sur sa lancée de forte hausse entamée en 2020 et le prix de l’énergie et des lubrifiants a augmenté de 42,4 % sur un an, celui des intrants en moyenne de 27,5 % et celui des aliments pour animaux de 22 %.Q

uelques motifs de satisfaction cependant : la hausse du prix du lait de vache et chèvre payé aux producteurs et, comme le souligne le président de la chambre d’agriculture de l’Aveyron Jacques Molières, le fait que l’Aveyron ait été déclaré en calamité agricole après la sécheresse.

"Cela va compenser un peu les pertes qu’il y a eues", explique-t-il.Jacques Molières s’interroge par ailleurs sur les promesses de la loi Egalim 2, qui a vocation à indexer le prix de vente du lait, de la viande et des denrées agricoles aux coûts de production. "Les coûts de revient son bien supérieurs à ceux des années précédentes. Transformation et grande distribution ne respectent pas totalement les règles… Je constate que le prix moyen du panier de la ménagère a augmenté, mais cette augmentation n’est pas arrivée jusqu’aux agriculteurs aujourd’hui".

"Le challenge, pour nous, est de maintenir le potentiel économique de l’Aveyron et d’assurer le renouvellement. Il faut trouver des mains et des bras ! L’Aveyron, c’est une agriculture de niche, de valeur ajoutée. Par exemple 70 % de la production de notre élevage est sous signe officiel de qualité (IGP, AOP, Label rouge, etc.). C’est un choix fait il y a une vingtaine d’années et aujourd’hui, ça commence à payer. Il faut que ça continue", analyse Jacques Molières.

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