Rodez au cœur des quartiers : Moutiers-saint-Félix-Bel Air / Le manoir de Saint-Félix, un écrin de culture

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  • Jean-Louis Jourdes a patiemment restauré le manoir de Saint-Félix durant plusieurs années avant de l’ouvrir pour des expositions.
    Jean-Louis Jourdes a patiemment restauré le manoir de Saint-Félix durant plusieurs années avant de l’ouvrir pour des expositions. Photo José A. Torres
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Restauré patiemment par Jean-Louis Jourdes, à partir de 1975, l’endroit accueille désormais de nombreux artistes en résidence ou qui viennent exposer leurs œuvres.

Un écrin de culture au cœur de Saint-Félix. La haute tour du manoir s’aperçoit de loin et domine comme un phare les jardins ouvriers du quartier. Jean-Louis Jourdes a fait de son manoir un véritable écrin pour la culture, les artistes. À force de travail et de patience, le propriétaire des lieux qui a acquis l’endroit en 1975 a modelé le manoir de Saint-Félix à son image.

"C’est un lieu superbe que j’ai souhaité faire vivre et ouvrir au plus grand nombre", souligne Jean-Louis Jourdes. "Lorsque j’ai découvert l’endroit, tout était envahi par la végétation, tout était en ruine, complète-t-il. Mais le lieu m’a fait une forte impression. Je me sentais bien. Même si au début, beaucoup de gens m’ont dit que j’étais fou de me lancer dans de tels travaux." Pour autant, Jean-Louis Jourdes s’accroche et finit par réaliser son rêve.

Pour rappel, le manoir de Saint-Félix est l’héritier d’une longue histoire. L’église paroissiale et son prieuré vont être rattachés à l’abbaye de la Chaise-Dieu. Et selon Gérard Astorg, qui a publié un ouvrage intitulé Châteaux et personnages du Ruthénois, la petite église va connaître deux événements marquants : la venue du célèbre prédicateur espagnol Vincent Ferrier, en 1416. Il sera canonisé en 1455. Un grand rassemblement se tient dans les prairies sous Saint-Félix, qui accueillent les jardins familiaux. Puis, à la fin de l’été 1530, le nouvel évêque de Rodez, Georges d’Armagnac, avant de faire son entrée solennelle dans la ville passe une nuit au prieuré de Saint-Félix.

De nombreux propriétaires

"Puis, pendant des années, le manoir était devenu le terrain de jeu des enfants de Rodez, raconte Jean-Louis Jourdes. Ce n’était qu’une ruine." La chapelle va être rasée vers 1834, ses matériaux vont être récupérés pour construire une grange en bordure du chemin. Des pierres romanes vont être réemployées à cet effet, note Gérard Astorg. "L’endroit a changé de propriétaires à de nombreuses reprises et le manoir a été intimement associé à l’histoire du Rouergue et de la France", raconte Jean-Louis Jourdes. Lors de la Révolution, le nom de Saint-Félix a été associé à celui de Jean Cabrol, un boutiquier ruthénois que la Terreur a mené à la présidence du tribunal criminel. Son zèle à faire régner l’ordre l’a rapidement fait surnommer "coupo-col"…

De son côté, Jean-Louis Jourdes a patiemment collecté toutes les informations relatives à son manoir. "Mais au début, je ne savais rien ou pas grand-chose, se rappelle-t-il. J’ai appris de mes rencontres, des personnes qui se sont intéressées à ce lieu et qui voulaient partager leurs connaissances."

En amateur d’art éclairé, Jean-Louis Jourdes collectionne les œuvres d’artistes régionaux. Ainsi, dans son salon et un peu partout au sein du manoir sont présentées des dizaines de peintures, de sculptures ou de photographies "d’artistes qui me tiennent à cœur". "J’ai souhaité ouvrir ma maison aux artistes aveyronnais en priorité, donner une histoire à cette maison", aime à raconter le propriétaire des lieux, toujours autant heureux de faire visiter sa demeure et de lever un peu plus le voile de ces vieilles pierres.

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Philippe Henry
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