Rodez au cœur des quartiers : l’église de Gourgan et sa flèche "remarquable"

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  • L'architecte Jean-Paul Salvan est à l'origine de la construction de l'église de Gourgan.
    L'architecte Jean-Paul Salvan est à l'origine de la construction de l'église de Gourgan. Centre Presse Aveyron - José A. Torres
  • La fameuse flèche de l'église de Gourgan, lors de sa construction en bois durant les années 1960, et aujourd'hui terminée. La fameuse flèche de l'église de Gourgan, lors de sa construction en bois durant les années 1960, et aujourd'hui terminée.
    La fameuse flèche de l'église de Gourgan, lors de sa construction en bois durant les années 1960, et aujourd'hui terminée. Centre Presse Aveyron
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L’église moderne située au cœur du quartier attire toujours les regards tant elle est unique en son genre.

Dans le quartier de Gourgan, on se repère depuis des décennies grâce à elle. Demandez votre chemin à n’importe quel habitant et il vous répondra toujours par rapport à… L’église. Ou la chapelle, c’est selon. Il faut dire que le lieu de culte se remarque, tant il est particulier. Et résolument moderne. On aime, ou on n’aime pas.

L’entre-deux n’existe pas avec cette construction de la fin des années 1960. Durant cette période, le quartier de Gourgan se développe à vitesse grand V. Ne lui manque qu’un lieu de culte.

L’architecte Jean-Paul Salvan est désigné pour le projet. Et l’ancien élève des Beaux-Arts ne fait pas les choses à moitié, pas dans la norme non plus. Il souhaite que les quatre angles du bâtiment se rejoignent en leur centre pour que s’érige une grande flèche… "Ça donne l’impression d’une tente de touareg", sourit-on à Rodez.

La flèche fera néanmoins son effet et est aujourd’hui visible de toutes les rues du quartier. Mais plus que l’architecte, on doit cette réalisation aux frères Charles de Bouillac.

À l’époque, ces charpentiers innovent et utilisent la technique du "lamellé-collé" pour la charpente. Ainsi, le matériel prend toutes les formes qu’on souhaite lui donner. Celle de la chapelle de Gourgan est unique, tant elle s’inscrit d’une manière si particulière dans ce quartier qui a poussé dans les années soixante. Celui qui pousse les portes de l’édifice, se retrouve plongé dans une atmosphère chaude et lumineuse où le bois reste omniprésent.

Le "Mur lumière" de François Chapuis

D’ailleurs, Jean-Paul Salvan avait également dessiné les bancs de l’église afin d’offrir au lieu une parfaite harmonie des lignes et une continuité dans le regard et la perspective. Et si l’on tourne le regard vers les vitraux qui offrent une lumière douce et rend l’atmosphère feutrée. Pourtant, il ne s’agit pas de vitraux à proprement parler. Mais de panneaux en résine plastique. D’ailleurs, depuis l’extérieur de l’église, ces panneaux semblent opaques. Ils offrent presque un aspect métallique. Le nom de François Chapuis (1928-2002), né à Nancy, est resté lié à un concept original, "le mur lumière" ; fruit des expérimentations de l’artiste sur les plastiques appliqués à la décoration et qu’il a concrétisé aussi dans les années soixante. Son travail est visible ailleurs en Aveyron, à Montfranc ou à Bozouls. Les travaux de François Chapuis se trouvent aussi dans de nombreuses églises de la région parisienne. Pour la petite histoire, il était d’ailleurs un ami proche de l’architecte, Jean-Paul Salvan. Une particularité supplémentaire qui rend l’église de Gourgan d’autant plus exceptionnelle que sa richesse reste insoupçonnée.

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Ph.H.
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