Jacques Labit, des terres d’Auriac-Lagast au barreau de Villefranche-sur-Saône

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  • Demeurant à Romanèche-Thorins, en Saône-et-Loire, Jacques Labit a ouvert son cabinet d’avocat, en février 2012, à Belleville-en-Beaujolais, dans le Rhône.
    Demeurant à Romanèche-Thorins, en Saône-et-Loire, Jacques Labit a ouvert son cabinet d’avocat, en février 2012, à Belleville-en-Beaujolais, dans le Rhône. L'Aveyronnais - Audrey Thuillez
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Même s’il savait, depuis l’âge de 6-7 ans, que la ferme familiale serait reprise par son frère aîné, il a toujours été passionné par le droit rural. Le quinquagénaire en a d’ailleurs fait la spécialité du cabinet d’avocat qu’il a ouvert, il y a juste une décennie, à Belleville-en-Beaujolais.

Sur la commune d’Auriac-Lagast, le hameau de La Cailholie comptait cinq familles, dont trois Cailhol. Cette particularité a été une chance quand il a fallu baptiser ce lieu-dit. C’est là que Jacques Labit a vu le jour, en 1963. Car, s’il est certes né dans la maternité d’une clinique de Rodez, il fait partie d’une génération qui est inscrite sur la commune d’origine. Il est ainsi venu au monde dans une famille d’agriculteurs, celle de son père (sa mère est native de Caplongue, à Arvieu), qui porte le même nom depuis six générations, soit près de 500 ans.

Après une scolarité "classique" primaire à Auriac-Lagast, collège à Cassagnes-Bégonhès et lycée à Sainte-Marie à Rodez, il n’avait "aucune idée" pour la suite. Mais, comme il a toutefois fait partie de "la minorité sortie de la campagne qui a intégré une série générale à l’issue de la classe de troisième, et non pas un BEP ou un CAP", Jacques Labit a décroché un bac D, en 1981, et a pris la direction de Montpellier. "Mon idée était de passer les concours dans l’administration", explique-t-il. "Le hasard d’une conversation" avec des copains en a décidé autrement puisqu’il a opté pour une prépa en filière agri et agro, "en lien direct avec le monde dans lequel j’avais grandi".

Il a donc intégré l’Ihedrea (institut des hautes études de droit rural et d’économie agricole), une école renommée à Puteaux, en banlieue parisienne, "qui a conditionné pas mal de choses". Il avait donc trouvé sa voie et allait tracer son sillon : diplôme en droit communautaire à La Sorbonne, DEA (les plus jeunes disent master 2) de droit rural à Poitiers, maîtrise (master 1) de droit des affaires à Nanterre.

Ce parcours varié l’a mené chez France Agricole, "pas longtemps", avant d’effectuer son service militaire dans une sous-préfecture, en Nouvelle-Calédonie, après la signature des accords de Matignon. Durant ce séjour de dix-huit mois, "très enrichissant, travaillant au contact des chambres consulaires et des élus", il a rencontré près de 400 porteurs de projets et 60 ont été financés par l’état.

À son compte depuis dix ans

De retour en métropole, il était "prêt à revenir à Auriac-Lagast, non pas pour reprendre la ferme familiale (brebis laitières pour le roquefort et génisses à l’engraissement), promise à mon frère Jean-Michel, d’un an mon aîné, mais pour un projet de diversification, en l’occurrence la production de pommes d’altitude". Ce projet a mûri durant six ans mais tout s’est arrêté le 9 juillet 1998, à cause "d’un différend avec mon père". Une histoire de poteaux électriques !

Il a alors rejoint un cabinet judiciaire à Toulouse et, s’il a échoué à l’examen d’avocat (admis à l’écrit mais oral non réussi), il a trouvé "un boulot de juriste". Il a ensuite répondu à une annonce à Macon et, dix jours après, il a traversé la France pour s’installer dans une région qu’il n’a plus jamais quittée. Après douze ans en tant que salarié, il a franchi le pas : "Le bâtonnier a validé mes acquis et mon vécu, et j’ai ainsi pu rejoindre le barreau de Villefranche-sur-Saône, pour m’installer à mon compte, en février 2012, à Belleville- en-Beaujolais, spécialisé en droit rural. C’est ma porte d’entrée".

Tandis que ses deux aînés (un garçon et une fille), âgés de 18 et 20 ans, sont nés au pays, car leur maman a accouché en été (la dernière, adolescente de 14 printemps, a vu le jour, fin mars, à Macon), Jacques Labit n’a certes pas coupé... le cordon avec son département de naissance mais ses séjours sont "rares". "J’ai perdu mes parents et je n’ai pas de pied à terre, précise-t-il. Quand je viens, je vais à Campuac chez ma belle-mère. Ce n’est pas du tout un choix de tourner le dos à ma terre d’origine mais j’ai peu de vacances. Je ne compte pas mes heures au travail".

Mais, il a gardé le goût des racines avec quelques trésors dans son buffet ou dans son réfrigérateur. "Il y a toujours de l’aligot, de la saucisse ou du roquefort à partager. Nous en sommes très friands", confirme-t-il, avant de sauter dans sa voiture pour filer... assister à une réunion de l’association des familles de Romanèche-Thorins. Elle organise diverses manifestations pour créer du lien et faire connaître aux nouveaux habitants l’histoire du village. La journée n’est jamais terminée... "Il y a, en effet, toujours un sujet à défendre", s’amuse l’avocat.

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Rui Dos Santos
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