Aveyron : le procès des "Faucheurs volontaires" de la RAGT attendra

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  • Plusieurs Faucheurs volontaires poursuivis par la justice se sont rendus ce mercredi au tribunal de Rodez.
    Plusieurs Faucheurs volontaires poursuivis par la justice se sont rendus ce mercredi au tribunal de Rodez. Centre Presse - Mathieu Roualdès
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Vingt-huit activistes sont poursuivis après une action sur un site de la RAGT en novembre 2021. Il seront finalement jugés le 7 juin prochain.
 

Le procès de 28 faucheurs volontaires, poursuivis à la suite d’une action sur un site de la RAGT en novembre 2021, devait s’ouvrir ce mercredi 7 décembre au matin, devant le tribunal de Rodez. Mais il a été renvoyé au 7 juin prochain, 14 heures, à la demande des prévenus. Ils étaient une poignée à s’être néanmoins assis sur les bancs du palais de justice, l’air détendu. Certains ont déjà comparu devant d’autres juridictions pour des actions similaires et ne craignent, semble-t-il, pas vraiment l’issue du procès… « Ils veulent nous faire payer des milliers, voire des millions d’euros, avec des dommages et intérêts », soufflaient-ils. En Aveyron, ce procès sera néanmoins inédit. Si les militants anti-OGM ont l’habitude depuis des années de mener des opérations coups de poing sur les sites du semencier RAGT, jamais cela n’avait terminé en correctionnelle. « La plupart du temps, les poursuites étaient abandonnées… Parfois, nous n’avons même pas été convoqués devant la gendarmerie. À chaque fois, ils ont nos noms, on leur remet. Et nous continuerons à lutter pour le respect de tout le vivant et pour une alimentation saine », confient les faucheurs.

« Trente intrusions depuis 2003 »

Dans l’attente du 7 juin, la firme aveyronnaise, une des leaders du marché européen sur le maïs, le colza, le soja ou encore le tournesol, a indiqué dans un communiqué qu’elle avait été victime de « trente intrusions de ce type depuis 2003 ». Et d’ajouter : « Nous attendons que ces activistes soient condamnés pour leurs actes illégaux et que soient rétablies certaines vérités. Le Groupe RAGT a toujours scrupuleusement respecté les législations nationales et européennes qui encadrent ses activités. Depuis toutes ces années, nous nous interrogeons sur la finalité de ces actions commando et totalement infondées, qui ciblent très souvent notre entreprise. »

Une action « à la recherche d’OGM cachés »

L’action du 10 novembre 2021 s’était déroulée sur le site industriel des Molinières, à proximité de Rodez, en début d’après-midi. Une soixantaine d’activistes, venus de toute la région et d’ailleurs, s’étaient rassemblés dans les locaux de la RAGT. Leur objectif : mener une « inspection citoyenne » visant à vérifier la présence de semences de tournesols et de colza « VRTH ». Autrement dit, de semences rendues tolérantes à un herbicide par des techniques conventionnelles ou génétiques. Les « faucheurs volontaires » les assimilent à des OGM « cachés ». « Ces graines sont dangereuses pour la santé comme la biodiversité. Selon la Cour de justice de l’Union Européenne et le conseil d’État français, elles relèvent de la réglementation sur les OGM, interdits à la commercialisation. Si ce n’est que le gouvernement français refuse d’appliquer ces injonctions ! », expliquait le collectif, au lendemain des faits. Dans la foulée, Laurent Guerreiro, directeur général de RAGT Semences, avait rétorqué dans un communiqué de presse : « Ce que nous faisons est totalement légal. Pour des raisons qui nous échappent totalement, ces individus se plaisent à être des marchands de peur. »
La plainte déposée par le groupe, qui emploie 1 500 personnes et réalise un chiffre d’affaires de près de 500 millions d’euros, a débouché sur le procès à venir qui pourrait davantage tourner à l’affrontement idéologique et scientifique plutôt que sur les infractions reprochées aux « 28 » : dégradation ou détérioration du bien d’autrui commise en réunion et vol aggravé par deux circonstances. Parmi eux, on notera la présence d’un journaliste de Reporterre, qui fait couler beaucoup d’encre. Est attendu également à la barre : le porte-parole de la Confédération paysanne, Sébastien Persec.

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Mathieu Roualdés
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