Procès des Faucheurs volontaires de l'Aveyron : un journaliste est également poursuivi

  • Grégoire Souchay, ici lors  d’une soirée organisée en son soutien cette semaine à Paris. Grégoire Souchay, ici lors  d’une soirée organisée en son soutien cette semaine à Paris.
    Grégoire Souchay, ici lors d’une soirée organisée en son soutien cette semaine à Paris.
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Parmi les 28 activistes qui seront au tribunal, le journaliste indépendant aveyronnais Grégory Souchay, qui couvrait l'action des militants anti-OGM avec d'autres collègues. Il est le seul à être poursuivi.
 

Parmi tous les prévenus appelés à comparaître le 7 juin prochain devant le tribunal de Rodez, l’un d’eux fait davantage parler que les autres. Il s’agit de Grégoire Souchay. Journaliste depuis plus de dix ans dans le département et titulaire de la carte de presse, il a l’habitude de collaborer avec le quotidien Libération et le site d’information en ligne Reporterre. Pour ce titre, le 10 novembre 2021, il se rend sur le site de la RAGT afin de couvrir l’action des militants anti-OGM. Il publiera un reportage en ligne deux jours plus tard sur le média se revendiquant comme "celui de l’écologie". Pourquoi alors se retrouve-t-il devant le tribunal ? "C’est de l’intimidation", a indiqué au quotidien Le Monde son avocat, Me Alexandre Faro, rappelant que "d’autres journalistes étaient présents (France 3, AFP, Mediapart) ce jour-là et ils n’ont pas été inquiétés".

"J’ai fait mon travail"

"Comme ces collègues, j’ai fait mon travail. J’ai pris des notes, j’ai enregistré des interviews et puis j’ai quitté le site en appelant l’entreprise le soir même. Trois mois plus tard, j’ai été convoqué devant la gendarmerie, non pas pour être entendu en tant que témoin, mais comme suspect", témoigne Grégoire Souchay, pour qui son "seul tort est d’avoir été journaliste et d’avoir rendu compte de cette opération pour Reporterre". En début de semaine, une soirée "pour la liberté de la presse" et en soutien au journaliste a été organisée à Paris. Une pétition en ligne a également été lancée. Le Syndicat national des journalistes (SNJ), le SNJ-CGT ou encore la société des rédacteurs de Mediapart ont déjà fait part de leur soutien.

Dans un communiqué de presse, publié hier, le collectif des faucheurs volontaires a assuré que "Gregoire Souchay n’est pas faucheur volontaire et ne faisait que son métier. La liberté de la presse est une donnée non négociable de notre démocratie. Depuis près de 20 ans, nous luttons contre l’artificialisation du vivant et c’est la première fois qu’un journaliste est inquiété pour avoir couvert une de nos actions."

Interrogé sur la présence d’un journaliste parmi les prévenus, Olivier Lucas, directeur scientifique et qualité du groupe RAGT, présent au tribunal ce mercredi, dit "avoir découvert cette histoire". "Nous ignorions cela, notre objectif est simplement de faire reconnaître l’illégalité de ces actes. Depuis 2003, notre groupe a subi plus de 30 agressions de ce type", a-t-il ajouté.

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