Pigüé, un bout d'Aveyron en Argentine fondée par des Aveyronnais en 1884

  • Dans une des rues de Pigüé qui cultive ses racines aveyronnaises.
    Dans une des rues de Pigüé qui cultive ses racines aveyronnaises. Reproduction - Reproduction Centre Presse Aveyron
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Dans cette ville de la Pampa fondée par des Aveyronnais en 1884, on a d’yeux que pour Messi.

Ce dimanche, à midi, heure de la Pampa, la vie va se figer en Argentine. Plus que partout ailleurs, et sans doute plus qu’en France tant le football y est "adoré". Il y a un coin de cette Pampa, où malgré de solides racines aveyronnaises, le cœur vibrera au rythme des occasions albicelestes. C’est à Pigüé, bien sûr.

A 600 km de Buenos Aires

"Plus que pour l’Argentine peut-être, c’est pour Leo Messi que l’on espère gagner cette coupe du monde. Nous pensons qu’il mérite vraiment de porter ce trophée", raconte Gustavo Notararigo, le maire de cette ville de la province de Buenos Aires, située près de 600 km au sud de la capitale argentine.

Messi est une véritable icône

À Pigüé comme presque partout en Argentine, Messi est une véritable icône. "Ce n’est pas comme Maradona. Ce n’est pas pareil. Pour nous, Messi est un joueur exceptionnel qui sait aussi rester simple. C’est aussi quelqu’un de travailleur. C’est un exemple", explique Gustavo qui, au passage s’enquiert de prendre des nouvelles d’une autre idole du foot mondial qui fréquente les rues de Rodez parfois. "Est-ce que Zizou va bien ?", sourit-il. "J’aimerais bien faire un petit entraînement avec lui !", lance Gustavo, également grand passionné de football. Qui n’hésite pas à taper dans le ballon dès que l’occasion se présente.

Pour autant, dans cette ville de Pigüé qu’il administre depuis trois ans, il n’y aura pas de rendez-vous particulier autour de la finale. "Chacun va regarder de son côté et puis on sait que tout le monde descendra dans la rue, pour fêter la victoire on espère !"

"On ira embrasser la statue"

Un des points de rendez-vous de la population pour fêter les grands évènements, un peu comme la place d’Armes à Rodez, est la place sur laquelle trône la statue de Clément Cabanettes. Cet Aveyronnais originaire de Lassouts qui fonda cette ville de Pigüé en parvenant à convaincre une quarantaine de familles aveyronnaises de partir pour la Pampa en 1884. "On ira embrasser la statue !", rigole Gustavo. Il y a quelques jours, le 4 décembre, jour de fête de la création de la ville, ce sont plus de 25 000 personnes qui se sont retrouvées dans le parc Saint-Côme autour de la traditionnelle omelette géante. C’est dire s’il peut y avoir beaucoup de monde dans les rues dès ce dimanche après-midi !

Quand on sait que le seul derby entre River Plate et Boca junior est capable d’arrêter le temps en Argentine, imaginez une finale de la coupe du monde ! "Chacun a ses habitudes pour ce Mondial. Chez moi, pour la première victoire de l’Argentine dans la coupe du monde, je regardai le match dans le salon, mon épouse dans sa chambre et mes enfants avec leurs copains. Depuis, on ne change rien. Et ce sera pareil pour la finale !", explique le maire.

Les truffres, "stars" de la ville

Cet événement mondial au pays de Francescoli, Kempes, Cannigia, Batistuta, Di Stéfano permet aussi de mettre entre parenthèses un quotidien marqué encore par la tempête économique. "Avec 100 % d’inflation, ce n’est pas facile. Mais, à Pigüé on travaille pour que cela aille bien. Je suis satisfait de voir la ville dans les premiers rangs en termes de transparence des budgets. C’est important chez nous. On développe également un gros travail autour de la production de truffes.

Et cela marche très très bien. On fait beaucoup de travail dans les écoles, notamment autour de nos racines aveyronnaises", explique Gustavo, qui récemment a fait filer l’aligot pour tous les élèves de classes de primaire de sa ville. Il aimerait bien revenir quelques jours sur les pas de ses ancêtres, au pied de l’Aubrac. Tout en regrettant qu’il n’y ait pas d’échanges plus nourris entre l’Aveyron et ce petit coin de Pampa. En attendant, à midi, c’est bien vers Messi et les albicelestes que les pensées des Pigüenses iront. Avant, qui sait, de fêter la troisième étoile devant un bon aligot…

Philippe Routhe
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