"Région Occitanie : 3,63 milliards d’euros de budget pour "un nouveau modèle de développement

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  • La présidente Carole Delga détaille sa stratégie budgétaire.
    La présidente Carole Delga détaille sa stratégie budgétaire. - Sylvie Cambon
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La présidente de la Région Occitanie, Carole Delga a défendu la stratégie budgétaire de l’assemblée occitane. La droite régionale a officialisé sa division en deux groupes.

C’est une assemblée plénière particulièrement studieuse qui s’est réunie jeudi à l’Arena de Montpellier pour y débattre du budget de la Région Occitanie de 3,63 milliards d’euros votés pour l’exercice à venir. Sans même une référence au succès des Bleus qualifiés la veille pour la finale du Mondial au Qatar, même si les tacles et les hors-jeu n’ont pas manqué.

En milieu offensif, la présidente Carole Delga dans son propos liminaire a plaidé pour "un nouveau modèle de développement, une croissance en conscience. Par la souveraineté des savoirs en luttant contre le déterminisme social, mais aussi une souveraineté énergétique, alimentaire et industrielle".

"L’espoir, c’est le pouvoir"

Un budget foisonnant destiné à la transition écologique, mais aussi à favoriser la création de "30 000 emplois par an pour faire baisser le chômage". Tout autant à aider la filière bio ou refuser "d’augmenter le prix des cantines" des lycées.

D’une référence aux femmes iraniennes en lutte à un hommage au député disparu Jean-Louis Idiart, "figure du Comminges", Carole Delga a terminé son propos en citant l’auteure iranienne Nawal el Saadaw : "Je suis optimiste, car l’espoir c’est le pouvoir, le pouvoir de changer la vie".

Une Occitanie endettée

Un optimisme loin d’être partagé par Julien Sanchez (Rassemblement national), plus offensant qu’offensif, qui a utilisé une bonne partie de son temps de parole à regretter du peu de temps de parole dont il disposait. Sur le fond, le maire de Beaucaire s’est attardé sur "l’endettement record" de la Région et le retard de versement de certaines subventions.

Ce qui lui a valu un tacle appuyé de Régis Bayle, de la majorité, qui a examiné les comptes de la commune de Beaucaire dont la dette a explosé à 816 € par habitant, "bien au-dessus de la moyenne des communes de la même strate et votre épargne brute s’est effondrée".

Un budget "copier-coller des exercices précédents"

En débordement, l’élu des Républicains Sacha Briand s’est montré plus incisif en dénonçant un budget "copier-coller des exercices précédents. Creux et plat. Sans aucune orientation précise. Aucune priorité réelle n’émerge car vous nous en présentez 26. Vous allez devoir faire des choix", a-t-il lancé à l’attention de la présidente.

Le divorce à droite officialisé

En évoquant Les Républicains, le maire de La Grande-Motte, Stephan Rossignol, a officialisé le divorce du groupe de droite. L’Occitanie Courageuse pour des désaccords avec Aurélien Pradié jugé trop radical vis-à-vis de la politique de la majorité de gauche : "Il ne s’agit pas de rejoindre votre majorité, mais d’être une opposition plus constructive". 

Un groupe qui sera présidé par l’Alésien Christophe Rivenq, composé de sept élus de l’ex-Languedoc-Roussillon contre 14 pour le groupe Pradié.
Les débats se sont attardés sur les nombreux amendements proposés par le RN "qui visent les personnes les plus en difficulté de notre territoire", a notamment regretté Benjamin Assié.

Le budget a été adopté avec 107 voix pour, 43 contre, dont les élus du RN et du groupe Pradié et 7 abstentions du nouveau groupe de droite Nous Occitanie.

4 millions d'euros pour les langues régionales

Comme pour le budget, la délibération sur la défense des langues régionales, présentée par l’élu écologiste de la majorité Benjamin Assié, a été très débattue en assemblée. L’objectif était de défendre la mise en place de "30 mesures concrètes pour que l’occitan et le catalan soient davantage parlés et enseignés, pour augmenter sensiblement le nombre de locuteurs. Sans une volonté politique forte nous n’y parviendrons pas", a expliqué l’élu en alternant occitan et français.

Un plan “Cultura Viva”, doté de 4 M€ visant à augmenter le nombre d’enfants qui apprennent le catalan ou l’occitan. "On en compte 55 000 aujourd’hui, ce n’est pas assez", convient Benjamin Assié. Si tous les groupes s’accordent à défendre les langues régionales, l’élu RN Christophe Barthez, estime cette action comme du "régionalisme à des fins électorales". Quant au Républicain, Bernard Carayon, "il ne suffit pas d’attribuer des subventions aux offices pour défendre cette culture et cette tradition".

L'examen de la nouvelle charte par Aurélien Pradié

Aurélien Pradié, le député lotois, très discret tout au long de la journée, a pris la parole sur l’examen de la nouvelle charte sur la déontologie des élus. Il n’a pas tenu sa promesse de ne pas polémiquer en désignant une charte "sans originalité" et a demandé d’aller plus loin. Notamment que les collaborateurs des groupes politiques n’aient pas de lien de famille avec les élus. Ce que Marc Sztulman, de la majorité, a qualifié avec ironie "d’amendement Fillon ou Ciotti". Carole Delga a assuré que ce serait vérifié.

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Yannick Povillon
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