Aveyron : Estelle Gérard, l'aventurière du 7e art

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  • Quand bien même elle se soit mise au vert, Estelle Gérard n’abandonne pas l’aventure.
    Quand bien même elle se soit mise au vert, Estelle Gérard n’abandonne pas l’aventure.
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Dans la série "Femmes d’ici et d’ailleurs".

Lorsque qu’elle perd sa maman en 1974, la jeune Estelle ne se voit qu’une issue : fuir la Normandie de son enfance pour enfouir à jamais ses plus beaux souvenirs. À dix-sept ans, elle connaît déjà sa voie : elle "fera" du cinéma ! Non pas en tant qu’actrice mais bel et bien de l’autre côté de la caméra, comme lorsqu’elle inventait des histoires pour ses copines, flanquée de son caméscope et munie de fiches-maison. C’est le début d’une série rocambolesque qui d’épisode en épisode la mènera finalement à sa vocation.

"Mais avant de tenter le concours de l’Esav à Toulouse, j’ai respecté le souhait de ma maman-prof d’espagnol : trois ans d’études de langues appliquées (commerce) pour avoir un bagage plus solide en main (et nourrie de films d’art et d’essai à Utopia et au Cratère !)".

Cuba en pleine dictature

Forte de son parfait bilinguisme franco-espagnol, elle se rêve déjà à l’école des Trois Mondes (Asie, Afrique, Amérique du Sud) de Cuba où elle pourra côtoyer les plus grands réalisateurs espagnols, voire même Martin Scorsese. Hélas, le séjour à la Havane ne s’avère pas si idyllique et elle échoue un temps au Mexique alors en pleine dictature.

"Je mettais de la couleur aux caricatures politiques de l’Editorial Posada. C’était un peu risqué !" sourit-elle avant de reprendre le fil de ses aventures.

Deux mois plus tard, c’est l’entrée à l’Esav du Mirail, "certes moins cotée que l’école de Paris mais tout autant le théâtre de jeux d’influence." Indifférente aux avances et aux promotions douteuses, Estelle continue à dérouler le film de sa vie : "J’ai réussi à décrocher des subventions de la Drac et de la région pour faire du non-conventionnel. C’était très audacieux mais pas très solide au niveau du scénario !"

Direction le festival d’Amsterdam

Qu’importe… Le diplôme en poche, elle rejoint son frère archéologue à Istanbul et supervise en 12 jours des tournages au fin fond de la Turquie. "L’épreuve avait été épuisante mais le film nous a permis d’aller au festival d’Amsterdam !"

On la retrouve ensuite à Tunis sur un projet de 10 courts-métrages, sans carte de séjour ni couverture sociale et avec juste ce qu’il faut de dinars en poche. "J’avais déjà flirté avec les interdits à Cuba mais la Tunisie de Ben Ali c’était autre chose : il y avait des espions sur tous les lieux de tournage !"

Un climat délétère qui lui coûte finalement la suppression momentanée de son passeport, une attente interminable et un interrogatoire en règle : "Lorsque j’ai franchi les portes de l’aéroport Charles de Gaulle, je me suis mise à chanter en réalisant le prix de la liberté !" A trente ans, Estelle se range un temps dans la peau d’assistante-réalisatrice, "un métier très hiérarchisé où les meilleures places sont réservées aux hommes !" avant de découvrir que ses talents d’organisatrice la destinent à un rôle qui lui colle à la peau : script.

Et c’est sur un lieu de tournage qu’elle rencontre Xavier, régisseur zélé, qui lui donne envie d’une autre vie et de mettre au monde une graine d’aventurier ingénument prénommé… Arsène !

 

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D. D.
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