Aveyron : le musée Fenaille de Rodez engagé dans la mission Abaya en Éthiopie

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  • L’équipe de Vincent Ard  avec Aurélien Pierre et  Sophie-Jeanne Vidal.
    L’équipe de Vincent Ard avec Aurélien Pierre et Sophie-Jeanne Vidal.
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Cette région de l‘Éthiopie abrite un site mégalithique exceptionnel. Le musée participe à sa valorisation et sa préservation. Une exposition sur ce sujet devrait voir le jour en 2024.

Le musée Fenaille, sous la tutelle de Rodez agglomération, est associé à une mission archéologique passionnante en Éthiopie. Une mission baptisée Abaya, du nom du lac qui borde cette région du sud de l’Éthiopie, sur les contreforts duquel gisent des milliers de stèles. Des sites archéologiques majeurs.

Dernièrement, deux Aveyronnais, Aurélien Pierre, directeur du musée Fenaille, et Sophie-Jeanne Vidal, restauratrice d’œuvres sculptées, ont participé à la nouvelle mission menée par Vincent Ard, archéologue au CNRS, et l’ethnologue Anne-Lise Goujon, qui prennent le relais de cette longue tradition de recherches menées dans cette région de l’Afrique. Tous deux en sont revenus plus que jamais déterminés à apporter leur pierre à cet édifice qui, comme de nombreux sites archéologiques, doit faire face à plusieurs dangers.

Aurélien Pierre et Sophie-Jeanne Vidal ont fait ce déplacement, dernièrement, avec le souci d’apporter leur contribution à la valorisation et la préservation de ces sites, tandis que Vincent Ard et son équipe ont procédé à une nouvelle campagne de fouilles ainsi qu’à de nouvelles prospections.

"Dans le berceau du café"

Une semaine de mission riche tant sur le plan humain, avec de nombreux échanges à la clé, notamment auprès d’Éthiopiens qui veillent sur ces sites, que sur le plan archéologique. Cette forêt de stèles ne peut laisser insensibles. Tous deux pourraient en parler des heures mais sont focalisés sur leur mission. "Je travaille entre autres à la création d’une solution naturelle qui doit permettre de préserver ces stèles", explique par exemple Sophie-Jeanne Vidal, qui a découvert des stèles souvent envahies par la végétation.

"Ce qui est également intéressant, c’est que la végétation en question ce sont des caféiers. Nous sommes là aussi dans le berceau du café ", relate Aurélien Pierre.

Ce qui explique pourquoi la société des cafés Richard a choisi de soutenir cette mission archéologique.

La mission est d’autant plus passionnante également, que de nombreux mystères entourent ces stèles qui datent plutôt du Xe siècle. D’où proviennent-elles ? Quelles sont les significations des signes qui les ornent ? Ont-elles un lien entre elles ? Y a-t-il un rapport avec les sites de mégalithes tels que celui de Carnac en Bretagne ?

L’équipe de Vincent Ard travaille à cette étude, poursuivant ainsi le travail de Roger Jousseaume.

Et les Ruthénois devraient en profiter en 2024, avec la mise sur pied d’une exposition exceptionnelle consacrée à ce site éthiopien. "Il y a très longtemps, des stèles de ce site ont été transportées en Allemagne, on espère pouvoir en présenter à Rodez", confie Aurélien Pierre. Qui planche également à un travail de restitution aux Ruthénois de la première étape de cette mission. Peut-être sous la forme d’une conférence qui serait donnée en début d’année. À suivre, d’autant qu’une nouvelle mission devrait être engagée en 2023. Et si vous voulez avoir un aperçu de la richesse et l’intérêt de cette mission, on ne peut que vous conseiller de visionner le reportage effectué par Arte, disponible sur internet. Ces paysages mégalithiques valent le détour.

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Philippe Routhe
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