Roquefort : avec 150 ans d'existence, la Maison Gabriel Coulet envisage 2023 avec un bel appétit

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  • Emmanuel et Jean-Pierre Laur, cinquième génération de la maison Gabriel Coulet.
    Emmanuel et Jean-Pierre Laur, cinquième génération de la maison Gabriel Coulet. Photo - E. Belondrade
Publié le , mis à jour

Avec deux décorations, la maison Gabriel Coulet est résolument tournée vers l'avenir.

Les années se suivent et se ressemblent pour la maison Gabriel Coulet. À peine soufflées ses 150 bougies que voilà l’entreprise implantée à Roquefort auréolée une nouvelle fois de plusieurs médailles d’or, glanées lors de la dernière édition du Concours international de Lyon.

Le produit phare de la maison

La première consacre l’un des classiques, le "produit phare de la maison", le roquefort "La petite cave" Gabriel Coulet, un produit d’exception réservé exclusivement aux crémiers et fromagers, épiceries fines, et grossistes triés sur le volet en France comme en Europe.

Dans la capitale gastronomique française où plus de 300 catégories de fromages et produits laitiers étaient en compétition, la marque aveyronnaise s’illustre également avec sa brique de brebis à l’ail des ours, une nouveauté qui a reçu les félicitations du jury.

"Vitrine à trophées"

Cinquième génération à la tête de l’entreprise qui tient à préserver sa nature familiale, Jean-Pierre et Emmanuel Laur savourent ces nouveaux succès qui portent haut la pépite sud-aveyronnaise. Et s’ils reconnaissent que la vitrine à trophées est saturée de titres, tant ils ont été nombreux à jalonner le parcours de la fromagerie, le duo ne boude pas son plaisir.

"C’est toujours très gratifiant de recevoir de tels prix", valide Jean-Pierre Laur. D’autant qu’ils valorisent notre marque en donnant une excellente image de la maison auprès des consommateurs qui nous reconnaissent pour la qualité de nos produits, notre sérieux et un savoir-faire ancestral. Outre la satisfaction et le bonheur du devoir accompli, cela nous permet de fidéliser et de séduire davantage".

La brique à la truffe très prisée

L’opération séduction passe invariablement par la R & D, à savoir la mise sur le marché de nouveaux produits comme l’est la brique de brebis à l’ail des ours. Comme l’est aussi le dernier né de la maison, la brique à la truffe 1 % "qui est très prisée par les consommateurs surtout au moment des fêtes", valide Jean-Pierre Laur. Résolument tournée vers l’humain, la firme familiale vient enfin d’obtenir le label PME + qui consacre les entreprises indépendantes françaises à taille humaine, ayant des pratiques éthiques et responsables.

Un label "assez difficile à obtenir" se félicite le directeur, attribué après un audit annuel effectué par Ecocert environnement, selon un référentiel inspiré de la norme ISO 26000. Pour résumer, la maison Gabriel- Coulet, - ses 120 collaborateurs et collaboratrices et la centaine d’éleveurs impliqués dans l’aventure - se porte comme un charme et ambitionne l’année 2023 avec, on l’imagine, beaucoup d’appétit.

"Le Nutri-score dévalorise les AOP"

Très largement contesté par la grande majorité des appellations d’origine protégée (AOP) de France, d’Italie ou d’Espagne, le nouveau mode de calcul du Nutri-score ne fait pas exception dans le Sud-Aveyron. "Avec ce nouveau barème, on dévalorise les AOP reconnues pour leur qualité au détriment des produits transformés", peste Jean-Pierre Laur.

"Tous les fromages AOP ont malheureusement une note entre D et E. L’huile d’olive, excellente pour la santé, obtient une note de D car elle est jugée trop grasse alors que pour obtenir une note A, rien de plus facile, il suffit de regarder les produits transformés tels que les frites surgelées qui ont la note de A ! Ou du côté des sodas light qui obtiennent le score de B…"

"Aberrant" selon le dernier représentant de la maison Gabriel Coulet, le Nutri-score favoriserait en l’état les aliments ultra-transformés. "Certains industriels pourraient aussi être tentés de gonfler leur Nutri-score en ajoutant artificiellement des ingrédients favorisés par le système de notation. Des édulcorants à la place du sucre ou alors des fibres".
 

 

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Aurélien Delbouis
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