Comment stopper la pénurie de soignants en Aveyron : les chiffres de la Chambre régionale des comptes

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  • 93 % des médecins généralistes ayant quittéle territoire ont été remplacés.
    93 % des médecins généralistes ayant quittéle territoire ont été remplacés. Archives Centre Presse Aveyron - José A. Torres
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Dans un récent rapport, la Chambre régionale des comptes d’Occitanie rappelle les difficultés auxquelles sont confrontés les Aveyronnais, mais elle souligne également les efforts réalisés par le Département pour juguler cette hémorragie de soignants.

La Chambre régionale des comptes d’Occitanie a épluché la politique du département en matière d’accès aux soins de premiers recours, depuis 2016 et jusqu’à aujourd’hui.

L'accès aux soins de premiers secours satisfaisant

Et malgré les difficultés que les Aveyronnais peuvent régulièrement connaître pour consulter un praticien, il s’avère que "l’accès aux soins de premier recours est globalement satisfaisant par rapport au plan national". " 93 % des médecins ayant quitté le territoire ont été remplacés, poursuit le rapporteur. Et si la densité d’omnipraticiens est légèrement inférieure à la moyenne française, ce n’est pas le cas pour les infirmiers, les kinésithérapeutes et les sages-femmes."

De 2013 à 2021, 49 généralistes ont quitté le département, 22 se sont installés

Entre 2013 et 2021, d’après les données du Département, 107 médecins généralistes ont quitté le territoire et 99 se sont installés. Les chiffres sont cependant moins bons en ce qui concerne les spécialistes : 49 d’entre eux ont quitté l’Aveyron depuis 2013 et 22, seulement, se sont installés.

D’autant que "des inégalités subsistent, le nombre de consultations pouvant différer selon les territoires". En effet, 5,6 % de la population du département se situent à plus de 20 minutes de services de soins de proximité, contre 1,4 % pour le reste des habitants de la région Occitanie. Aussi, la densité des professionnels de santé est variable : elle fluctue de 3,1 à 11,9 pour 10 000 habitants, selon les territoires. Dans un même temps, la distance pour se rendre dans l’un des services d’urgence est "importante pour une part élevée de la population". "La partie nord du département est ainsi située à plus d’une heure d’un service d’urgence, avec des communes situées à plus de 79 minutes. Une grande partie du département est située entre 30 et 60 minutes", relève le rapporteur.

42 projets de maison de santé depuis 2008

Une autre problématique est également mise en avant par la chambre régionale des comptes : la demande importante de soins qui découle du vieillissement de la population (13,8 % des Aveyronnais ont plus de 75 ans). Les parties nord du département, autour de Pont-de-Salars, de Saint-Rome-de-Tarn ou de Rivière-sur-Tarn, avaient été identifiées comme pouvant être en difficulté dans les années à venir en raison d’un grand nombre de praticiens proches de la retraite.

Pour autant, et ce depuis au moins 2008, le conseil départemental a entamé un long et patient travail afin de répondre à ces enjeux de santé. Ainsi, "une politique de soutien aux maisons de santé a permis, depuis 2008, de créer 42 projets, ce qui représente une aide départementale de 3,90 M€, soit 9 % du coût total de ces structures et un financement moyen à hauteur de 94 478 € par projet", note la Chambre régionale des comptes.

"L’enjeu est de faire vivre, dans la durée, chaque maison de santé en assurant plus particulièrement le renouvellement des médecins généralistes qui sont au cœur de la chaîne de soins, a rappelé le président du Département, Arnaud Viala, en réponse à ce rapport de la Chambre régionale des comptes. L’implication de la collectivité départementale s’est traduite par la mise en place d’une cellule "accueil médecins". Mais si les dépenses consacrées à la politique d’accès au soin "apparaissent limitées au sein du budget départemental (0,07 % des charges de gestion et 0,2 % des dépenses d’équipement), le Département ne procède pas régulièrement à un bilan de l’impact de la politique menée", d’après la Chambre régionale des comptes.

En conclusion, l’échelle départementale apparaît la plus opportune pour tenter de répondre à cette crise de la démographie médicale et de réduire les inégalités.

Autres chiffres

4 541. Soit le nombre d’actes réalisés, en moyenne et par an, par un médecin généraliste en Aveyron, contre 4 745 en France, en moyenne.

6 114. Soit le nombre d’actes, par an, réalisés en Aveyron par les infirmiers, contre 8 549 sur le plan national.

153. Soit le nombre d’internes qui a bénéficié d’une aide financière à l’hébergement depuis 2016, pour un montant de 91 060 €.

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Philippe Henry
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