Guerre en Ukraine : Moscou dit avoir tué 600 soldats ukrainiens d'un coup, vrai ou faux ?

  • Malgré la guerre, les fidèles ont pu fêter le Noël orthodoxe, qu'ils soient russes ou ukrainiens.
    Malgré la guerre, les fidèles ont pu fêter le Noël orthodoxe, qu'ils soient russes ou ukrainiens. MAXPPP - SERGEY DOLZHENKO
Publié le , mis à jour

Le ministère russe de la Défense a affirmé ce dimanche 8 janvier avoir tué plus de 600 militaires ukrainiens dans une frappe massive de missiles sur des bâtiments utilisés comme hébergement temporaire pour les troupes ukrainiennes dans l'Est du pays.
 

Alors que le soi-disant cessez-le-feu unilatéral décrété par Moscou pour le Noël orthodoxe a pris fin samedi 7 janvier à minuit, le ministère russe de la Défense a annoncé expliqué avoir réalisé une frappe massive de missiles sur un bâtiment abritant des soldats ukrainiens sur Kramatorsk et tué 600 d'entre eux. cette frappe a été décidée en représailles, après l'attaque meurtrière lancée début janvier sur des baraquements russes à Makiivka, dans la région de Donetsk sous contrôle des troupes russes, qui avait fait au moins 89 morts selon Moscou, et plus de 400 selon Kiev.

Deux centrales électriques thermiques dans la région ukrainienne de Donetsk ont par ailleurs été endommagées par un tir de roquettes de l'armée d'Ukraine, ont rapporté dimanche matin des responsables politiques locaux installés par Moscou.

Un mensonge ? Pourquoi ?

Mais cette déclaration du ministère russe est été dans la journée mise à caution par des journalistes de Reuters à Kramarosk. Si les missiles russes ont bien causé des dégâts, ils n'ont pas détruit de bâtiments, et il n'y a pas non plus sur place de trace évidente de victimes. Aucun des deux dortoirs universitaires dont le ministère russe de la Défense a dit qu'ils hébergeaient temporairement des militaires ukrainiens près de la ligne de front au moment de la frappe n'a semblé avoir été directement touché par les missiles, ou sérieusement endommagé. Aucun signe que des soldats y étaient cantonnés, aucun corps ou aucune trace de sang n'ont pu y être observés. Deux cratères causés par des déflagrations ont été observés près de ces bâtiments.

Enfin, selon Serhiy Cherevaty, porte-parole de l'armée ukrainienne, "Llarmée russe a attaqué Kramatorsk avec sept missiles à 23h30 hier (samedi, NDLR...) mais cela n'a aucun impact sur l'armée ukrainienne", a-t-il déclaré à la BBC.

Une trêve... sans trêve

Malgré la trêve de 36 heures, des tirs d'obus ont retenti samedi dans la ville ukrainienne de Bakhmout. L'Ukraine y a vu une preuve que les promesses russes n'étaient pas tenues, tandis que Moscou a parlé d'une riposte à des tirs ukrainiens. "Ils ont parlé d'un prétendu cessez-le-feu... mais la réalité est que les obus russes ont continué de frapper Bakhmout." a déclaré sur les réseaux sociaux le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Dans cette région, durant toute la durée de cette trêve, des tirs d'artillerie ont été entendus des deux côtés du front.

Le conflit en Ukraine a fait à ce jour plusieurs dizaines de milliers de morts et plusieurs millions de réfugiés.

 

L. R., avec Reuters
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