Pédopornographie : au tribunal de Rodez, la personnalité "très inquiétante" d'un jeune homme

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  • L'homme évoluait dans des milieux pédophiles sur internet.
    L'homme évoluait dans des milieux pédophiles sur internet. Illustration Centre Presse
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Déjà condamné pour viol, un Castonétois de 28 ans était jugé ce mercredi pour détention d'images pédopornographiques et corruption de mineurs. 

"La nausée". C'est sous ce terme que la procureure, Emilie Passier, a résumé l'affaire. Ce mercredi, face à elle et le tribunal de Rodez, se présentait un jeune homme à l'allure frêle. Il a 28 ans et compte déjà plusieurs mentions à son casier. Et pas des moindres. La première pour un viol sur l'une de ses sœurs. Cela remonte aux années 2008 et 2009 au domicile familial d'Onet-le-Château. Il était alors adolescent et le tribunal pour mineurs l'avait condamné à un an de prison ferme. En 2020, il a dû répondre de nouveaux faits devant une juridiction pour adultes, cette fois. Il possédait des images pédopornographiques sur son téléphone... Résultat : trois ans de prison ferme. Il n'en a purgé que le tiers, en détention provisoire. Ce mercredi, c'était un deuxième volet de cette affaire qui était examiné. Toujours pour les mêmes faits. 

En 2017, sa mère se rend au commissariat de Rodez. Elle a retrouvé dans le portable de son fils, tout juste majeur, des centaines d'images pédopornographiques. Une nouvelle enquête est menée. Elle aboutira à la découverte de milliers d'images de ce type. Et à la reconnaissance de trois victimes, âgées de 12 et 13 ans... L'homme, aujourd'hui domicilié à Réquista et sans emploi, les a toutes rencontrées sur la plateforme d'un jeu vidéo. Il discutait avec via un tchat. Avant de leur demander des images dénudées et dans diverses postures sexuelles.

Pour cela, il recourait à la menace et à l'intimidation. "Si tu m'envoies pas ça, je diffuse toutes les photos sur les réseaux", leur écrivait-il, tout en les insultant. Plus inquiétant encore, le Castonétois partageait ensuite les clichés sur des réseaux pédocriminels du monde entier. "En tout, on a trouvé sur des clés USB lui appartenant plusieurs milliers d'images, toutes aussi dégoûtantes les unes que les autres... Il y avait des viols de nourrisson ou encore une image pornographique avec un cadavre : voilà qui est ce Monsieur. C'est très inquiétant", résume la procureure, avant de requérir trois ans de prison ferme à son encontre.

"Dangerosité criminelle", "mythomanie", "perversion narcissique"

À la barre, derrière de larges lunettes noires, il jure "avoir changé" et ne "nie pas" ses déviances. Il explique aussi vivre aujourd'hui en concubinage et compte "suivre une formation" dans les mois à venir. Les expertises psychiatriques font, elles, davantage froid dans le dos. Toutes ont relevé chez cet Aveyronnais "une dangerosité criminelle", "une personnalité borderline, avec une perversité narcissique". Elles évoquent également "des traits de mythomanie" lorsque ce dernier explique "être en partie comme cela" en raison d'abus sexuels subis durant son enfance. "Des investigations ont été menées, rien n'a pu être vérifié", rappelle la présidente Sylvie Rouanne.

Après avoir délibéré, elle a suivi les réquisitions de la procureure en condamnant le jeune homme à trois ans de prison ferme. Sa peine est confondue avec la précédente pour les mêmes faits. Aucun mandat de dépôt n'a été prononcé. Ce dernier est ainsi reparti libre du tribunal, main dans la main avec sa compagne. Juste avant, son conseil, Me Etcheverrygaray du barreau de Montpellier, avait insisté sur le fait que son client était "avant tout malade". Et que la prison n'arrangerait rien.

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