Le riz génétiquement modifié : la réponse au changement climatique ?

  • Selon une étude anglaise, le riz génétiquement modifié pourrait être une piste sérieuse pour lutter contre les pénuries alimentaires causées par le changement climatique.
    Selon une étude anglaise, le riz génétiquement modifié pourrait être une piste sérieuse pour lutter contre les pénuries alimentaires causées par le changement climatique. Simon Fanger / Unsplash
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ETX Daily Up

(ETX Daily Up) - Selon une étude anglaise, le riz génétiquement modifié pourrait être une piste sérieuse pour lutter contre les pénuries alimentaires causées par le changement climatique. Les modifications génétiques permettraient au riz de continuer de pousser dans des conditions qui deviennent de plus en plus difficiles en raison du dérèglement climatique.


Une nouvelle recherche de l'université de Sheffield en Angleterre, publiée dans la revue New Phytologist, révèle qu'en modifiant génétiquement le riz, il pourrait pousser aussi efficacement dans différents pays et environnements, et ce malgré différentes conséquences du changement climatique, comme la montée des températures ou du niveau de la mer.

Selon les chercheurs de Sheffield, la réduction du nombre de stomates du riz le rendrait plus résistant à l'eau salée. Les stomates sont de petits orifices qui permettent des échanges gazeux entre la plante et l'air ambiant. Cette découverte intervient alors que l'élévation du niveau de la mer, due au changement climatique, permet à l'eau salée de pénétrer plus loin dans les terres et de détruire les cultures qui ne supportent pas cette salinité accrue, dont le riz.Aujourd'hui, le riz est sans doute la culture vivrière la plus importante sur terre - 3,5 milliards de personnes en consomment chaque jour, et 30% des réserves mondiales d'eau douce sont utilisées pour sa culture. "Le riz est une culture alimentaire extrêmement importante, consommée quotidiennement par plus de la moitié de la population mondiale. S'assurer qu'il peut survivre dans des conditions plus difficiles causées par le changement climatique sera essentiel pour nourrir une population croissante qui devrait atteindre 10 milliards d'habitants d'ici 60 ans", explique le Dr Robert Caine, auteur principal de l'étude dans un communiqué de l'Université de Sheffield.

Lors de précédentes recherches, les scientifiques de Sheffield avaient déjà remarqué que le riz avec moins de stomates était plus résistant à la sécheresse et nécessitait jusqu'à 40% d'eau en moins pour le cultiver. Mais il ne suffirait pas de réduire les stomates de la culture pour régler les problèmes. Les chercheurs ont également découvert que la réduction du nombre et de la taille des stomates pouvait rendre le riz plus difficile à cultiver à des températures extrêmement chaudes. Par conséquent, pour s'assurer que le riz puisse pousser aussi autant que possible dans différents pays et environnements, différentes modifications supplémentaires devront être apportées.

"Nos résultats révèlent comment le riz peut être modifié pour pousser aussi efficacement que possible dans différents climats - les variétés de riz qui ont moins de stomates peuvent survivre avec moins d'eau et dans des endroits où l'eau est salée. Dans le même temps, les variétés de riz naturelles dotées de stomates moins nombreux et plus grands sont capables de prospérer dans des températures plus chaudes", explique le Dr Robert Caine.

L'année 2022 a été marquée par plusieurs catastrophes agricoles à travers le monde. Les cultures de riz ont été particulièrement touchées par la sécheresse et les inondations. L'été dernier, des inondations liées à la mousson exceptionnelle au Pakistan ont détruit 250.000 tonnes de riz. Selon le Syndicat de la Rizierie française (SRF), une pénurie mondiale de riz est possible en début d'année 2023. Des difficultés pourraient survenir "à partir de février/mars, à l'arrivée des nouvelles récoltes", prédit Thierry Lievin, président du SRF au média BFMTV. "S'il n'y a pas de ruptures complètes, il y aura au moins de fortes perturbations d'approvisionnement", prévient-il.

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