16es de finale de Coupe de France : une épopée sur fond de maintien pour Rodez face à Grasse, un obstacle ou un atout ?

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  • Après leur exploit à Monaco, les Ruthénois n’ont pas réussi à s’imposer championnat contre Niort et Laval, deux concurrents au maintien.
    Après leur exploit à Monaco, les Ruthénois n’ont pas réussi à s’imposer championnat contre Niort et Laval, deux concurrents au maintien. Centre Presse Aveyron - Jean-Louis Bories
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Relégable en Ligue 2, Rodez a la possibilité de prolonger son aventure en coupe en cas de qualification à Grasse, samedi 21 janvier à 18 h. Avec tous les inconvénients et avantages que cela peut présenter par rapport à la course au maintien.

Obstacle

Un calendrier plus dense

À force de passer les tours en Coupe de France, Rodez pourrait être confronté à un calendrier surchargé. Jusqu’à présent cela n’a pas été un vrai problème, puisque les rencontres ont eu lieu le week-end. Au contraire, le fait de se retrouver en 16es de finale a permis de garder le rythme d’au moins un match par semaine depuis le début de la saison, en dehors des trêves internationales. Mais si l’aventure se poursuit, la donne sera différente. À partir des 8es et jusqu’aux demi-finales, les rencontres sont programmées en semaine.

De la perte d’énergie

Une qualification en 8es, qui serait la troisième dans l’histoire du club après 1991 et 2009, pourrait donc avoir des conséquences sur le plan physique. Une éventuelle surcharge du calendrier impliquerait des efforts supplémentaires et de la récupération en moins par rapport aux concurrents en championnat. Car en dehors du Raf, seulement trois clubs de la seconde partie du classement de Ligue 2 sont encore en lice : Annecy, Pau et Niort. D’ailleurs, un éventuel 8e de finale aurait lieu seulement trois ou quatre jours avant la réception de Nîmes (le 11 février), l’actuelle lanterne rouge. Et même chose pour un hypothétique quart de finale, qui précéderait du même délai le déplacement à Niort (le 4 mars), un autre relégable. Autant dire deux rencontres qui s’annoncent capitales lors de la phase retour…

"Cela peut bouffer le championnat", a reconnu Didier Santini, l’entraîneur de Rodez, en prenant l’exemple des Herbiers, finalistes de la Coupe de France en 2018 et qui n’avaient pas réussi à se sauver en National cette saison-là. "Il faut être hyper rigoureux, savoir quelle est la priorité", a prévenu le coach.

Un risque de dispersion

La fatigue n’est pas seulement physique, elle est aussi mentale. En accumulant les rendez-vous et en proposant des affiches de prestige, la coupe peut aussi lessiver les cerveaux. "On se demande si les mecs ne se sont pas crus sauvés après Monaco", a lancé Didier Santini, car l’exploit en principauté (2-2, 5-4 tab) a été suivi par deux prestations moins abouties en championnat, contre Niort (1-1) et Laval (1-3). "Il faut toujours recadrer, remettre en question, vivre le jour présent", a-t-il ajouté.

Atout

Relancer des joueurs

Rodez n’a peut-être jamais été aussi bien armé que cette saison pour mener de fronts deux combats. Même si un long parcours en coupe est coûteux en énergie, le staff peut néanmoins s’appuyer sur un effectif plus étoffé que jamais. Pour preuve, Didier Santini a procédé à neuf changements entre la qualification à Monaco et la réception de Niort trois jours plus tard, en championnat.

Avec un turn-over important, la coupe peut relancer des joueurs peu ou pas utilisés en championnat. Le meilleur exemple est Sébastien Cibois, relégué gardien remplaçant après un début de saison délicat, et dont la confiance a grimpé en flèche grâce à ses prestations décisives contre Saint-Etienne (0-0, 4-3 tab) et Monaco. Dans une autre mesure, Aymen Abdennour et Willity Younoussa, de retour d’une longue blessure, ont profité du déplacement en principauté pour retrouver le onze de départ, tandis qu’Antoine Valerio et Andy Pembélé, habituellement remplaçants, ont accumulé du temps de jeu dans cette compétition. "Cela tire tout le monde vers le haut et permet de garder le groupe concerné", appuie Didier Santini.

Insuffler une dynamique positive

En dehors de certains destins individuels, la coupe peut aussi améliorer la trajectoire collective. Ce qui est dépensé en énergie peut être rattrapé en confiance au fil des qualifications. Surtout pour un club en lutte pour le maintien, qui peut retrouver l’habitude de la victoire.

Ce cas a d’ailleurs été vécu par le Raf lors de sa dernière épopée, en 2009. L’exploit contre le Paris Saint-Germain (3-1 ap) est intervenu au milieu d’une série de six victoires consécutives en National qui avait permis aux hommes de Franck Rizzetto de s’éloigner définitivement de la zone rouge.

Fédérer le public

Avec le souvenir des émotions fortes vécues dans cette compétition (demi-finale en 1991, quart de finale en 2009), une potentielle longue aventure en Coupe de France est susceptible de raviver la flamme entre le Raf et ses supporters. Le meilleur moyen serait de passer au moins un tour supplémentaire et d’espérer que le tirage au sort accouche d’une affiche de prestige à Paul-Lignon. Raviver l’élan populaire serait certainement bénéfique dans l’ordinaire du championnat, surtout pour une formation qui n’a remporté qu’un seul match à domicile cette saison.

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Guillaume Verdu
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