Livinhac : dans son atelier de tapisserie, Mélanie voit la vie en couleurs

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  • Dans son atelier livinhacois, Mélanie Viegas relooke fauteuils et canapés.
    Dans son atelier livinhacois, Mélanie Viegas relooke fauteuils et canapés. Centre Presse - Joel Born
  • Dans son atelier de tapisserie, Mélanie voit la vie en couleurs
    Dans son atelier de tapisserie, Mélanie voit la vie en couleurs Centre Presse - Joel Born
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    Dans son atelier de tapisserie, Mélanie voit la vie en couleurs Centre Presse - Joel Born
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    Dans son atelier de tapisserie, Mélanie voit la vie en couleurs Centre Presse - Joel Born
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Originaire de Normandie, Mélanie Viegas a créé son atelier de tapisserie d’ameublement à Livinhac-le-Haut, après avoir travaillé dans le domaine du spectacle, exercé plein de petits métiers et pas mal bourlingué. De l’Angleterre à l’Amérique du Sud, où elle a vécu dans plusieurs pays pendant quatre ans.

Dans son atelier de la place du 14 juin, à Livinhac-le-Haut, plusieurs portraits de la flamboyante artiste mexicaine Frida Kahlo attirent inévitablement le regard du visiteur. "Frida, c’est une vraie inspiration, c’est un peu ma muse, elle revient souvent dans mes créations", me glisse la jeune femme, d’origine normande, dont le rêve était d’être styliste. Après avoir pas mal bourlingué, exercé de nombreux petits métiers ; après avoir travaillé pour le monde du spectacle et vécu en Angleterre puis dans plusieurs pays d’Amérique du Sud, pendant quatre ans, cette aventurière de 40 ans, maman de deux enfants franco chiliens, Wayria, 12 ans, et Amarù, 4 ans, a rebondi en terre aveyronnaise. Après une formation en tapisserie d’ameublement au centre Afpa de Decazeville, Mélanie Viegas s’est installée dans le village de Livinhac, où elle a créé son activité artisanale. Rencontre avec une artisan créatrice débordante d’énergie.

De la couture industrielle au métier de costumière

Après une enfance difficile – "l’école, c’était une catastrophe…", – Mélanie est orientée vers la couture industrielle alors qu’elle rêvait d’être styliste. "Avec ma nourrice, j’ai appris à me déguiser, à créer avec mes mains. Du coup, j’ai toujours été très lookée", raconte la Livinhacoise d’adoption, à la chevelure brune et bleue.

Peu motivée par la couture industrielle, Mélanie finit par changer de voie et décrocher un BEP de couture, dans les métiers de la mode. "J’ai rencontré une prof super, Mme Schneider, qui a su valoriser ma personne, apprécie Mélanie, mais, lors d’un stage chez un styliste, j’ai connu ma première désillusion. Le milieu de la mode ne me convenait pas et j’ai de nouveau lâché. Un peu plus tard, j’ai rencontré une ancienne élève de Mme Schneider, qui était devenue costumière. Comme je suis très exubérante, ça m’a parlé, je m’y suis remise et j’ai obtenu mon diplôme."

De la Star Academy à la tournée de Johnny

Après avoir quitté l’école de costumier du spectacle, dans les Yvelines, Mélanie suit une troupe de théâtre, avec des personnes handicapées, comme habilleuse maquilleuse. Tout juste âgée de 20 ans, elle postule au Zénith de Rouen, où elle prend part à la première saison de la Star Academy et à plusieurs comédies musicales comme les Dix commandements. "C’était génial", savoure Mélanie. Mais le meilleur était encore à venir lorsqu’elle fut embarquée – "Je ne savais même pas avec qui je partais…" – pour la tournée des 60 ans de Johnny Hallyday avec tous ses invités. Une expérience forcement mémorable. Mais épuisante. "C’était cool mais c’est un milieu un peu compliqué. Avec ça, à la maison, j’étais devenue la fille prodigue, je n’étais plus le mouton noir…"

Parenthèse anglaise avant le grand saut en Amérique

Mais il était dit que la jeune Mélanie était taillée pour la route. Et la voilà en Angleterre. Sans parler un mot de la langue de Shakespeare et rapidement sans un sou. Mais avec de plus en plus de force intérieure. Après un intérim comme femme de ménage dans une auberge de jeunesse, elle travaille un an dans une boulangerie française, puis une autre année dans une crêperie, où elle fait la rencontre d’un Anglais, marié à une Chilienne, qui voulait ouvrir une crêperie au Chili. L’occasion était trop belle. "Je suis partie au Chili, sauf qu’à l’aéroport, il n’y avait personne et que je ne parlais pas un mot d’espagnol…", se souvient-elle, aujourd’hui en souriant. Une sacrée galère qui se termina finalement fort bien, grâce à la gentillesse d’un couple rencontré dans l’avion.

Quatre ans de vie de bohème

Pendant ses quatre années de bohème en Amérique latine, Mélanie a réalisé cinquante petits métiers au Chili, au Pérou, en Bolivie, en Argentine, au Mexique, au Guatémala… Enceinte de son fils Wayria, alors qu’elle se trouve en Bolivie, la future maman décide de rentrer en France pour l’accouchement. Mais le goût du voyage et l’envie de repartir continuent de la titiller pendant plusieurs années. "Après un bilan de compétences, un copain décorateur m’a dit pourquoi tu ne fais pas des fauteuils, poursuit Mélanie. J’ai cherché une formation, j’avais le choix entre Chartres et Decazeville. Chartres c’était trop près de Rouen, alors j’ai choisi Decazeville." Le début d’une nouvelle aventure, en terre aveyronnaise. Après sa formation au centre Afpa, la jeune femme s’est installée sur les bords du Lot, dans la cité maraîchère, halte sur les chemins de Saint-Jacques, où elle a commencé timidement son activité, dans son garage. "Les gens m’ont donné ma chance et Livinhac m’a réconcilié avec la France", témoigne-t-elle. Depuis deux ans, l’Atelier de Mel a pris place dans les locaux de l’ancienne épicerie du village, où Mélanie fait valoir tout son savoir-faire et son esprit créatif. Le bouche-à-oreille et le hasard faisant parfois très bien les choses, la nouvelle tapissière livinhacoise a rencontré un client Autrichien passionné de fauteuils et de canapés, avec lequel elle collabore régulièrement, ce qui lui a d’ailleurs valu de partir deux fois à Vienne, pour travailler directement sur place. Une belle opportunité qui en appellera certainement d’autres. Dans tous les cas, Mélanie ne manque pas de projets, ni d’envie. Mais elle voudrait franchir un pas de plus dans ses créations. Passer de l’artisanat à l’art tout simplement. "J’ai envie d’exploser ce monde-là, avec de la couleur. J’essaye d’être un peu la rebelle de la tapisserie." Son côté Frida Kahlo, assurément…

L’Atelier de Mel, place du 14 juin, 12300 Livinhac-le-Haut. Tél. 0 669 331 794. mel.viegas@hotmail.com.

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Joel Born
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