Football : la recette des tirs au but de Rodez en Coupe de France

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  • Toujours proche du tireur avant la frappe, Cibois a fait preuve de malice samedi, afin de prendre un avantage psychologique certain.
    Toujours proche du tireur avant la frappe, Cibois a fait preuve de malice samedi, afin de prendre un avantage psychologique certain. Centre Presse Aveyron - Jean-Louis Bories
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Samedi, le Raf (Ligue 2) s’est qualifié pour les 8es de finale aux dépens de Grasse (Nationale 2), lors d’une séance de tirs au but qui commence à devenir une marque de fabrique ruthénoise. Décryptage.

Décidément, les tirs au but aiment bien Rodez, et Rodez aime bien les tirs au but. En effet, pour la troisième fois en quatre tours de Coupe de France cette saison, après Saint-Etienne (0-0, 3-4 tab) en octobre et Monaco (2-2, 4-5 tab) il y a 15 jours, les Aveyronnais se sont qualifiés, samedi à Grasse, lors de la séance fatidique, après s’être neutralisé avec la formation amatrice sur un score vierge dans le temps réglementaire (0-0, 4-5 tab). Une régularité impressionnante qui ne semble pas être due au hasard. Et ce, pour plusieurs raisons.

Cibois, tout dans les gants et le mental

À commencer, bien sûr, par la réussite surprenante de l’habituelle doublure de Lionel Mpasi au poste de gardien, Sébastien Cibois, qui a stoppé 33 % des tirs au but auquel il a fait face à Saint-Étienne, Monaco et Grasse (6 sur 18). Déjà très performant lors des 90 minutes, le portier formé du côté du Paris-Saint-Germain l’a encore été davantage après, puisqu’il a été à l’origine des trois manqués grassois. Et a notamment sauvé le destin des siens à quatre partout, quand il s’est déployé pour stopper la tentative de Medjian, qui aurait donné la qualification aux joueurs de N2 en cas de réussite.

Mais Cibois lors d’une séance de tirs au but, ce n’est pas que ça. C’est aussi, et surtout, une pression mentale de tous les instants sur les tireurs qui se trouvent face à lui. Systématiquement, avant que l’arbitre ne donne son feu vert à la frappe, le gardien du Raf déstabilise son opposant en s’approchant, lui parlant, et perturbant sa préparation mentale. Chose très importante sur les tirs au but, puisque tous les joueurs de ce niveau sont capables de scorer dans cet exercice, à condition de ne pas être en proie au stress, à la tension, à la peur…

Une confiance absolue

Et puis, avec une telle assurance dans sa cage, Sébastien Cibois a, par ailleurs, contribué à une prise de confiance collective. "On travaille cet exercice à l’entraînement, mais on a déjà eu des séries auparavant, donc on est habitués et on sait qu’on n’a pas trop besoin de le faire. On a confiance en nous et en notre gardien, qui nous a bien aidés sur les trois séries. Les tirs au but, c’est un exercice technique, on ne croit pas en la chance, mais seulement en notre destin et notre savoir-faire ", a tenu à préciser le jeune défenseur, Kévin Boma, au coup de sifflet final. À Lorenzo Rajot de poursuivre : "Bien sûr que les deux autres séances de tirs au but étaient dans nos têtes. On était plutôt confiants avant le début de celle-ci."

Les tireurs changent, pas le résultat

Et il faut croire qu’à Grasse, Santini et ses joueurs n’éprouvaient pas particulièrement l’envie de parasiter la sérénité ambiante, en se rajoutant du doute. C’est ce qui explique sûrement que l’un des deux seuls joueurs à vocation purement offensive présent sur le terrain à ce moment-là, Killian Corredor, qui avait raté son tir au but face à Monaco deux semaines auparavant, n’a pas été désigné parmi les sept premiers frappeurs. Seuls deux hommes ayant pris part à une des deux précédentes séances, à savoir Bradley Danger et Andy Pembélé, se sont finalement réessayés à cet exercice. Soit en dehors du groupe, soit déjà sortis du pré par Santini, les autres héros des exploits de la coupe ont laissé leur place à d’autres membres de l’effectif, comme Boissier, Raux-Yao, Vandenabeele, Abdallah ou encore Younoussa. Pour la même finalité.

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