Grève du 7 février : troisième mobilisation contre la réforme des retraites, un vrai test pour les syndicats ?

  • La mobilisation est en baisse, généralement, en France ce mardi 7 février contre la réforme des retraites.
    La mobilisation est en baisse, généralement, en France ce mardi 7 février contre la réforme des retraites. Centre Presse Aveyron - José A.Torres
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La mobilisation semble baisser ce mardi 7 février, les syndicats attendent de voir les chiffres cumulés avec la grève annoncée de samedi 11.

Les Français ont entamé une troisième journée de mobilisation contre la réforme des retraites du gouvernement d'Elisabeth Borne, mardi 7 février 2023, au lendemain du début de l'examen du texte à l'Assemblée nationale dans une ambiance tendue.

"Emmanuel Macron doit devenir raisonnable, il ne peut pas commander sur tout", a déclaré Jean-Luc Mélenchon lors d'un rassemblement devant la Gare de Lyon, à Paris. "Il essaie de commencer son quinquennat par un coup de force, il veut montrer qu'il est le patron", a estimé l'ancien dirigeant de La France insoumise (LFI), sur BFM TV.

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Une grève moins suivie ?

Les perturbations dans les transports, notamment, sont un peu moins importantes que lors des précédentes journées de grèves et de manifestations des 19 et 31 janvier, lors desquelles les autorités ont recensé plus d'un million de manifestants à travers la France et les syndicats plus de deux millions.

Prudent, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a dit espérer qu'il y aurait entre ce mardi et samedi, prochaine journée de mobilisation annoncée, "autant de manifestants" que lors des précédentes journées. "On verra sur les deux journées le nombre de participants aux manifestations. On fera le point après ces deux journées", a-t-il déclaré sur RTL.

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Des débats qui s'annoncent houleux

Huit syndicats (CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU et Solidaires) et cinq organisations de jeunesse ont appelé à dénoncer le texte, également contesté par l'ensemble des partis de gauche et le Rassemblement national. Le projet de réforme des retraites suscite, selon les sondages, l'opposition d'environ 70% des Français.

L'examen du projet de loi de financement rectificative de la Sécurité sociale contenant la réforme des retraites, qui prévoit notamment un report de 62 à 64 ans de l'âge légal de départ, a commencé lundi dans l'hémicycle à l'Assemblée nationale. L'issue des débats sur cette réforme impopulaire et cruciale pour le second quinquennat d'Emmanuel Macron est incertaine, alors que le camp présidentiel n'a pas la majorité absolue au Palais Bourbon.

Le ministre du Travail, qui porte le texte, a répété mardi sur RMC que la réforme était "nécessaire". "Le système est déficitaire et si on tient au système, il faut le sauver", a argumenté Olivier Dussopt, tout en assurant ne pas être "dans le déni" face à l'ampleur de la mobilisation des syndicats et dans la rue.

Quels secteurs se mobilisent le plus ce mardi ?

Sur ce front, le trafic est encore "fortement perturbé" ce mardi à la SNCF et à la RATP. D'après le syndicat Sud-Rail, cité par BFM TV, le taux de cheminots grévistes s'élevait à la mi-journée à 35% (36,5% le 31 janvier), avec un pic à 50% chez les conducteurs de train.

Dans le secteur de l'énergie, la mobilisation est importante dans plusieurs raffineries de TotalEnergies, selon Force Ouvrière, qui a avancé des chiffres de 75 à 80% de grévistes à Flandres-Dunkerque, Feyzin et Donges, où l'expédition de produits pétroliers est d'après le syndicat interrompue pour 48 heures. TotalEnergies, qui a annoncé un chiffre de 56% de grévistes parmi les salariés qui devaient prendre leur poste mardi matin dans l'ensemble de ses raffineries et dépôts, a confirmé que les expéditions au départ de ses sites en France étaient interrompues au moins ce mardi. Le groupe a toutefois assuré qu'il n'y avait pas de difficulté à attendre dans les stations-service.

Comme lors des deux premières journées de contestation, le mouvement de grève touche aussi l'enseignement où le taux de grévistes était cependant en baisse par rapport au 31 janvier, selon les chiffres communiqués à la mi-journée par le ministère de l'Education nationale, qui a fait état d'une moyenne de 12,87% contre 23,52% la semaine dernière (14,17% chez les enseignants, contre 25,92%).

Plusieurs lycées et des universités, comme Rennes 2 et le campus de Tolbiac à Paris, ont par ailleurs été bloqués, selon des médias. Le député LFI Louis Boyard a avancé sur Twitter les chiffres de "15 facs bloquées, 200 lycées mobilisés".

Et la suite ?

L'intersyndicale doit se réunir mardi en début de soirée pour faire le point. Une nouvelle journée de mobilisation a d'ores et déjà été annoncée pour samedi, journée de départ en vacances d'hiver pour une partie des Français. Les syndicats de la SNCF n'appellent pas à cesser le travail mais encouragent toutefois les cheminots à manifester.

Nicolas Drusian avec Reuters
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