Au Soudan, la diplomatie déserte les ambassades, des ressortissants français attaqués ?

  • Les fumées des tirs et des explosions depuis plus d'une semaine dans le ciel de Khartoum.
    Les fumées des tirs et des explosions depuis plus d'une semaine dans le ciel de Khartoum. MAXPPP - STRINGER
Publié le , mis à jour
Laurent Roustan, avec Reuters

La France et d'autres pays européens ont entamé ce dimanche 23 une opération d'évacuation rapide de leurs ressortissants du pays, où les combats entre l'armée régulière et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) font rage depuis huit jours.
 

Alors que les Etats-Unis ont déjà évacué leurs diplomates,  la France coordonne ce dimanche une opération d'évacuation rapide de son personnel diplomatique et de ses ressortissants au Soudan, où les combats entre l'armée régulière et des forces paramilitaires font rage depuis une semaine. Cette opération, qui se fait en lien avec toutes les parties prenantes ainsi que les partenaires européens et alliés de la France, inclut des ressortissants de l'UE ainsi que le personnel diplomatique européen.

La veille, le président Joe Biden avait annoncé que l'armée américaine avait évacué son personnel diplomatique du Soudan. Mais pas les citoyens, note le Huffington Post, les autorités américaines invitant simplement leurs citoyens à se mettre à l’abri des combats.

Des convois de ressortissants attaqués ?

Les belligérants se sont mutuellement accusés d'avoir attaqué un convoi de ressortissants français, faisant état chacun d'un blessé français. Le quai d'Orsay n'a pour l'instant pas confirmé.

L'armée soudanaise a également accusé les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) d'avoir attaqué et pillé un convoi qatari. Doha là non plus n'a pas réagi. Mais l'Egypte, qui prépare aussi l'évacuation de ses ressortissants, a déclaré qu'un membre de sa mission au Soudan avait été blessé par balle.

Des alliés devenus ennemis

Les affrontements entre l'armée régulière soudanaise dirigée par le général Abdel Fattah el Bourhan et les FSR du général Mohamed Hamdan Dagalo, connu sous le nom de "Hemedti", ont éclaté le 15 avril à Khartoum et dans le reste du pays, faisant plus de 400 morts et 3 700 blessés, selon l'OMS. Les deux forces, alliées lors du coup d'Etat militaire mené en 2021, deux ans après la chute de l'autocrate Omar el Béchir, ne sont pas parvenues à s'entendre lors de négociations sur l'intégration des FSR au sein de l'armée régulière. Plusieurs cessez-le-feu annoncés ces derniers jours n'ont pas été respectés.

Crise humanitaire à venir

Depuis, le chaos règne dans la capitale Khartoum (5 millions d'habitants) et d'autres villes du pays ainsi que dans le Darfour, vaste région "maudite" de l'ouest du pays où le conflit qui a éclaté en 2003 a fait 300.000 morts et 2,7 millions de déplacés, sans oublier les victimes des épisodes de famine découlant de ces conflits. Aujourd'hui encore, 45 millions de Soudanais souffrent de la faim et avec des ONG contraintes de cesser leurs activités, la crise humanitaire va s'amplifier dans ce pays. Au demeurant le 3e pays producteur d'or du continent...

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